Cet article décrit, à partir du
livre
du Vizeadmiral Friedrich
Oskar Ruge
,
l'agenda
du
Generalfeldmarschall
Erwin Rommel
de décembre 1943 au 3 août 1944 (à cette date il est au Kriegslazarett 680 au
Vésinet).
Avec des ajouts, quelques modifications signalées et des photos.
Le Generalfeldmarschall Erwin Rommel est nommé le 6 novembre 1943, chef de la Heeresgruppe zbV et par là, au vu des tâches à effectuer par la Hgr zbV, inspecteur des fortifications à l'Ouest - le mur de l'Atlantique - (Danemark, Hollande,Belgique, France). Puis le 15 janvier 1944, il est nommé Kommandeur du Heeresgruppe B.
Film: le mur de l'Atlantique en couleur avec Erwin Rommel
Film en couleur sur le mur de l'Atlantique et plus.
Pour aller plus vite vous pouvez cliquer sur le mois désiré
DECEMBRE 1943
Inspection au Danemark du 2 au 10 décembre 1943:
2 décembre 1943 à 21H00: arrivée par train spécial à Koldin transfert par voiture à Silkeborg au QG du Wehrmachtbefehlshabers Dänemark.
3 décembre: à 09H00 et à 17H00 conférences avec:
le
General der Infanterie Hermann von Hanneken
,
commandant en chef au Danemark
l'Admiral Hans-Heinrich Wurmbach
,
Kommandierender Admiral Dänemark
de la Kriegsmarine
le
General der Flieger Ludwig Wolff
,
Kdr du
XI Luftgau
de la Luftwaffe
autre réunion avec le Kommandeur du
Heeres-Küsten-Artillerie-Regiment 180 et le reponsable de l'Organisation
Todt
pour le Danemark.
4 décembre: Dans la nuit le train
gagne
Esbjerg
secteur de la
160 Res.Div. du
Generalleutnant Horst Freiherr von Uckermann
réunion avec le Kommandeur du Res.Gren.Rgt. 225 l'Oberst Max Eggeling.
Puis vers 12H00 sur
l'île de Fanø,
au large d'Esbjerg, un exercice de débarquement du II./Res.Gren.Rgt.202.
Les 3 et 4 décembre 1944 Inspections au Danemark
Source à gauche. Gause et Rommel, le 4 décembre. Source à droite.
Du 5 au 9 décembre, Rommel inspecta toute la côte occidentale du Jutland depuis Esbjerg jusqu'à Skagen, en passant par la grande batterie d'Hanstholm, puis la côte orientale jusqu'à Frederikshavn. Le programme resta sensiblement le même: le train conduisait au point de départ de l'inspection. La colonne des voitures s'ébranlait à 8 heures, ce qui, à cette saison, représentait la première lueur de l'aube. Jusqu'à 16 heures, moment où tombait la nuit, les inspections et les entretiens avec les chefs se poursuivaient sans autre interruption qu'une brève pause pour le déjeuner.
5 décembre: inspection de la côte occidentale du Jutland, ce jour secteur du Gren.Res.Rgt. 290, 160 Res.Div. et du Heeres-Küstenartillerie-Regiment 180, défenses côtières de Nymindegab, Blaabjerg, Børsmose, Vejers Strand et Blåvand.
Départ à 8H00, retour à Esbjerg à 14H05. Dans l'après-midi à 15H00 exposé du commandant de la côte Ouest du Jutland (Abschnitt dänische Westküste) le Fregattenkapitän z.V. Oskar Steckelberg.
Le 5 décembre 1944 Inspections du Sud de la côte Ouest du Jutland.
Source à gauche. Le 5 décembre 1943, Radar Freya de la Luftwaffe, Büffel Stellung à Blåvand au Danemark, Le Lt Pleines de la Luftwaffe avec Rommel. Source à droite.
6 décembre: Inspection dans le Jutland
occidental du secteur de la
166. Infanterie-Division, Kommandeur
Generalleutnant Helmuth Castorf
.
C'est au Jutland que Rommel découvre l'obstacle antichar le
hérisson
tchèque.
7 décembre: inspection du secteur de la
416. Infanterie Division, Kommandeur
Generalleutnant Kurt Pflieger
avec le Kommandeur du Grenadier-Regiment 712 basés
à
Hanstholm et Enge-Vust
dans le nord du Jutland.
Source. Erwin Rommel avec le Vizeadmiral Friedrich Ruge, étudiait une carte à Hanstholm, Danemark, le 7 Décembre 1943. Entre Rommel et Ruge: le General der Infanterie Hermann von Hanneken, et à droite le "Verteidigungsbereich Hanstholm" Korvettenkapitän Dietrich Knippenber, Kdr du MARINEARTILLERIEABTEILUNG 118
Source. Rommel et le Korvettenkapitän Dietrich Knippenber à la batterie de Hanstholm
8 décembre:
inspection du
secteur de la 416. Infanterie
Division, Kommandeur Generalleutnant Kurt Pflieger
avec le Kommandeur du Grenadier-Regiment 713 aux Stp de
Skagen,
Hirtshals
et Løkken
dans le Nord du Jutland.
Départ à 7H45 de Frederikshavn, retour
NørreSundby
16H00.
Les 7 et 8 décembre 1944 Inspection du Nord de la côte Ouest du Jutland.
9 décembre: Entretien à
Hobro avec le
Generalmajor Erich Fronhöfer
,
Kdr de la
20.Feld-Division (L). Puis à
Viborg avec la
233. Reserve-Panzer-Division,
Kdr
Generalleutnant Kurt Cuno
.
Visite de la
base
aérienne d'Aalborg.
Source. Le 9 décembre 1943 avec la 233.Reserve Panzer-Division à Viborg (Danemark), von Hanneken 3e à gauche.
14H30 départ de l'aérodrome
de Grove pour
Copenhague;
entretien avec von Hanneken
et le
SS-Obergruppenführer
Dr Werner Best
,
Reichsbevollmächtigter (ministre plénipotentiaire), Commissaire du Reich.
10 décembre: départ en voiture vers la côte orientale de Seeland, pour remonter vers le Nord jusqu'au château de Kronborg, près d'Helsingör, retour à Copenhague, après le défilé d'un bataillon, départ vers Grove à 14H35, arrivée à Silkeborg et départ en train vers l'Allemagne à 16H15.
Source. Le General der Infanterie Hermann von Hanneken et le Generalfeldmarschall Erwin Rommel, Copenhague, passage en revue des troupes.
Inspection des 9 et 10 décembre 1943 AGRANDISSEMENT
18 décembre au
soir, Rommel
arrive en France. Quartier général à
Fontainebleau. Le maréchal habite le petit
château de Madame de Pompadour avec le chef d'état-major, le chef du 3e
bureau et ses officiers d'ordonnance. Le reste de l'état-major se loge aux
environs.
Hermitage de Fontainebleau
Quelques membres de l'E-M:
Légende de la photo: Rommel et son E-M en janvier 1944. Rommel au centre, Gause à droite.
-
Chef des
Generalstabes Heeresgruppe B, le
Generalleutnant Alfred Gause
remplacé le 16 avril 1944 par le Generalleutnant
Hans Speidel
.
- Ia. l'Oberstlt.
i.G. Hans-Georg von Tempelhoff
,
Oberst le 1 juin 1944.
- Ib. Ob.I.G. Adolf Heckel Oberquartiermeister (départ le 1 juin 1944, section logistique dissoute)
- Ic. Oberst i.G. Horst Krähe puis en janvier 1944 l'Oberstleutnant i.G.Anton Staubwasser
- Id
Major
Winrich Behr
- Ia/M Officier de liaison
avec la Kriegsmarine
le
Vizeadmiral Friedrich
Oskar Ruge
- Ia/L Officier de liaison avec la Luftwaffe
l'Oberstleutnant
Wolfgang Queissner
.
- IIa Oberst
Leodegard
Freyberg
.
- IVb.
Heeresgruppenartz (service de santé), Gen.Stabartz Dr. Karl Meinardus
.
- Conseiller Pioniere (Génie), le
General der Pioniere Dr.-Ing. Wilhelm Meise
-
Nachrichtenführer (Conseiller
Tansmissions), le
Generalleutnant der Nachrichtentruppe Ernst Gerke
- Conseiller Artillerie,
l'Oberst Hans Lattmann puis le 23 mars 1944 le
Generalleutnant Friedrich Dihm
.
- Bevollmächtigter Transportoffizier (Conseiller Transport), l'Oberstleutnant .i.G. Olshausen
- Kommandant des Hauptquartiers, Maj. Dr. Alfred Jamin
- Stabsoffizier für Waffen und Geräte (armes et équipements), Oberst Wilhelm Hemker
- Stabsquartier der Oberquartiermeister Abteilung (Intendance), Maj. Werner Guionneau
- Höhere Kommandeur der Nachschubtruppen (renforts), Oberst Fritz Lübbecke
- Abwehroffizier. Les officiers du Renseignement: Obstlt.Hans Steinberg, Obstlt. i.G. Karl-Friedrich Frhr.von Fink, Obstlt. i.G. Josef Moll, Obstlt. i.G. Guido von Kessel, Maj. i.G. Arthur von Ekesparre
-
Ordonnanz-Officiere.
Les
aides de camp:
le
Leutnant Norbert Hammermann puis en février 1944 l'Hauptmann Helmuth Lang
et l'
Oberstleutnant Josias Prinz von Coburg
.
- Leiter der Kartenstelle (responsable des cartes), Hptm. Karl Wagner
- Son fidèle chauffeur
l'Oberfeldwebel Karl Daniel
Source. En mai 1944 de gauche à droite: Lang, Ruge, Speidel et Rommel.
Source. A gauche: Wilhelm Meise et Rommel. A droite: Rommel en arrière-plan Helmuth Lang
19 décembre:
Entretien de la situation et de sa mission avec le
Generalfeldmarschall
Gerd von Rundstedt
,
commandant en chef à l'Ouest.
Source. Erwin Rommel et Gerd von Rundstedt à l'Hôtel George V, Paris, France, 19 Décembre 1943
20
décembre: de
bonne heure départ pour passer plusieurs jours dans le secteur compris
entre la Somme et
l'Escaut qui, aux yeux de l'OKW.,
paraissait le plus menacé. Rencontre avec le Kommandeur de la
15.Armee le
Generaloberst
Hans Eberhard Kurt von Salmuth
à son
QG
de la rue de la Marne à Tourcoing.
Generalfeldmarschall Erwin Rommel à Raversijde, en Belgique, le 21 Décembre, 1943. Photo à gauche: à droite tronqué le Generalleutnant Alfred Gause (chef des Generalstabes Heeresgruppe B) et derrière lui le General der Infanterie Werner Freiherr von und zu Gilsa, Kommandeur du LXXXIX.AK. Photo au centre: Gilsa derrière Rommel. Photo à droite: Gilsa au centre, Rommel à gauche. Entre Rommel et Gilsa: l'Oberstlt. i.G. Hans-Georg von Tempelhoff, le Ia de l'E-M du Heeresgruppe B.
Source. Generalfeldmarschall Erwin Rommel en inspection au M.K.B. Tirpitz à Raversijde, Belgique, le 21 Décembre 1943. Scène filmée en 15:30. A ses côtés (le plus grand) le General der Infanterie Werner Freiherr von und zu Gilsa, Kommandeur du LXXXIX.AK.
Source Alain Chazette. Le 21 décembre 1943, Rommel inspecte la batterie M.K.B. Tirpitz à Raversijde en compagnie de son commandant, l'Oberleutnant MA Robert Koppe, du General von Gilsa et du Generalleutnant Karl Casper, commandant la 48. ID en place dans le secteur. Rommel et ses officiers observent le maniement du canon 12 cm K 370 (b) dans son encuvement.
Source. A Bredene (Belgique) le 21 décembre, Rommel et le General der Infanterie Werner Freiherr von und zu Gilsa, Kommandeur du LXXXIX.AK. A l'arrière-plan sous réserve un 24 cm Theodor Kanone (E)
Source. Rommel et le General der Infanterie Werner Freiherr von und zu Gilsa
Source.
Generalfeldmarschall Erwin Rommel et le Generalleutnant Wilhelm Rupprecht
,
Kommandeur
18. Feld-Division (L) à
Dunkerque,
le 22 Décembre 1943 devant un
canon
Bofors 4 cm Flak 28.
Source Hans Sakkers. Le 22 décembre 1943. Batterie d'artillerie lourde (4 canons de 28 cm) Die Trümmer Kurfürst StP 115 à Framezelle, commune d'Audinghen, à gauche Rommel en inspection au Cap Gris-Nez.
Carte IGN, Framezelle et Floringzelle
Le 22 décembre 1943 à Wissant (Pas de Calais), le Stp 119 Preussen avec une casemate H631 pour 47 Skoda dans le fond.
Nuit du 22 au 23 décembre au Touquet. Source Hans Sakkers
23 décembre - Départ du Touquet à 08H00, Rommel
est accompagné du
Generalleutnant Sigfrid Macholz
, Kommandeur
de la
191. Reserve-Division,
PC à
Montreuil sur Mer (Pas de Calais)
et de son chef d’E-M, Obstlt. von Stockhausen pour la visite du Küsten
Verteidigung Abschnitt K.V.A. D.(secteur de défense côtier D)
A 09H00, inspection du StP Mont de Terre un des 5 StP du StP Gruppe Mont Saint Frieux à Neufchâtel-Hardelot. Le commandant du Res.Gren.Rgt. 31, explique à l'aide d'une carte, l'implantation du groupe de points d'appui. A deux kilomètres de la plage, sur une colline. Le Stp Gruppe. se compose de cinq StP: Chemin du Mont, Mont de Terre, Mont Saint-Frieux, la cote 158 et Südostecke. La garnison comporte: 5 officiers, 67 sous-officiers et 417 hommes.
Carte IGN, localisation du Mont de Terre. AGRANDISSEMENT. Source à droite.
Source Alain Chazette. Batterie du Mont de Terre au StP Mont Saint Frieux. Abri H 613 avec sa cloche d'observation périscopique du Mont Saint Frieux près d'Hardelot lors d'une visite de Rommel.
Visite de la H.K.B.2./735 future 2./HKAR 1245 avec ses six pièces 15,5 cm K 418 (f) au Sud d’Hardelot.
Source Alain Chazette. Plan Hardelot-Sud. A droite, source Google Earth
Après cela à 09H45. Le groupe visite l'ouest de Condette composé des: Stp Waldrand, Stp Obelisk (visité à 10H00) et Stp Couleur (en fait StP Coleur, situé au sud du ruisseau de la Warenne) au hameau d'Écault sur la commune de Saint Étienne au Mont. La garnison se compose de 1 officier, 10 sous-officiers et 53 hommes.
Localisation des StP. A gauche carte allemande. A droite, source Google Earth
A gauche localisation du StP Coleur en limite ouest du "Plateau Neuf". A droite carte IGN.
A gauche, photo de RV, au centre et à droite photos de ZugZunde. Vestiges du StP Coleur en 2016.
Source. Le 23 Décembre 1943, le Generalfeldmarschall Erwin Rommel avec le Generalleutnant Sigfrid Macholz.
Puis à 10H30, visite d'un bunker (type H609) siège du Res.Gren.Rgt. 31 Stp Ruine au sud de Neufchâtel. Il y avait là aussi une batterie avec quatre pièces 15,5 cm s.F.H. 414 (f) artillerie établie dans des bunkers. (Selon Alain Chazette 4 pièces de 10 cm K 14/19 (t)).
A gauche, source Alain Chazette. Plan du Mont de Neufchâtel. A droite source.
A 11H00, visite au lieu dit "Fond des
Barges" du
StP Hasso, à
Dannes. l'Organisation Todt
creuse pour le compte de la Kriegsmarine
un tunnel ferroviaire de 150 mètres et un vaste dépôt souterrain de 44 alvéoles destinées au
stockage des mines marine et des
torpilles G7 servant de réserve pour les ports de la mer du Nord. Stockage souterrain d'une
superficie de 13.000 mètres carrés, qui à l'époque contient 1.200 mines et 100 tonnes d'explosifs. La
garnison est de: 2 officiers, 9 sous-officiers et 71 hommes.
Localisation "Fond des Barges" et Mont de Neufchâtel sur carte IGN. A droite source.
Copie d'écran d'un film en couleur, Rommel devant le dépôt, le chef du dépôt est le KK (Ing) Hergo Bermann.
Source Alain Chazette. Le StP Hasso.
Source Alain Chazette. Rommel visite le dépôt de Dannes-Mont de Neufchâtel.
Après cela à 11H30, visite du StP Canche-Nord et à 11H55 du Stp Beauregard-Ferme à Camiers.
Carte IGN et à droite source.
A 12H00, visite au StP Badenstrand (en fait StP Badeansalt au centre du Touquet-plage) et au StP Gardeloup (non trouvé) et au Sud du Touquet, le StP Atlantik, la batterie 3./738 future 3./H.K.A.R.1245 avec ses six pièces 15,5 cm K418 (f) en encuvement.
StP Atlantik Le Touquet Sud. A gauche: source. A droite: source Alain Chazette.
Source. Le 23 décembre 1943, Rommel au Stp Atlantik avec 6 canons de 15,5 cm (Touquet-Plage). Source Alain Chazette, le 23 décembre 1943, Rommel sur la plage du Touquet.
Suite à cela, déjeuner au Soldatenheim du Touquet à la villa Rosetiles, avenue des Troënes.
Collection Socièté Académique du Touquet. La villa Rosetiles, avebue des Troënes au Touquet.
Après, visite des barrages installés dans la rivière "la Tringue" (près de Trépied siège du PCdu GR.149) et des barrages installés sur le pont enjambant la rivière .
Localisation du pont sur le Tringue à Trépied, commune de Cucq.
Après cela, à 14H35. visite du StP Merlimont, batterie (9./AR 149), quatre pièces de 15.5 cm sFH 414 (f) installées en encuvement. En arrière, trois casemates R 669 permettent de les abriter en cas de bombardements ennemis.
Localisation Merlimont et la batterie HKB Merlimont, à droite source.
A 15H30. Rommel et sa délégation sont au Sud de l'estuaire de la rivière Authie, avec les StP: Authie-Süd (à la Pointe de Routhiauville), StP Fort Mahon Nord, Mitte et Süd, sur la commune de Fort Mahon Plage. Ils ont vu également sur la plage au sommet de la dune la batterie côtière H.K.B. 6./747 (future 9./H.K.A.R.1245) avec ses quatre pièces 10,5 cm K 331 (f) pas encore sous abris H671.
Puis, à 16H00, StP Monchaux et le StP Wolf, sur la coùmmune de Quend.
Fort Mahon Plage et Quend. Source.
Enfin à 16H45, Rommel vsite la Pointe de Saint-Quentin, la batterie H.K.B. 8./746 (future 11./H.K.A.R.1245) avec ses quatre pièces 10,5 cm K.331 (f) qui défend l'entrée du canal de la Somme. Il inspecte également les inondations au Sud-est de Saint-Quentin.
StP Pointe de Saint Quentin en Tourmont. Source.
Puis Rommel roule vers Le Touquet, avant de continuer vers Montreuil sur Mer. A partir de 19 heures, il passe encore quelques heures au mess des officiers de la 191. Reserve-Division à Montreuil où on sert le souper. La nuit a été de nouveau passée au Touquet.
Source Hans Sakkers. Le 23 décembre 1943. Repas au mess de Montreuil sur Mer servit par des Rote-Kreuz-Schwestern Krieg (Infirmières militaires de la Croix Rouge allemande), à droite, de G. à D. Meise, Rommel et Macholz. A gauche de dos en noir certainement Ruge.
Inspections du 23 décembre 1943 (du Nord au Sud moins de 60 km)
24 décembre, nous allâmes tout d'abord voir une position
de repli, plus à l'intérieur, à laquelle travaillaient deux compagnies de la
division
9.SS-Panzerdivision "Hohenstaufen" . Nous vîmes ensuite une rampe de lancement pour
armes V, installée sous galerie dans une falaise crayeuse. La nouvelle du passage du maréchal
s'était
manifestement répandue, nous le remarquâmes à certains « chichis ». Quelques auxiliaires féminines des transmissions saisirent
l'occasion pour demander des autographes au maréchal.
Après une
conférence avec le
General
der Artillerie Johann Sinnhuber
commandant du
LXXXII.(82).AK, PC à
Aire sur
la Lys (Pas de Calais), chargé de défendre la côte entre la frontière
franco-belge et la Somme.
Nous repartîmes à 14 heures pour parcourir les 300 kilomètres du retour, par Amiens et Paris et n'atteignîmes Fontainebleau qu'après 19 heures. Après un repas très simple, en petit comité, le maréchal passa avec nous dans une grande salle où tout le personnel était rassemblé, pour fêter Noël d'une façon bien paisible.
Inspections du 23 et 24 décembre 1943
25 décembre, commença l'exploitation des renseignements recueillis au cours de cette première inspection.
27 décembre:
Rommel
s'entretient avec le
General der Artillerie Erich Heinemann
le Kommandeur du
LXV.AK chargé des armes V. Dans
l'après-midi,
il
visite (accompagné du
Generalleutnant Alfred Gause
et de l'Oberst
i.G. Hans-Georg von Tempelhoff
)
le
Generalfeldmarschall
Gerd von Rundstedt
à
Saint Germaine en Laye.
28 décembre: Rommel
,
accompagné
du
Generalleutnant Alfred Gause
et de
l'Oberstleutnant
Wolfgang Queissner
, se rend au QG
de la
Luftflotte 3., Kommandeur
le
Feldmarschall
Hugo
Sperrle
au
palais du Luxembourg à Paris.
29 décembre: Rommel
rend visite à l'Admiral
Theodor Krancke
Oberbefehlshaber des
Marinegruppenkommando West à son QG dans un immeuble
du
Bd
Suchet près du bois de Boulogne, Paris (16e).
JANVIER 194
3 janvier 1944: Rommel se rend à
Anvers
(Belgique)
dans l'après-midi
conférence à
Park Den Brandt siége de
l'état-major
du
LXXXIX.(89)AK,
Kommandeur
General der Infanterie Werner Freiherr von und zu Gilsa
.
Selon le KTB du
LXXVIII (88).AK, Rommel visite les KVA d'Amsterdam et de Dordrecht en
compagnie du
General der Infanterie Hans-Wolfgang Reinhard
(Kommandeur 88.AK et Wehrmachtsbefehshaber Heer in den Niederlanden)
4 janvier:
visite en voiture
attelée, par les digues
et les ponts, à l'île
de Walcheren, clef de l'Escaut et, par conséquent, d'une importance
capitale. A ce moment, la
19. Luftwaffen-Feld-Division,
Kommandeur
Generalleutnant Erich Bäßler
est sur l'île. Puis traversée de l'Escaut en bateau entre
Flessingue
et Breskens,
conférence à
Oostburg (province de Zélande au Pays-Bas) avec le Kommandeur de la
712.ID
le
Generalleutnant Friedrich-Wilhelm Neumann
.
Nuit à Bruges.
Rommel et en mateau de cuir l'Oberstleutnant Wolfgang Queissner, dans un bateau ?
5 janvier: Rommel
visite l'Hôtel de ville et la
cathédrale de Bruges, au retour arrêt à Tourcoing
pour un entretien avec le
Generaloberst
Hans Eberhard Kurt von Salmuth
,
déjeuner à
Bondues à la
Jagdgeschwader 26
Schlageter
avec l'Oberstleutnant
Josef Priller
.
Fim voir ici en 5:50. AGRANDISSEMENT
Retour par Saint-Quentin et Compiègne, arrivée à 20H00.
Inspections du 3 au 5 janvier 1944 en Hollande, Belgique et dans le département du Nord. AGRANDISSEMENT.
6 au 15 janvier: pas de grande tournée.
8
janvier: au QG de Rommel première visite du
General der Panzertruppen Leo Geyr von
Schweppenburg ,
Kommandeur du
Panzergruppe West.
11
janvier: Visite à la
21.
Panzer Division
à
Maisons-Lafittte (source: article d'Alain Chazette dans 39-45 Magazine).
Un film de
cette visite,
avec un défilé de
7,5 cm Pak 40
(Sf) auf Hotchkiss, l’avant dernier est un 10,5 cm leFH18/40 (Sf) auf Hotchkiss
et le dernier un 15 cm sFH13 (Sf) auf Lorraine Schlepper.
Major Alfred Becker, Rommel et Generalmajor Edgar Feuchtinger, Kdr. de la 21. Pz-Div. Source à droite.
Cette
photographie, prise le 11 janvier 1944 à Maisons-Laffitte, nous présente la
première inspection du Generalfeldmarschall Erwin Rommel
à la 21.
Pz-Div.
Le
Generalmajor Edgar Feuchtinger
(Kdr. de la 21. Pz-Div.)
passe en revue, en compagnie de Rommel et du Generalleutnant Alfred Gause
(chef des
Generalstabes H.Gr.B), une partie de la
Sturmgeschütz-Abteilung 200 du Major
Alfred Becker
dont à droite
un
10,5 cm
leFH18/40 (Sf.) auf Hotchkiss et dans le fond
un
7,5 cm Pak 40 (Sf.) auf Hotchkiss. (Coll. Alain
Chazette)
12 janvier:
conférence avec le
Generalfeldmarschall
Gerd von Rundstedt
.
13 janvier: conférence avec le
Generaloberst
Alfred Jodl
chef des Opérations de l'OKW
en visite à Paris.
15 janvier:
Rommel
est nommé
Kommandeur du
Heeresgruppe B.
16 janvier:
visite au PC de la
711.ID
établi au château du Quesnay à
Vauville (Calvados) sous les ordres du
Generalleutnant Josef Reichert
.
Source. Château du Quesnay à Vauville.
Retour
par Cabourg, le
mont Canisy (Stp vill
13 avec six
canons de 155 mm long St-Chamond, modèle 1916 dont trois sous casemate) à
Bénerville sur Mer,
Deauville,
Trouville,
Honfleur puis au QG du
LXXXI.AK à Canteleu (Seine-Inférieure) avec le
Generalleutnant Karl Gümbel
Kdr de la
348.ID remplaçant le Kdr
General der Panzertruppen Adolf Kuntzen
absent.
Source. Plan de la Batterie 2/1255. Heeresküstenartillerie-Abteilung de l’Oberleutnant Sondam au Mont Canisy. Voir un film.
Source. De gauche à droite: en 2 Rommel et en 3 Gümbel
Inspection du 16 janvier 1944. AGRANDISSEMENT.
Source. Rommel à Bénerville, explications ici.
17 janvier, inspection de la
17.Luftwaffen-Feld-Division
à Bolbec,
entre
Veulettes-sur-Mer et
Harfleur/Le
Havre, Kommandeur le
Generalleutnant Hans Kurt Höcker
, PC
au château
d'Auberville
la Renault
(Seine Inférieure).
Source Alain Chazette. Implantation de la 17. Luft-Feld-Div. début 1944.
Source. Le château d'Auberville la Renault , PC de la 17. (L) Feld-Div.
Entretiens avec le Festungkommandant Le Havre
le
Generalmajor Walther Leuze
.
Source. Boulevard Foch à Sainte Adresse (Seine-Inférieure), Rommel à la M.K.B. Sainte Adresse (Wn 07) au centre le plus grand est le Generalmajor Walther Leuze; à sa gauche l'Hauptmann Simon, son aide de camp; le Korvettenkapitän Hans von Martin, Kdr. de la M.A.A.266 casqué à gauche; le Kapitanleutnant Marineartillerie Walter Schröder, Kdr de la Marine-Küsten-Batterie (M.K.B.) 8./ MAA 266 St. Adresse : 4x 15cm Tbts.L/45, casqué à droite; à gauche la Ford Mercury du Vizeadmiral Friedrich Oskar Ruge.
Source. Rommel à Sainte Adresse le 17 janvier 1944, à droite le Kapitanleutnant Marineartillerie Walter Schröder, Kdr de la Marine-Küsten-Batterie (M.K.B.) 8./ MAA 266 St. Adresse : 4x 15cm Tbts.L/45; au centre casqué le Korvettenkapitän Hans von Martin, Kdr. de la M.A.A.266; derrière lui caché le Generalmajor Walther Leuze, Festungkommandant Le Havre.
Le
Konteradmiral Hans-Udo von Tresckow
Kommandant der Seeverteidigung
Seine-Somme
absent,
le
Vizeadmiral Friedrich
Rieve
Kommandierender
Admiral Kanalküste,
son supérieur,
le remplace.
Source. Rommel entre par l'entrée arrière dans l'hôtel Dufayel à Sainte Adresse, Le Havre, siège de la Seeverteidigung Seine-Somme. De nos jours. En gros plan.
« Nous gagnâmes ensuite Fécamp où l'on construisait de grands points d'appui à l'Est et à l'Ouest de la ville. Le chef du régiment local considérait tous les ressortissants de la marine comme des bureaucrates. Le capitaine du port, avec lequel il avait, sans doute, surtout affaire, était bien un homme âgé et débonnaire, mais la 15e flottille de patrouilleurs basée sur ce port, n'avait cessé de se distinguer depuis 1940 dans les missions d'escorte, en dépit de conditions très difficiles. Une intervention conciliante permit de réaliser une détente dans leurs rapports. »
Fécamp est dans le
secteur de la
17.Luftwaffen-Feld-Division
,
le chef du régiment local
ne peut être que
l’Oberst Ulrich Engelke Kommandeur du Lw Jäger
Regiment 34. dont le QG et à
Épreville (6 km au Sud de Fécamp), quant au
capitaine du port, le Hafenkommandant est le Korvettenkapitän Baron Thoe
Schwartzenberg en
Hohenlandsberg
.
la Hafenkommandantur est au
11 Quai Bérigny.
Nous déjeunâmes à 12H45 au Foyer du soldat à l'hôtel Canchy, 10 place Thiers.
Source. Le Soldatenheim de Fécamp dans l'hôtel Canchy, 10 place Thiers. De nos jours place place Charles de Gaulle, de nos jours la brasserie Le Pagnol.
Puis
nous rendîmes
à
Saint-Valéry-en-Caux,
nous
grimpâmes
sur
les
hauteurs
qui
dominent le
petit
port, alors passablement
détruit,
pour
inspecter
une position
de batterie et un poste
de
guet
de
la
Luftwaffe
.
Selon Jean-Pierre Ducellier dans ce livre
Collection ROUSSEAU/Jacques BEAL
Le maréchal Erwin ROMMEL en inspection sur les côtes du littoral situé entre la
baie de Seine et la baie de Somme le 17 Janvier 1944.
Source. Rommel à Saint Valéry en Caux, le 17 janvier 1944
avec le
Generalleutnant
Erwin Sander
,
Kdr de la
245.ID.
VOIR REPERAGE.
A Dieppe, la conférence eut lieu au foyer des officiers. Après une inspection détaillée des installations, relativement très fortes, de Dieppe nous gagnâmes Abbeville de nuit. Nous logeâmes chez l'habitant, ce qui ne plut pas à tout le monde.
Collection syndicat d'initiative d'Abbeville. Rommel au centre sur les marches d'un hôtel particulier Boulevard Vauban à Abbeville réquisitionné par la Kreiskommandantur; à droite Ruge et entre Rommel et Ruge Meise, à gauche de profil l'Oberstlt. i.G. Hans-Georg von Tempelhoff, l'autre personnage non identifié, date certainement le 18 janvier au matin. De nos jours.
Inspections du 17 janvier 1944.
Les visites du 18 janvier commencèrent par celle du Tréport. Le chef de division n'y était pas très à la page.
Il
s'agit du
Generalleutnant Karl Gümbel
,
Kdr de la 348.ID, QG au château de
Friville Escarbotin (Somme) avec le
I/Gren-Rgt 863 dont le PC est au Tréport, avec deux unités d'artillerie le
I./
Heeres-Küsten-Artillerie-Regiment 1252, Hauptmann puis Major Rudolf Wastl et le Heeres-Artillerie-Abteilung 1148.
Source Alain Chazette. Rommel au Tréport observe le large aux jumelles.
A Cayeux, au sud de l'embouchure de la Somme, nous trouvâmes une position de batterie abandonnée, avec d'excellents abris en béton, dont on avait fait sauter une partie. Rommel s'emporta à cette vue.
Dans l'après-midi, le maréchal
s'entretint avec Salmuth
à
Montreuil.
Ensuite nous allâmes à
Hardelot Plage, où des sapeurs du Génie SS avaient aménagé d'excellents champs
de mines.
A cette date et à cet endroit il ne peut s'agir
que du SS-Panzer-Pionier-Bataillon 9 de la 9.SS-Panzer-Divison "Hohenstaufen"
en réserve de l'AOK.15.
Nous passâmes la nuit au Foyer du Soldat à la villa Rosetiles, avenue des Troënes au Touquet.
Inspections du 18 janvier 1944. AGRANDISSEMENT.
19 janvier, à 8 heures, nous partîmes pour Berck-sur-Mer afin d'inspecter encore des positions et des champs de mines. Puis nous revînmes vers Fontainebleau où nous arrivâmes au début de l'après-midi.
Inspection du 19 janvier 1944.
20 Janvier: Rommel téléphone au Generaloberst
Alfred Jodl
pour demander que la
21.
Panzer Division
puisse intervenir dans les premières du débarquement.
22 janvier :
Départ à 08H15 pour la Bretagne, Rommel
est accompagné de Ruge
,
Meise
,
Gause
,
Queissner
et Lattmann. Arrivée
au Mans à 11H05 au Q.G. du
Generaloberst Friedrich Dollmann
chef de la
7.Armee
, qui avait le
Generalleutnant Max-Josef Pemsel
pour chef d'état-major. Pemsel fit un remarquable exposé de la situation, avec
des cartes très claires.
Dans
l'après-midi, sous de fortes averses, nous gagnâmes
Rennes,
Saint-Brieuc puis
Guingamp,
arrivée à 18H00, au PC
(propriété à l'angle des Boulevard Clemenceau et de la Marne) du
General der Infanterie Erich Straube
,
commandant du
LXXIV.AK
(secteur
allant du Couesnon à
Roscoff, soit 510 kilomètres de côtes). Là encore, nous logeâmes chez l'habitant. Les entretiens se
déroulèrent dans le même cadre qu'ailleurs.
Le dimanche 23 janvier, à 7 h 30, nous inspectâmes le secteur occidental,
depuis Sibiril,
à l'ouest de
Roscoff, jusqu'à
Paimpol.
Secteur de la
266.ID, Kdr
Generalleutnant
Karl Spang
.
Déjeuner
à la « Soldatenheim » de Perros-Guirec. Ensuite visite à
Port-Blanc,
Paimpol,
l'Ile-à-Bois
(Stp Po 46)
et aux
grèves des Rosaires en
Plérin.
A Paimpol, se trouvait la batterie d'artillerie ALVF de Plounez sur voie ferrée de 4 canons de 203, Stp. Po 27. Voir ici celui d'Auderville-Laye dans la Hague.
Retour à 18H50 à Guingamp pour dîner et coucher.
Source. Rommel et à sa gauche Straube devant une caemate R631 à Roscoff. Repérage.
Source. Rommel et Straube à Port Blanc, commune de Penvénan. Repérage.
Inspections du 22 et 23 janvier 1944.
24
janvier, à
8H00,
Rommel
quitte Guingamp avec
son
état-major
et
le
General der Infanterie Erich Straube
en direction du
secteur
de défense
côtière
K.V.A.
A1
(Saint-Brieuc
-
Avranches),
confié
au
Kommandeur
der Osttruppen z.b.V. 721
(Groupement
à mission
spéciale
721),
Kdr
Generalmajor Christoph Graf zu Stolberg-Stolberg
.
Un
commandement du niveau d'un
E-M
de
division
qui ne
comptait
que quelques
Ost-Btl.(Bataillons de l'Est.)
subordonnés.
Au
total
un
secteur
de 270 km devait être défendu par
ces
unités.
A Saint-Lunaire dîner, à l'ouest de Dinard, une longue discussion eut lieu sur l'emplacement d'une batterie de six canons russes de 12.2-cm schwere Feldhaubitze 396 (r), montés sur plaque tournante.
En fait la construction de la M.K.B. Saint-Lunaire (4./M.A.A. 608) et la H.K.B. 1271à La Richardais. Début juin, la situation était la suivante :
- Après ajout de 2 pièces de 122, l'armée de terre (Heer) la Heeres-Küsten-Batterie 1271 perçoit 5 pièces de 12.2 cm K.390/2 (r) et reste sur le point d’appui, Ra156 dans les terres à l'ouest de La Richardais.
- La Marine avec 3 x 12.2 cm K.390/2(r) la MKB 4./MAA.608 Lunaire une batterie sur la côte, pointe de Bellefard Ra138. Les canons qui devaient être placés sous casemates, ne le furent finalement jamais.
Localisation de la pointe de Bellefard à Saint Lunaire et de la Richardais.
A Saint-Malo, après avoir traversé la Rance sur un bac, la Cité, forteresse à la Vauban extrêmement forte, retenait plus particulièrement l'attention.
Source. Visite de la Zitadelle, Fort la Cité, Festung Saint Malo, à gauche Straube, à droite Meise sous réserve
Source. Pose de tétraèdres en béton sur la plage du Sillon à Saint Malo.
Une batterie de marine se trouvait sur l'île de Cézembre, d'où elle pouvait battre le port et ses abords aussi bien que la Cité. Elle se composait de quatre pièces de 19 cm et possédait donc une puissance de feu incomparablement supérieure, mais elle avait été laissée sans aucune protection. 1./M.A.A. 608 avec 6 x 19,4 cm K 486(f):Ra 277 M.K.B "Ostwall" Ile de Cézembre Stp 277.
Source : Alain Chazette. Canon 19,4 cm K (E) 486 (f)-93 (f)
Toujours sous une pluie battante,
nous visitâmes
des
positions
situées
près de Cancale et sur la côte occidentale de la
baie
du Mont-Saint-Michel,
ainsi qu'une
batterie
de·l'armée,
installée
près de Dinard.
Retour à Dinard pour le dîner à 18H30 et une réunion de travail avec Straube
.
25
janvier au matin,
rendez-vous
fixé
à 08H00 près
de Dol,
avec
le Generalleutnant
Walter von Boltenstern
,
commandant la
179.
Reserve-Panzer Division.
A Tinténiac, le Reserve-Panzer-Aufklärungs-Abteilung exécuta un exercice qui fit bonne impression.
A 12H50 repas au Q.G. de la 179. Reserve-Panzer Division, à Rennes. Départ à 13H30.
Au retour, nous
discutâmes encore brièvement les résultats de l'inspection avec le général
Pemsel
,
au Mans; le général Dollmann
était parti pour
Posen dans l'intervalle. Il fut entendu que le commandant du port de
Saint-Malo (le Festung Kommandeur Saint Malo, l'Oberst Andreas von Aulock
)
ne s'incorporerait aux forces de défense, avec son personnel, qu'après avoir
rendu les installations du port inutilisables. Départ à 16H35, arrivée à
Fontainebleau à 19H35.
Inspections des 24 et 25 janvier 1944
A notre arrivée au Q.G., le Ia annonça que l'OKW. refusait de rapprocher les divisions blindées de la côte, en invoquant la situation générale.
26 janvier,
nous eûmes la visite du
General der Infanterie Hermann Geyer
en retraite
(relevé par Hitler
, le 31 décembre
1941, pour une retraite non autorisée au cours de la
bataille
de Moscou) qui, avant la guerre, avait été le
chef de Gause
,
en tant que commandant du
V.AK.
Dans la matinée du 28 janvier, Rommel
eut
une conférence avec le General
der Panzertruppen Leo Geyr
von Schweppenburg
du Panzergruppe West
sur l'engagement des troupes blindées; dans l'après-midi, il se rendit au Q.G.
de
Saint Germain en Laye
du
Generalfeldmarschall
Gerd von Rundstedt
,
commandant en chef à l'Ouest
(OB
West) et y eut une autre conférence " qui
se déroula en plein accord, mais, malheureusement, ne changea rien,
des difficultés
empêchant toujours les réalisations pratiques."
Le Generalfeldmarschall
Gerd von Rundstedt
résidait à la
villa David,
rue Alexandre Dumas.
29 janvier
- Un lumbago n'empêcha
pas Rommel
de
repartir
pour se rendre, cette fois, dans le secteur du
LXXXIV.AK,
à l'aile droite de la 7.Armee
,
qui englobait le littoral de la baie
de Seine depuis l'Orne (non
la Dives) et toute la
presqu'île du
Cotentin, ainsi que les
îles
Anglo-normandes. Sans le savoir, nous pénétrâmes ainsi pour la première fois
dans la région ou allait effectivement se produire le débarquement. Le
General der
Artillerie Erich
Marcks
, qui venait
de l'état-major général, possédait une valeur militaire reconnue par tout le
monde. Il fit un exposé clair, précis et d'un optimisme surprenant. Physiquement,
il souffrait d'un grave handicap, car il avait
perdu
en Russie une jambe que remplaçait un appareil.
Le lieu de cet entretien n'est pas indiqué (Caen ?) . .
Le littoral de son secteur, îles comprises, atteignait 400 km. Pour le défendre, il disposait de cinq divisions:
Parmi celles-ci, la
319.ID,
à l'effectif normal de guerre, occupait les îles anglo-normandes.
Kdr Generalleutnant
Rudolf Graf von Schmettow
La
716.ID
occupait 90 km. de front entre 1'Orne (non la Dives) et
la Vire
avec deux régiments en avant. Kdr
Generalleutnant
Wilhelm Richter
PC à Caen,
villa Baumier 4 avenue de Bagatelle.
Plus à l'ouest, la
709.ID
tenait
220 km et avait poussé ses trois régiments jusqu'à la
côte.
Kdr
Generalleutnant
Karl-Wilhelm von Schlieben
PC
au château de Chiffrevast à
Tamerville
(Manche)
En réserve se trouvaient les
243.ID, Kdr
Generalleutnant Heinz Hellmich
PC au château et au manoir de Malassis, au
Vrétot
(Manche).
et
352.ID
,
Kdr
Generalleutnant Dietrich Kraiß
PC au château Poulain à
Littry (Calvados) le 6 juin 44.
Dans le secteur
du corps se trouvait encore le
Grenadier-Regiment 1021, renforcé par deux batteries, noyau de la future
77.ID
.
Après le déjeuner, nous inspectâmes une batterie en cours d'installation à l'Est de l'embouchure de l'Orne. La seule batterie à l'est de l'Orne du LXXXIV.AK est celle de Merville (voir en date du 6 mars).
Nous nous
trouvions groupés et à découvert, lorsque deux chasseurs britanniques, volant en
rase-mottes, arrivèrent droit sur nous. Le Ia, l'Oberstlt.
i.G. Hans-Georg von Tempelhoff
, qui se trouvait à côté de moi
, plongea vers un abri, je
l'imitai alors. Le maréchal demeura debout. Les chasseurs ne tirèrent pas.
Sous réserve des avions en mission de reconnaissance photographique à basse altitude, pour
justement surveiller la construction de cette batterie.
En poursuivant
l'inspection de la côte en direction de l'ouest, nous constatâmes un certain
nombre de choses excellentes, en particulier des flanquements d'artillerie, mais
aussi d'autres assez déplorables. Dans le secteur droit de la 716.ID
, les
points d'appui, sur la côte, se trouvaient à des intervalles compris entre 600
et 1 000 mètres; dans le secteur gauche, ces intervalles atteignaient trois
kilomètres à trois kilomètres et demi, ce qui était évidemment beaucoup trop,
quoique le littoral y fût escarpé par endroits.
Franz Gockel
soldat à la 3.Kp, Grenadier-Regiment 726 (716.ID) affecté au
Wn 62
à Colleville-sur-Mer indique
une inspection de Rommel
à ce Wn le 29 janvier 1944.
La nuit
interrompit l'inspection. Nous gagnâmes Saint-Lô, où se trouvait le Q.G. du
LXXXIV.AK au
château de Commines, route de Carentan. Le général Marcks
nous reçut à dîner avec son chef
d'état-major, un Autrichien assez âgé l'Oberstleutnant
i.G. Johann von Heiterer-Schaller,
Rommel résuma son impression dans son journal d'opérations: « D'une façon
générale, la troupe ne travaille pas suffisamment pour aménager les positions.
L'urgence de ces travaux n'est pas reconnue. Partout règne le souci de garder
des réserves à l'arrière, ce qui affaiblit le front sur le littoral.»
Inspections du 29 janvier 1944
30 janvier, le lendemain, à
8 heures, nous partîmes, par de très mauvais chemins, pour inspecter la zone
s'étendant de l'embouchure de la Vire jusqu'à
Cherbourg.
Le commandant de la 709.ID
. le
Generalleutnant
Karl-Wilhelm von Schlieben
présenta son rapport et Rommel
exposa une fois de plus ses idées.
Comme nous arrivions à Quinéville au moment de la basse mer, le maréchal aperçut des pieux et des obstacles antichars en avant de la plage. Il descendit aussitôt de sa voiture et apprit d'un sous-Iieutenant que « ces choses se trouvaient là depuis longtemps ». Il s'agissait d'une installation d'essai, faite en 1941. Sur quatre pieux en béton, d'ailleurs trop longs, trois avaient bien résisté, de même que les obstacles antichars de simples poutres et des trièdres. De toute évidence quelqu'un pensait comme nous des 1941. Dommage de ne pas l'avoir su! Le maréchal rayonnait. Il tenait là la preuve que les obstructions sous-marines pouvaient résister pendant un délai très long, question jusqu'alors fort controversée.
Au nord de la Vire, rien n'avait été réalisé en dehors de quelques inondations.
Inondation à Liesville-sur-Douve dans le Cotentin.
Ensuite, la situation s'améliorait. La batterie du Herr installée à Morsalines Stp 141 (quatre non six canons 15,5 cm K/420 (f) pour français) faisait assez bonne impression.
6./1261HKAR, avec 6 canons 15,5 cm K416(f) à l'air libre sur aire bétonnée.
Source. Canon 15.5 cm K416(f)
Celle de
Marcouf Stp 135 (quatre canons 21 cm 39/40 L/52), appartenant à la Kriegsmarine
, se
trouvait au premier stade de son installation.
Nous y rencontrâmes le
Konteradmiral Walter Hennecke
,
Seekommandant Normandie,
que le brouillard avait retardé.
On transformait
également en point d'appui l'antique
forteresse Stp 110 de
Saint-Vaast.
Toutes ces
fortifications construites par
Vauban étaient
admirablement situées et restaient suffisamment robustes pour être utilisées.
Source Alain Chazette. Le 30 janvier 1944. Photo de gauche: de g. à d. Marcks; Rommel; Oberst Gerhard Treipel, Kdr Heeres-Küstenartillerie-Regiment 1261; Hennecke. Photo de droite: Rommel; Hennecke; Ruge et Korvettenkapitän M.A. Robert Fromme, Kdr Marineartillerieabteilung 260; à l'extrème gauche von Tempelhoff.
Source à gauche. Marcks avec sa canne, von Schlieben et Rommel. Source à droite. Le bras tendu Hennecke.
Pressés par le temps, nous ne vîmes pas ce qu'on appelait le « Osteck », avec la batterie « Hamburg » Stp 234 (quatre canons 24 cm SK L/40 in Drhl. C/98 sous casemate) et reprîmes contact avec la défense au Fort du Roule Stp 255 qui domine Cherbourg, offrant une splendide vue sur la ville et le port.
Le front maritime de la « forteresse» était long de 30 km, avec 40 centres de résistance, le front terrestre, étendu de 50 km, devait compter 80 de ces centres, mais ils ne se trouvaient pas tous achevés. Le premier possédait assez de puissance pour repousser une attaque venant de la mer, mais on ne savait encore où prendre les troupes nécessaires pour tenir le second.
Source. Batterie des Capelains ou Brommy, Stp 245, 1./M.A.A.260 à Bretteville (Manche) à l'est de Cherbourg, Rommel avec son Ia l'Oberstlt. i.G. Hans-Georg von Tempelhoff ; la localisation grâce aux photos ci-dessous
Source Moulins du site. Bunkers de la Batterie des Caplains.
Nous déjeunâmes au Foyer du Soldat, dirigé par la sœur Barbara, aux efforts de qui il était dû. A Cherbourg, il y avait un Soladtenheim quai Caligny.
Le
Hafenkommandant Cherbourg, le Fregattenkapitän
Hermann Witt
,
y fit venir les officiers des trois armes, pour prendre le café, et ce fut une
réunion extrêmement
utile,
digne d'être recommandée
partout.
Après
avoir vu le port et écouté le rapport du Commandant naval
sur les obstructions
établies par lui (responsable le Korvettenkapitän
Wetzel), nous quittâmes Cherbourg pour gagner
les installations
de la
Luftwaffe
à
Vauville,
près de la
côte occidentale du
Cotentin. Malheureusement
le temps très bouché ne nous permit pas de voir beaucoup de choses.
*
Source: carte établie par Frédéric Désit avec son aimable autorisation. Inspections du 30 janvier 1944.
Nous devions revenir pour la nuit à Saint-Lô.
31 janvier : Rommel
rencontre
à Alençon le
SS-Obergruppenführer und General der Waffen-SS Paul
Hausser
,
Kdr du
II.SS-Panzerkorps.
Rommel et Hausser.
Déplacement du 30 janvier 1944
FEVRIER 1944
1 février: Rommel
rencontre à Paris le
General der Infanterie Günther Blumentritt
,
chef de l'E-M de l'OB West; sujet: les mines.
2 février: chasse
3 février: Rommel,
accompagné de Meise
et
de Ruge
,
se rendit à Hardelot-Plage, via Beauvais, pour examiner un essai d'obstructions
de plages. Les soldats, fort inventifs et désireux de s'épargner une fatigue
inutile, avaient imaginé de creuser avec des manches à incendie les trous
destinés à recevoir les pieux, ce qui faisait gagner beaucoup de temps et de
peine. Trois minutes suffisaient pour chaque pieu, alors qu'il fallait trois
quarts d'heure en le battant avec un bélier. Ces pieux tenaient fort bien,
beaucoup avaient déjà reçu des mines terrestres, théoriquement étanches, mais
que, par mesure de précaution, on avait revêtues d'une épaisse couche de
goudron.
Creusement de trous à la lance à incendie.
Pieux avec mines.
En revanche, les hérissons tchèques s'enlisaient rapidement, il fallait les disposer sur des planches ou sur un terrain plus solide, près du rivage.
Source. Hérissons tchèques.
Ensuite, en
compagnie du
General der Artillerie Johann
"Hans" Sinnhuber
,
commandant le LXVII.(67)AK (NON le
LXXXII.(82)AK) nous visitâmes un certain nombre de
positions sur la côte entre
Boulogne-sur-Mer et
Calais. A
Wissant et à
Sangatte, on
installait des obstacles antichars belges qui devaient être particulièrement
efficaces contre les embarcations.
Voir un film.
Portes belges.
Source Alain Chazette. Rommel visite la batterie MII installée à l'Ouest de Sangatte, codé Stp 106 Dresden avec 3 pièces de 17 cm SKL/40.
Dans le plat pays plus à l'est, les
inondations étaient déjà commencées. A de multiples reprises, Rommel exposa de
nouveau les principes de la défense. Dans la soirée, il discuta les résultats de
la journée dans la grande salle du Foyer des Officiers, à Calais, où nous
passâmes la nuit. Au dîner, il invita le
Vizeadmiral Friedrich Frisius
,
Kommandanten der Seeverteidigung Pas de Calais,
et le
Generalleutnant Otto Elfeldt
qui allait prendre le commandement de la
47.ID
.
La journée du 4 février commença par un rapport du
cornmandant de port de Calais que suivit une inspection des défenses. Ensuite,
nous rendîmes visite, à l'improviste, au PC de la 47.ID
,
à Aires (? à
Fiennes). Le général
était parti pour voir ses troupes; le
Ia de son E-M paraissait remarquablement renseigné.
A Tourcoing,
Rommel
eut un long entretien avec von Salmuth
.
Dans l'après-midi nous revînmes vers Fontainebleau, Meise
servant de « navigateur ».
Inspections du 3 et 4 février 1944
Les deux journées suivantes furent de nouveau consacrées au travail d'état-major.
5 février:
Rommel
alla voir Blumentritt
.
Le dimanche 6
février, Rommel
fit une petite sortie de chasse et s'entretint avec le
Generalleutnant Walter Warlimont
,
adjoint de Jodl
à l'OKW., de la défense de la cote et de l’organisation du commandement à
l'Ouest. Warmilont resta à dîner au QG.
7 février:
Après un petit déjeuner plus substantiel qu'à l'ordinaire, nous partîmes à 6
heures du matin, le maréchal
se trouvait dans la Horch avec
l'Oberstleutnant i.G.Anton Staubwasser et l’Oberstleutnant Wolfgang Queissner
,
Meise
et
Ruge
dans la
Mercury, un groupe d'hommes armés jusqu'aux dents nous accompagnait dans
deux voitures découvertes. A une allure très rapide, nous nous dirigeâmes
d'abord vers Dijon.
La Horch 830 BL de Rommel. Photo du centre prise à Ostende (Belgique) devant les deux M650 de la MKB Kursaal.
Après
Lyon, nous fîmes
halte pour un rapide casse-croûte. Nous franchîmes le
Rhône à
Tournon,
traversâmes
Valence,
Montélimar,
Orange,
et atteignîmes
Avignon vers
16H30. Le
General der Infanterie Georg von Sodenstern
chef de la
19.Armee, dont le Q.G. se trouvait sur les hauteurs de la rive ouest,
présenta un rapport très clair et fort satisfaisant.
Le soir, Sodenstern nous reçut à dîner à l'Hôtel
de l'Europe en plein cœur de la ville.
Itinéraire du 7 février 1944
Le lendemain matin (8 févier), nous partîmes à 8 heures, d'abord vers les Alpilles, puis, par Port-de-Bouc, passâmes sur les hauteurs situées à l'ouest de Marseille, et traversâmes la Camargue pour atteindre Port-Saint-Louis, où l'on effectuait des essais de lance-flammes contre les chalands de débarquement.
Source. Pot de lance-flammes Abw. Flammenwerfer 42 statique et déclecnché à distance par des fils électrique.
Nous
nous arrêtâmes brièvement pour déjeuner à
Montpellier,
au Q.G. du
IV. Luftwaffen-Feld-Korps,
commandé par le
General der Flieger Erich Petersen
,
et reprîmes aussitôt notre route vers l'Ouest.
La
mission demeurait la même que sur les côtes de la Manche, mais la densité des
troupes était encore plus faible. La 19. Armee disposait d'un total de six
divisions pour environ 500 kilomètres de côte. Celle de l'ouest, la
277.ID , Kdr
Generalleutnant Helmuth Huffmann
avait ainsi à défendre un secteur de 200 km.
Sète était bien fortifiée; une batterie de 15 cm de la marine représentait l'élément le plus important de la défense. La visite d'Agde, plus à l'ouest, fut trop rapide. Nous arrivâmes à Narbonne à la nuit faite, y dînâmes et, après une ultime conférence, allâmes nous coucher.
Itinéraire du 8 février 1944
Nous repartîmes le 9 février à 6 heures, par ciel couvert et pluie. Nous traversâmes Perpignan, Foix, Tarbes et Pau, sans nous arrêter et, malheureusement, sans apercevoir les Pyrénées. Lors de la halte du déjeuner: (de simples tartines beurrées), nous constatâmes que seules la Horch et la Mercury avaient encore assez de carburant pour atteindre la côte de l'Atlantique. On nous donna les réserves d'essence des autres et nous continuâmes seuls jusqu'à Bayonne où nous arrivâmes vers 14 heures.
Le maréchal
reçut
aussitôt le
General der Infanterie Hans von Obstfelder
,
Kdr du
LXXXVI.AK,
auquel il donna ses instructions. Aussitôt après nous allâmes jusqu'à la
frontière espagnole pour examiner diverses
positions de l'armée et de la
marine, à l'armement fort disparate.
Source Alain Chazette. Le 9 février1944, Rommel en visite à la Batterie « Barbara » 1/MAA 286 en compagnie de von Obstfelder à gauche et du chef des VGAD du Sud-Ouest à l'extrême gauche.
A Hendaye, nous jetâmes même un regard en territoire ibérique.
Source: à gauche, à droite. Le 9 février 1944, Hendaye à la frontière espagnole: Rommel et Obstfelder.
A gauche: de face à droite Obstfelder. A droite: en arrière-plan au centre Ruge. Un montage de 4 photos.
Puis
repartîmes immédiatement, par une route droite et excellente,·
à travers
les Landes, pour atteindre, vers 19 heures, le Q.G. de la
1.Armee, à
Bordeaux, Kdr
Generaloberst Johannes Blaskowitz
.
Nous n'y perdîmes pas de
temps, conférence aussitôt avec le général Blaskowitz. Après un simulacre
de dîner à 21 heures, le maréchal
entendit le chef du 4e
bureau, le directeur
du service
des Transmissions et finalement le chef du Génie. Ce sur quoi nous allâmes tous
nous coucher.
Itinéraire du 9 février 1944
Le lendemain, 10 février, nous ne repartîmes qu'à 8 heures. En roulant vers l'embouchure de la Gironde, nous vîmes quelques positions établies sur la vaste plage de l' Atlantique, dont une qu'occupaient des Indiens.
A gauche, source. 10 février 1944, Lacanau Océan (Gironde), Rommel salué par l’Oberstleutnant Kurt Krappe, Kdr IR (ind.) 950. A droite, source. Ommel, Krappe et (de profil) le Generalleutnant Hermann Meyer-Rabingen, Kommandeur de la 159. Reservedivision, Voir ici
Source. Rommel à Lacanau Océan
(Gironde), le 10 février1944, avec le
Generalleutnant Hermann Meyer-Rabingen
(à droite), Kommandeur de la
159. Reservedivision avec des hommes de la Legion "Freies Indien" (Indische
Legion),
Inf.Regt (ind.) 950, Kommandeur l'Oberstleutnant Kurt Krappe (en casquette)
Source. A
Soulac, au Stp. 307, casemate M 270,
canon
16,4
cm KM87(f) ou KM93(f) de face le
Generalleutnant Hermann Wilck
(708.ID)
et en noir le
Kapt.z.S
HaansMichahelles
(SeeKo Gascogne)
La région fortifiée du sud de la Gironde (Festung Gironde-Mündung-Süd) était bien pourvue en artillerie: deux pièces de 28 cm, montées sur voie ferrée, 28 cm schwere Bruno Kanone (E) pouvant tirer à 29 500 mètres, la Gi331 Le Verdon Lauban E.Bttr.721 et une batterie de l'armée en comptant six de 15,2 cm. K433/1 (r) Gi303 Mannheim La Claire à La Pointe de Grave.
Le 10 février 1944, Rommel inspecte la
batterie Eis. 721. Il est accompagné, à gauche, par le
General
der Artillerie Curt Gallenkamp
(LXXX.AK)
et, en arrière, par le Generalleutnant Wilck
(708.ID). Ils sont ici installés au-dessus du poste de tir H636a de la pointe de
Grave. (BA.) Après avoir observé l'embouchure, Rommel se fait expliquer le
maniement du 28 cm Kurze Bruno Kanone. (BA.) Source : article d’Alain Chazette
dans 39/45 Magazine N°133/134.
Mais les centres de résistance du front terrestre se trouvaient parfois éloignés de trois kilomètres et demi. Des cosaques en tenaient une partie, (Kosaken) Grenadier-Regiment 360, 708.ID.
Tout était disposé pour faire sauter le grand quai de la gare maritime du Verdon, permettant l'accostage des transatlantiques. Nous déjeunâmes à l'ordinaire, dans une baraque, puis traversâmes le fleuve pour gagner Royan.
Le Kapitän zur See
Hans Michahelles
,
Kommandant der Seeverteidigung
Gascogne était venu à notre rencontre sur la rive sud. Le
Fregattenkapitän d.
R. Anselm Lautenschlager, chef de la 4. Sicherungsdivision Gironde-Sud, nous
rejoignit sur la rive nord, où les préparatifs étaient déjà fort avancés. La
forteresse devait tenir jusqu'aux derniers jours de la guerre.
Source. Royan : point d'appui Gi 26 Hirscherg, le 10 février 1944.
Itinéraire du 10 février 1944
Le lendemain matin, 11 février, inspection les défenses de La Rochelle et des environs.
Source. De gauche à droite: Rommel, le commandant de la base sous-marine et
chef d'état-major, Kapitän zur See Dipl.Ing Walter Türke et le
Generalleutnant Ernst Häckel
,
Kdrt
158. Res-Div.
,
Source. La Rochelle, le 11 février 1944. Rommel visite un U-boat bunker.
Ensuite, Rommel
partit pour Le Mans afin de conférer avec le
Generaloberst Friedrich Dollmann
.
Le soir, de
Fontainebleau, Rommel
eut une longue conversation téléphonique avec
le Generaloberst
Alfred Jodl
Itinéraire du 11 février 1944
12 février, le
Generaloberst Heinz Guderian
,
inspecteur général des troupes blindées, vint conférer avec Rommel
sur « la
participation des unités blindées à la défense de la côte, Au déjeuner, Guderian
se montra un convive fort agréable.
Dans la matinée du 13 février, Rommel se rendit à Paris pour discuter avec l'état-major de l'OB West de la possibilité d'accroître le degré d'alerte à la côte sans nuire à l'entraînement.
Les 14 et 15
février, Rommel alla voir la 9. SS-Panzer Division "Hohenstaufen"
, le PC est à
Amiens, puis inspecta
le secteur de la Somme jusqu'à l'ouest de Dieppe.
Ces deux photos sont présentées par Jacques Béal dans
La guerre 39-45 dans la Somme (Editions Horvath, 1986), elles sont
reprises par Jean-Pierre Ducellier dans ce livre
comme ayant été prises à Amiens le 17 février 1944, l'auteur précise l'absence
de Ruge lors de ce déplacement (Ruge date cette visite au 14 ou 15 févier) et
est affirmatif sur la date du 17 par la présence sur le sol de neige fraîchement
tombée (voir la photo de gauche) dans la nuit du 16 au 17 Février. Il n'a pas
neigé les 14 et 15 Février ! ; à droite derrière Rommel, tête nue, le
SS-Gruppenführer und Generalleutnant der Waffen-SS
Wilhelm Bittrich
,
Kdr de la 9. SS-Panzer Division "Hohenstaufen"
.
Source. Rommel au Tréport à la mi février 1944, à gauche le General der Artillerie Johann "Hans" Sinnhuber , chef du LXXXII.(82) AK, à droite le Generalleutnant Paul Seyffardt, Kdr 348.ID depuis le 2 février 1944.
En beaucoup d'endroits la
défense avait réalisé de bons progrès: la 348.ID par exemple, avait posé 160 000
mines sur une longueur de 30 km. La
21.
Panzer Division
,
stationnée à l'intérieur, possédait 54 chars allemands, 28 français et 35
Sturmgeschütze (en fait des
7,5 cm PaK40/1
auf Geschützwagen Lorraine Schlepper (f))
Pourquoi citer cette division ici ? Le PC de la 21.Pz Div se trouvait à Meulan (Seine et Oise) d'après une carte OKH reprenant les forces blindés présentes en France le 26 février 1944. Même si on peut supposer que toute la division n'est pas regroupée autour de Meulan, il est douteux que des unités de la division se trouvent à l'Ouest de Rouen.
Au retour, Rommel
s'arrêta brièvement à
Auberville (Seine Inférieure) pour jeter un coup d'œil sur son ancien PC de 1940,
qui se trouve près de
Saint Valery en Caux sur la D68
Source. Château d'Auberville la Manuel, PC de Rommel en juin 1940. De nos jours.
Puis il visita le château de La Roche-Guyon, situé sur la Seine, à 50 km en aval de Paris, qui était envisagé comme nouveau quartier général.
Source. Château de La Roche Guyon.
Inspections du 14 et 15 février 1944
Rommel
et Guderian
assistèrent à
un Kriegsspiel du
Panzergruppe West. Les grands chefs commandant à l'Ouest
devaient se réunir le 21, au Q.G. du Führer
, mais la conférence fut repoussée à
une date indéterminée.
18
février, le maréchal
,
accompagné par Meise
et Ruge
,
partit pour la côte occidentale de
Bretagne.
Nous quittâmes le Q.G. à 7 heures et allâmes d'abord chercher le
General der Infanterie Günter
Blumentritt
à Paris. Les inspections commencèrent à
Saint-Nazaire à 14H15. Le
General der Artillerie Wilhelm Fahrmbacher
,
commandant du
XXV.AK, PC à
Pontivy (secteur de
Roscoff à
Pornic soit 816
kilomètres de rivage), se présenta le premier.
Sa division méridionale la
275 Infanterie-Division
,
Kdr
Generalleutnant Hans Schmidt
, secteur
de Vannes à Saint-Nazaire, PC
à Redon
(Ille et Vilaine) constituait
bien la plus disparate que nous eussions encore vue.
Ensuite pour la
Kriegsmarine
présentation
par le
Konteradmiral
Hans Mirow
, Kommandant
der Seeverteidigung Loire de la défense de l'estuaire de
la Loire.
A 14H50,
inspection
du port et visite du
chantier naval de Penhoët, d'un bunker hôpital, des bunkers
pour sous-marins.
Le Vizeadmiral
ZV Witold Rother
, Oberwerftdirektor bzw. Werftkommandant an der Kriegsmarinewerft Saint-Nazaire
(directeur
de l'arsenal),
a exposé la situation
Source à gauche. Base sous-marine de Saint-Nazaire, le 18 février 1944, Rommel et Fahrmbacher (la main tendue, en noir Hafenkommandant Saint-Nazaire F. Kapitän Ernst Kellermann. Source à droite: Kellermann, Rommel et Fahrmbacher)
Ensuite, déplacement vers le point d'appui Nz 313 à Ville-ès-Martin. A 15H45, visite du StP Nz 305 de la M.K.B. Behncke-West (3./M.A.A. 280) dans le vieux fort français à la pointe de l'Ève. Quatre pièces de 17 cm SK L/40.
Source Alain Chazette. Batterie « Behncke « du cap de L'Ève : plan et visite de Rommel en compagnie de Fahrmbacher (à droite).
Ensuite, un bunker 677 à La Baule, avec à l'intérieur un 8.8 cm Pak 43/41. Dix minutes après, visite des Stp. T.39 à Mazy, entre Pornichet et La Baule.
En fait le
Tu39 : La Baule Mazy : Vf58c x 8, VfIc116 x 2, R120, R501 x 2, R638, Ls. Bunker,
SK/Doppelschartenstand 5cm Kwk x 2, R660b x 2, 5 cm Kwk L/42 x 2, 3,7 cm Pak
35/36. Source:
.
Visite à Saint Nazaire le 18 février 1944. AGRANDISSEMENT
Ensuite, déplacement vers La Baule, Guérande et La Turballe, vers Le Brandu : inspection Wn T14.
En fait
Tu14 : Le Brandu : R613, R622, Vf58c x 3, R677 x 2, R612, Vf Ic116 x 2,
Wasserbunker x 2, 7,5 cm FK 235 (b), 8,8 cm Pak 43/41 x 2. Au
Brandu (Tu14), une casemate R612 et une casemate R677 respectivement pour 7.5 cm
FK 235 et 8.8 cm Pak 43/41 couvrent le secteur nord de la grande plage de la
Turballe.Source:
.
Le 18 février 1944 de La Baule au Brandu
Photo BA. Rommel et Fahrmbacher de chaque côté du 8.8 cm du Brandu le 18 févier 44
Après le dernier point d'appui déplacement de 100 km. par
Mesquer,
Herbignac,
La Roche-Bernard,
Vannes,
Auray,
Crach,
La Trinité et
Carnac,
vers la presqu'île de
Quiberon.
Arrivée à 18H40 au port de Saint-Julien. Visite
des
alignements préhistoriques de Carnac, A
la fin de la visite le Generalleutnant Hans Schmidt
a pris congé. Rommel
et sa délégation se
sont rendus à
Quiberon..
Ils ont pris le repas à la Soldatenheim et y ont passé la nuit.
Inspections du 18 février 1944
La journée du 19 février, 08H00 petit déjeuner. A 08H30, une conférence, au Foyer du Soldat de Quiberon, sur la défense de Saint-Nazaire, puis sur les voies et moyens permettant de gêner l'approche de la terre et le débarquement. Ensuite, on a discuté de la situation de la Kampfgruppe Polster (LVIII. Reserve-Panzerkorps) implanté dans la zone arrière du Corps d'Armée.
Oberst Kurt Polster
, Kdr du
Reserve-Panzergrenadier-Regiment 81 (179.Res.Pz.Div.)
PC à
Monfort-sur-Meu (20 km ouest de Rennes).
Nous vîmes tout d'abord un point d'appui à
Étel, au sud-est
de Lorient.
Là,
Rommel
a rencontré le
Generalleutnant Walther Düvert
,
Kdr de la
265.ID
stationnée
de Douarnenez à Étel (270 km), PC à l'Hôtel de ville de
Quimperlé.
Ensuite, direction
Port-Louis,
où le Festungskommandant Lorient, l'Oberst Karl Kaumann, s'est
présenté à Rommel
.
Citadelle de Port Louis, le 19 février 1944 de g. à d. : Fahrmbacher, Meise, Rommel et le Generalleutnant Walther Düvert , Kdr de la 265.ID, l'un de ses régiments défend la Festung Lorient.
Ensuite, acheminement en voiture, par les ponts du Bonhomme et Saint-Christophe, à Lorient, vers 10H00 puis vers La Perrière et le bunker pour sous-marins Kéroman III. Le port servait alors de base pour sous-marins qui constituait, en quelque sorte, le noyau de la défense.
Visite à Lorient le 19 février 1944
Rommel
fût ravi d'apprendre que l'Organisation Todt
construisait des
hérissons en béton en grosse quantité pour les obstacles en
avant des plages,
visite à 11H00.
Source. Rommel avec des tétraèdres en béton à Lorient le 19 févier 1944, tout à fait à droite avec des lunettes le General der Infanterie Günter Blumentritt.
Ensuite,
à 11H25, exposé du Hako
Lorient, visite des trois bunkers pour
sous-marins de Kéroman. Par la suite,
le tour en a été fait par l'Oberwerft-direktor (directeur de l'arsenal),
Werftkmdt. Lorient,
K.Adm.
Walter Matthiae
. Puis,
visite à 12H00 de Stp. cote 40, à l'extérieur
du Festung Lorient juste au sud de Saint-Mathieu.
Puis
trajet de 50 km par
Guidel,
Clohars-Carnoët,
Moëlan-sur-Mer,
Riec-sur-Belon et
Pont-Aven vers
Concarneau. Sur la jetée, inspection d'un groupe de
défense,
déplacement par
La Forêt-Fouesnant vers
Bénodet où, à 13H30,
on a pris le déjeuner
à la Soldatenheim.
Visites du 19 février 1944 de Lorient à Bénodet
Transit
par
Pont-l'Abbé vers
Audierne.
Arrivée à 15H15.
Sur place Rommel a
pris congé du
Generalleutnant Walther Düvert
. Ensuite, direction la baie de
Douarnenez où
Fahrmbacher
a
brièvement expliqué
l'intérêt
des lieux à 16H10. Pour se former une image de la côte, la délégation
s'est déplacée sur la plage (vers 16H35).
Une photo prise au StP Qu16 Lezongar à Esquibien avec une tourelle de char Somua S35.
Source. De gauche à droite: Blumentritt, Ruge, de profil Düvert, Rommel et Fahrmbacher. Localisation au Sud-ouest d'Audierne.
Après,
déplacement par Saint-Nic vers
Crozon où le commandant de la
343.ID,
QG à
Landerneau (Plouescat -
Crozon, 170 km de
côte),
le
Generalleutnant Erwin Rauch
a rejoint à la délégation. Par la suite, direction
la
Pointe des Espagnols
qui se trouve en face de
Brest. Là à 17H40, Rommel
a écouté un
exposé de Fahrmbacher
sur le port. A la fin de cette journée,
visite de la
H.K.B.1274 proche de
Camaret,
StP C342 Pointe du Grand Gouin, à 18H15.
Cette batterie
était composée de 4
canons K.532 (f) de 22
cm dans un dispositif ouvert.
Finalement,
déplacement à
Morgat
sur la baie de Douarnenez
pour le dîner et l'hébergement.
Inspections du 19 févier 1944 de Bénodet à Morgat.
Le dimanche 20 février, départ à 07H45
de Morgat pour Brest par le pont de Térénez, Le Faou et le pont Albert Louppe. En plus des membres de l'état-major de Rommel
, les généraux
Farhmbacher
et
Rauch
étaient présents.
A 08H40, début de la visite de la Festung. Les sites militaires les plus importants étaient les U-Bootebunkers et sur une grande superficie les réservoirs de carburant bétonnés en forme de coupole, l'Ecole navale et le Fort de Portzic.
Source. Vue aérienne de la base de sous-marins de Brest après le conflit. Au second plan : l'Ecole navale
Source. Stützpunkt Olberg (parc à carburants).
A l'Ecole
navale, Rommel
a rencontré le commandant
de Festung,
l'Oberst. Hans
von der Mosel
, le commandant de l'arsenal,
Vizeadmiral (Ing.)
Alfred Schirmer
,
et le
Seeko. Bretagne,
K.Adm Otto
Kähler
. Grâce aux exposés de Kähler
et
Fahrmbacher
, Rommel a reçu l'information
nécessaire sur la défense.
Ensuite,
déplacement
à 11H00
vers
Kermorvan
et l'embouchure
de l'Aber-Ildut.
Arrivée à 11H30
Fahrmbacher a fait un exposé. Peu après,
direction:
Argenton,
Ploudalmézeau,
Lannilis et
Landéda vers
la cote 37,
située à l'anse
de
l'Aberwrac'h
(12H30) où Farhmbacher
a commenté les points importants de la défense.
A 12H45, visite de la H.K.B. 1273 (4 x 105 K. 331) près de Lannilis. Par la suite déplacement par Lannilis, Plouguerneau et Guissény vers Goulven. Visite du point 64 où le P.C. d'une batterie était établi. Rommel y a observé la perspective de la grève de Goulven, une baie située entre les pointes de Brignogan et de Plouescat
A 14H00,
la délégation s'est
dirigée par
Keremma
et Plouescat vers le point géodésique 58.
Un quart d'heure
plus tard on s'est
rendu par
Landivisiau et
Saint-Sauveur à
Commana, dans le
secteur de la 353.ID
.
Entretien avec son commandant,
le
Generalleutnant Paul Mahlmann
,
PC à
Huelgoat,
à propos de sa mission: la défense des collines des
Monts
d'Arrée.
Les sites importants étaient le carrefour situé au sud de Commana et du
Mont
Saint-Michel
de Brasparts
où des équipements spéciaux étaient mis en place:
appareils radars du type Bernhard, Wotan 1 et II pour le
contrôle des avions.
Source. Système allemand de radionavigation Bernarhd.
A 14H45,
repas,
une simple terrine,
à la cuisine roulante des Monts d'Arrée,
dans une tente près du carrefour de
Roc'h-Trévezel.
A 15H30,
nous avons
pris congé Fahrmbacher
et de
Mahlmann
.
Au retour, Rommel voulut visiter de nouveau le Q.G. de la 7.
Armee (au Mans), où, à cause de la mauvaise essence de sa voiture, nous
arrivâmes avec du retard. La conversation, à laquelle Blumentritt
participa, montra que Dollmann
était désormais, lui aussi, « complètement acquis aux
idées du maréchal ».
Lors
du retour du
Mans,
Blumentritt
pris
congé de la délégation
à
Etampes, PC du
Luftgaukommando
West,
pour continuer
seul
jusqu'à
l'Hôtel
George
V
à
Paris. Rommel
et les
membres de l'état-major
ont continué jusqu'à
Fontainebleau
où
ils
sont arrivés
à 21H35.
.
Inspections du 20 février 1944
A
cette époque, le maréchal alla passer dix jours en Allemagne afin de se détendre
et de pouvoir réfléchir calmement, loin du travail de son état-major.
Il eut chez lui durant cette permission
un entretien avec les docteurs
Karl Strölin
,
maire de Stuttgart,
et
Carl Friedrich Goerdeler
,
maire de Leipzig deux dirigeants de l'opposition clandestine déjà rencontrés en
décembre 1943.
Source
MARS
6 mars, au
matin, commença une tournée de quatre jours sur les côtes normandes et bretonnes.
Gause
,
Meise
et
Ruge
accompagnèrent le maréchal
d'abord à la
711.ID
que son énergique commandant, le
Generalleutnant Josef Reichert
,
tenait manifestement bien en main. Son secteur couvrait 34 kilomètres de
littoral entre la Seine et l'Orne (non de
la Dives).
Source le site officiel de la Batterie de Merville
Sur les 45 000 mines qui lui étaient affectées, 25 000 se trouvaient déjà en place et il existait quatre kilomètres d'excellentes obstructions en avant des plages. Les abris bétonnés pour l'artillerie de côte étaient soit achevés, soit en cours d'achèvement. Les appareils de radio pour les communications entre les postes d'observation et les batteries, et entre les centres de résistance, manquaient en grande partie. Impossible d'escompter que les réseaux de barbelés survivraient à un puissant bombardement.
Selon ce site Rommel visita la batterie de Merville le 6 mars 1944, avec la présentation de cette photo:
Rommel à Merville. Voir ici des commentaires
La Batterie de Merville Wn01, 4 obusiers 10 cm Lfh 14/19 (t) d'origine tchèque, sous les ordres de l'Hauptmann Wolter de la 1.Kp/AR 1716, le Poste avancé est occupé par une section de la 3.Kp/GR 736.(716.ID)
La 716.ID
.
(Generalleutnant
Wilhelm Richter
) dans le secteur voisin à l'ouest, s'apprêtait à transférer à
la 352.ID
,
Kdr
Generalleutnant Dietrich Kraiß
la moitié gauche de son territoire, beaucoup trop large. La défense de
la côte s'en trouverait considérablement renforcée mais 40 à 50 kilomètres pour
chacune de ces deux divisions, c'était encore trop.
La division avait posé 62 000 mines en février et espérait porter ce nombre à 100 000 en mars, pour l'ensemble de son secteur. Huit kilomètres d'obstructions littorales étaient prêts. Par endroits, il fallait enfoncer les pieux au bélier, le sol étant très dur, et, en ces points, il était avantageux de remplacer ces pieux par des obstacles antichars belges.
Bélier pour enfancer des pieux. Installation de portes belges sur l'estran.
La construction
des abris bétonnés demeurait en retard, l'Organisation Todt
n'ayant, paraît-il, pas encore reçu les plans nécessaires.
A 18 heures, nous eûmes une conférence au Foyer des Officiers de la division, à
Caen. Le
General der Artillerie Erich Marcks
y assista
également. Nous dînâmes avec
l'état-major divisionnaire et couchâmes dans un hôtel de Caen.
Sous
réserve à l'hôtel d'Angleterre, rue Saint Jean.
L'hôtel d'Angleterre,avant et après les bombardements de 1944.
7 mars, à 07H30, nous partîmes pour Riva-Bella (Ouistreham) à l'embouchure de l'Orne, puis
longeâmes la côte vers l'ouest, accompagnés par le
General der Artillerie Erich Marcks
,
Kdr du
LXXXIV.(84)AK et les chefs
des 716.ID, et 706.ID (erreur cette division n'exista pas, certainement
la
709.ID
, Kdr
Generalleutnant
Karl-Wilhelm von Schlieben
).
Rommel inspecta les obstacles en avant des plages, des positions et des points
d'appui, et les quelques inondations réalisées dans le secteur des deux
divisions.
Rommel inspecte des obstacles de plage, localisation inconnue.
"Champs de mines et obstruction insuffisants presque partout" nota-t-il. A l'ouest de l'embouchure de l'Orne, en particulier, il n'existait pas du tout d'obstructions. Rommel donna l'ordre impératif de commencer leur construction dans chaque secteur de bataillon, sans se préoccuper de ce que faisaient les voisins. Il réclama aussi une plus grande profondeur pour les champs de mines, qui devrait atteindre mille mètres jusqu'à nouvel ordre, et recommanda de compléter le système par des champs de mines simulés.
Dans la lecture des panneaux portant le sigle Minen, l'inclinaison des lettres était vitale: si celles-ci penchaient vers la droite, le panneau protégeait un véritable champ; quand elles s'infléchissaient vers la gauche, le danger était fictif, le sol vierge. Les balisages indiquaient aussi à ceux qui savaient les lire de quel type de mines il s'agissait. Source.
Collection Bunker 14
Nous déjeunâmes au Foyer du Soldat d'Ourville, près de Cherbourg, puis descendîmes la côte occidentale du Cotentin jusqu'au petit port de Carteret.
Sous réserve il doit s'agir d'Urville-Hague à l'Ouest de Cherbourg.
Source. Voir la pancarte du Soldatenheim.
Il existait presque partout des plages favorables à un grand débarquement mais, en arrière, s'élevaient des falaises assez escarpées. La côte étant exposée aux vents d'ouest, l'ennemi n'y effectuerait vraisemblablement pas son attaque principale, mais il pouvait y aborder, si cette attaque principale avait lieu sur la côte orientale. Or, elle était tenue très faiblement, les secteurs de bataillon ayant 20 km de large. Rommel ordonna d'amener à l'avant l'ultime compagnie de réserve. Dans cette zone, la solution consistait à organiser des centres de résistance, bien armés et protégés par des mines, dont quelques-uns pouvaient déjà surveiller et battre les plages en forme de faucille et longues d'une dizaine de kilomètres.
Les falaises
seraient minées et des obstacles construits en avant du rivage. Le général
Marcks se sépara de nous à
Coutances, limite de son secteur.
Inspections des 6 et 7 mars 1944
Nous
continuâmes jusqu'à
Granville pour jeter, un bref coup d'œil sur le port.
Malheureusement, des mines coupaient la route littorale plus au sud, nous dûmes
donc emprunter la route nationale plus à l'intérieur et arrivâmes à la nuit
faite à Dinard, sur la rive occidentale de
la Rance, en face de
Saint-Malo. Le
General der Infanterie Erich Straube
(LXXI.AK.
non
LXXIV.(74)AK) nous y reçut à la villa
Mond.
Source. La villa Castel Mond à Dinard (35).
8 mars, nous
partîmes à 07H30, à
Belle-Isle-En-Terre
(Côte du Nord), QG du
Generalleutnant
Karl Spang
Kommandeur de la
266.ID),
à 09H30 conférence avec le commandant de la
266.ID. et celui de la
3.Fallschirmjäger-Division
, Kommandeur
le
Generalleutnant. Dipl.Ing. Richard Schimpf
stationnée plus à l'intérieur
(QG
à Huelgoat, Finistère).
Source. Le manoir de Le Gollot à Plounévez-Moëdec (4 km au Nord-ouest de Belle-Ile-en-Terre), PC de la 266.ID et lieu de la conférence du 8 mars 1944.
Ensuite, 10H30 à
Lannilis, au nord de
Brest, nous inspectâmes les formidables obstructions déjà
réalisées: pieux en fer et en bois, blocs de ciment, courbes d'arrêt, radeaux
soutenant des mines; madriers ancrés portant également des mines, rails fixés
dans du béton, hérissons tchèques, butoirs,
poutres avec mines et rouleaux de
barbelés. L'état-major du corps, celui de la division et la troupe avaient
étroitement collaboré pour appliquer les idées développées par Rommel
lors de sa
première visite.
Collection Michel Grimaud. Photo prise à Lanilis le 8 mars 1944, Rommel examine une poutre en béton minée.
Après avoir barboté dans l'eau, autour de ces obstacles, nous allâmes voir les champs de mines de l'intérieur. Nous déjeunâmes au Foyer du Soldat du Val-André, installé dans la villa d'un homme politique français (André Cornu, villa "Min-Glaz"), avec une très belle vue sur la mer.
Source à gauche, collection Michel Grimaud. Rommel quitte la villa "Min-Glaz"; à droite de nos jours.
Dans l'après-midi nous gagnâmes Saint-Malo, via Dinard et le bac, inspectâmes la partie Est de la festung Saint-Malo, puis, d'une hauteur située près de Cancale, regardâmes la vaste baie du Mont-Saint-Michel.
Nous dînâmes à la
villa Mond où le colonel von Aulock
,
Festungskommandant Saint-Malo, se montra un convive
très amusant et cordial.
9 mars, le programme prévoyait que nous longerions la côte à l'est de Cancale, puis
que nous nous rendrions à
Fougères pour voir l'état-major de la
155.
Reserve-Panzer-Division, Kdr
Generalleutnant Max Fremerey
et enfin au Mans
pour nous entretenir avec le chef de la
7.Armee
, le Generaloberst Friedrich Dollmann
.
Mais, en
inspectant un poste à quelques kilomètres du Mont-Saint-Michel, Rommel
décida
des'y rendre. Bien qu'il ne fût pas encore 11 heures et contrairement à toutes
les habitudes, nous déjeunâmes au célèbre
restaurant Poulard, avec la fameuse
omelette qu'on prépare sur le feu de bois de la cheminée, devant les
consommateurs.
A 12 h
00, déplacement vers Fougères où le Q. G. du LVIII.
Reserve-Panzerkorps
était établi. Entretien avec le
General der Panzertruppen Walter Krüger
.
Entre-temps, une unité de combat assez forte s'était constituée sous ce
commandement. Uniquement au sein du Reserve-Panzerjäger-Abteilung 5 de la
155. Reserve-Panzer-Division,
plus de 60 chars du type
Pz.Kpfw.
III et
IV,
étaient déployés.
A la 7.Armee (au Mans,
à la Mutuelle Générale Française, rue Chanzy),
Rommel exprima sa satisfaction pour les progrès réalisés mais souligna la
nécessité de poursuivre énergiquement les efforts dans tous les domaines. En ce
qui concernait l'engagement de la 352.ID
, à l'ouest de la 716.ID
, il proposa,
contrairement à ses ordres mais pour tenir compte de l'opposition de l'OKW,
de n'en porter qu'une faible partie à la côte, de façon qu'on pût la retirer à
tout moment. Départ du Mans à 16H00 pour La Roche-Guyon.
Inspections des 8 et 9 mars 1944
Presque
dès son arrivée en France, Rommel
déclara que Fontainebleau était trop éloigné
de la côte, et chercha un emplacement plus favorablement placé par rapport au
front probable du
débarquement pour y installer son quartier général.
Les recherches
s'orientèrent d'abord en direction du littoral de la Manche, et il demanda à
l'OKW. de lui affecter un Q.G. déjà préparé lors de l'opération
«
Seelöwe »,
dans la région de
Soissons, au
nord-est de Paris, qui occupait une position plus centrale en arrière de la côte
s'étendant de l'Escaut à la Seine et à 150 kilomètres seulement, à vol d'oiseau,
de l'embouchure de la Somme.
Il s'agit du Wolffsschlucht 2 (ravin du loup) à Margival-Laffaux (Aisne).
La proposition fut rejetée, mais il avait déjà changé d'idée sur l'emplacement le plus propice. Il choisit la Roche Guyon, localité possédant un château, à une cinquantaine de kilomètres en aval de Paris, sur la rive nord de la Seine, en dehors du grand trafic routier, mais proche de plusieurs grandes voies de communication. Elle se trouvait plus loin que Soissons du Pas de Calais, mais plus proche d'au moins cent kilomètres de la baie de Seine et de la Normandie occidentale.
Nous y arrivâmes le 9 mars 1944, à 19 heures. Le château, construit et transformé du XIIe au XVIe siècle, est au pied d'une falaise, Au cours du temps les habitants avaient pratiqué dans la paroi calcaire des couloirs et grottes où nos sapeurs n'eurent aucune peine à aménager des centraux de transmissions, des magasins et des abris. Le château n'est ni très vaste ni très somptueux. Il ne put recevoir qu'une partie de l'état-major, le reste se logea dans la localité.
10 mars, dans la matinée, installation officielle eut lieu,
Rommel
reçut le
General der Pioniere
Alfred Jacob
, spécialiste du
Génie à l'OKH, et un autre officier général de la même arme. Dans l'après-midi,
le
General der Flieger Wilhelm Wimmer
, commandant de la région
aérienne de Belgique et du nord de la France, vint conférer avec le maréchal.
11 mars, Rommel, accompagné du seul
Obstlt.i.G.Anton Staubwasser,
partit pour effectuer une tournée de deux jours dans le secteur compris entre la
Somme et le Pas-de-Calais, où l'OB West
et l'OKW, voyaient toujours la région probable de l'attaque
alliée. La
344.ID, Kdr le
General
der Infanterie Felix Schwalbe
installée au nord de la
Somme, PC à
Villeroy-sur-Authie. (Somme), avait ses deux régiments sur la côte, avec les réserves immédiatement
en arrière. Cette division dépend du
LXVII.AK, PC à
Naours (Somme) Kdr le
General der Infanterie Walter Fischer von Weikersthal
.
Source. Baie de Somme le 11 mars 1944. Photo de gauche, à droite avec des
lunettes l'Hauptmann Helmut Lang, aide de camp de Rommel. Le
General
der Infanterie Felix Schwalbe
et le
General der Infanterie Walter Fischer von Weikersthal
avec Rommel
La 344.ID et la
49.ID ,
Kdr
Generalleutnant Siegfried Macholz
sa voisine du
nord, PC à Montreuil sur Mer, avaient également
constitue une sorte de front terrestre avec de vastes champs de mines encore en
partie non effectifs, séparés par des centres de résistance (Wiederstandnest = Wn) ou se
trouvaient les
réserves, le
train et les services de l'arrière.
12 mars, il en fut de même pour la seconde journée qui commença à Boulogne. Le Hafenkommandant Boulogne le Fregattenkapitän Günther Klamroth.
Source. Rommel à Boulogne, photo non renseignée.
Le PC de la Festung était au Mont Lambert, Festung Kommandant
Boulogne le
Generalmajor Wilhelm Kunze.
Cette
« forteresse
»,
tenue par 4 500 hommes,
possédait 488 mitrailleuses. 51 mortiers, 41 pièces antichars de
2,5 à 8,8 cm, 10 canons de calibre allant jusqu'à 10 cm, 20 de 19,4 cm, 10 75 de
campagne, 7 pièces de 5 cm sous béton la
Flak. comptait
20 pièces de 8,8, 9 de 3,7 et 24 de 2 cm. Le front de mer était très fort, le
front terrestre presque complètement aménagé et occupé par de l'infanterie en
densité suffisante. La présence de la 439.ID
non la
349.ID elle partira sur le front de l'Est en avril 1944, Kdr
General der
Infanterie Otto Lasch
à
l'arrière, PC
à
Blendecques
(Pas de Calais),
rendait encore la situation plus
facile pour le
commandant.
La 47.ID
voisine n'avait construit que 12 km
sur 55 d'obstructions, par ailleurs les conditions étaient satisfaisantes, 62
batteries se trouvaient en avant du secteur, et des fractions de la 349.ID en
arrière. Dans le port, le maréchal
inspecta un champ d'essais pour obstacles,
aménagé par les marins. Inspection au Nord de Boulogne du
fort de la Crèche.
Localisation du Mont Lambert, commune de Saint-Martin-Boulogne et du Fort de la Crèche à Wimereux.
Après une conférence au Foyer des
Officiers de Boulogne, il visita encore le PC de la
326.ID
à Fruges (Pas
de Calais),
Kdr
Generalleutnant Viktor von Drabich-Wächter
.
Inspections du 11 et 12 mars 1944
13 mars, le maréchal
conféra avec le
Militärbefehlshaber Nord - West Frankreich, le
Generalmajor
Erwin Vierow
au sujet de ses missions et de l'engagement de ses forces. Dans
l'après-midi, par très beau temps, nous fîmes une - promenade armée - au nord du
château, à
travers des prairies et des bois.
14 mars,
Rommel
repartit en tournée, accompagné, cette fois, par
Meise
,
le major
Winrich Behr
et
Ruge
. Behr arrivait de Russie et représentait le type même du jeune officier
d'état-major. Tandis que nous gagnions Canteleu (Seine Inférieure) au PC du
LXXXI.AK du General der Panzertruppen Adolf Kuntzen
qui exposa la situation de son corps de façon très claire Nous visitâmes
ensuite, à l'est du Havre, les secteurs de la
245.ID, PC à
Saint Vaast d'Équiqueville (Seine Inférieure),
Kdr
Generalleutnant Erwin Sander
et la
17.Luftwaffen-Feld-Division
,
Kommandeur le
Generalleutnant Hans Kurt Höcker
,
PC
au château
d'Auberville la Renault
(Seine Inférieure).
Les
petits ports d'Yport
et d'Étretat
paraissaient bien défendus. Dans la soirée nous approchâmes du Havre
par le nord et visitâmes les travaux de la batterie de 38 cm de la Kriegsmarine
,
installée sous casemate.
Batterie lourde de la Corvée (également dénommée batterie du Grand-Hameau) à Bléville, quartier Nord du Havre, pour trois canons de 38 cm, destinés à l’origine au cuirassé Jean-Bart (dénomination allemande : 3 x 38 cm K.M. 35/36 (f))
La plage possédait de bonnes obstructions.
Le
Festungkommandant Le Havre
le
Generalmajor Walther Leuze
,
et le
Konteradmiral Hans-Udo von Tresckow
assistèrent au
dîner,
pris au Foyer du Soldat.
15 mars, par légère brume nous gagnâmes Bolbec, où la 346.ID. se trouvait en seconde ligne (dans la région de Bolbec - Yvetot et Le Havre, PC au château de Baclair à Nointot / Raffetot ).
Extrait carte Gliederung im Bereicht OB. West Stand: 3.6.44
L'état-major logeait dans une très
jolie maison. Le
Generalleutnant Erich
Diestel
exposa sa situation.
La
84.ID
voisine,
PC à
Doudeville,
en cours de
constitution, ne pouvait s'engager que partiellement. Son commandant
le
Generalleutnant Erwin Menny
était un vieil
africain,
de sorte que les souvenirs de
Tobrouk
furent évoqués. Un exercice fût exécuté avec munitions et grenades de combat. Le
maréchal
prononça une allocution devant le bataillon.
Source photo gauche. La Horch 830 BL de Rommel. Source photo droite. le PC à Doudeville (Seine Inférieure).
Source. Rommel avec le Generalleutnant Erwin Menny. Noter la bande de manche Afrikakorps.
Nous rentrâmes au Q.G. au début de l'après-midi.
16 mars, en fin de matinée,
Rommel
s'entretint avec le
General der Panzertruppen Leo Geyr
von Schweppenburg
Kdr
du
Panzergruppe West.
Rommel fut convoqué à
Berchtesgaden pour les
19 et 20 mars.
Il emmena l'Oberstlt.
i.G. Hans-Georg von Tempelhoff
. Interdiction leur fut faite de prendre un avion, aussi partirent-ils
en voiture, le 17 au soir, pour monter dans un train spécial
à Paris. Le maréchal utilisa la journée d'avant le départ à rédiger un rapport sur les résultats de son activité et sur ses projets, à l'intention de la troupe et pour servir de base à ses entretiens avec le Führer
.
Il croyait avoir atteint son but, car, en revenant à la Roche-Guyon, le 21 mars, il nota dans son journal: « Suis satisfait des résultats. Le Führer s'est rallié sans réserve à mes conceptions sur la défense de la côte, et a promis de remanier l'organisation du commandement. » Les événements allaient montrer qu'il y avait là trop d'optimisme, la promesse ne fut pas tenue.
Du
23 au 27 mars, le maréchal
effectua une tournée d'inspection aux
Pays-Bas, en compagnie du
General der Pioniere Dr.-Ing. Wilhelm Meise
, de
l'Oberst Hans Lattmann,
de l'Oberstlt.
i.G. Hans-Georg von Tempelhoff
et du Vizeadmiral Friedrich
Oskar Ruge
. Nous partîmes à
06H30 et arrivâmes vers midi à
Bruxelles,
où le
General der Infanterie z.V.
Alexander von Falkenhausen
, Militär-Befehlshaber
in Belgien und Nordfrankreich, nous reçut.
Rommel
se confie, pour la première fois, à un militaire. Il va avoir une longue
conversation « à cœur ouvert» avec le vieux général, héros de la première guerre
mondiale et qui fut jadis son professeur à l'école militaire de Dresde. Source
.
Nous nous rendîmes ensuite à
Utrecht où nous rejoignîmes
le
General der Infanterie Hans Wolfgang Reinhard
, commandant le LXXXIX.AK, Non le LXXXVIII.AK, GQ à Utrecht, l'Admiral
Erich Förste
,
Oberbefehlshaber des
Marineoberkommandos Nord et le Vizeadmiral Gustav Kleikamp
,
Kommandierender Admiral in den Niederlanden.
Reinhard
, bien au courant,
fit un exposé très clair de l'état des inondations pour
protéger les positions fortifiées par de vastes surfaces liquides.
Ensuite nous nous rendîmes chez
le
General der Flieger Friedrich Christiansen
,
Wehrmachtsbefehlshaber in den Niederlanden, qui nous reçut très
aimablement.
La localisation
de la résidence du général
Christiansen
n'est pas indiquée, soit à
Hilversum,
soit à
Amstelveen dans une
villa sise, Charlotte van Montpensierlaan.
Inspections du 23 mars 1944.
Source. Rommel (à sa gauche en retrait Tempelhoff) et Christiansen (pantalon avec rayures) aux Pays-Bas.
Le
Staatssekretär
Friedrich Wimmer
, représentant le gouverneur, et les
amiraux Förste
et Kleikamp
dînèrent avec nous. La journée
avait été chargée et l'on se sépara de bonne heure.
24 mars, à 7 heures, nous
partîmes pour Le Helder, principal port militaire de la Hollande. Au Foyer du Soldat de
Bergen-op-Zee,
Rommel
conféra avec Förste
.
Nous inspectâmes la
«
Vordere
Wasserstellung », le secteur d'Amsterdam
et le port d'IJmuiden,
où se trouvait un
abri bétonné pour vedettes rapides
et une puissante artillerie, Kommandeur Festung IJmuiden
Oberst Peters.
Photo de gauche: source; photo de droite: source. Bunker pour " Schnellboote" à Ijmuiden en Hollande.
Nous déjeunâmes, après une conférence, à Wassenaar. A Scheveningue, le commandant nous exposa l'organisation de la défense et ses plans. Le FestungKommanadant est le SS-Oberführer Erwin Tzschoppe, Kdr des Kürstenverteidigungsabschnittes Scheveningen in Niederlande.
A gauche: ensemble fortifié du Stützpunkgruppe Scheveningen. A droite: une des 6 pièces de 8.8 cm type fl 243a de la SS-Flak Batterie Clingendaele (SS-Flak-Batterie/Gren.Rgt. 1 Landstorm Nederland)
A gauche: Romel avec le SS-Hauptsturmführer Otto Schlichenmaeir, Pionierführer und Stellenbau-Offizier. Au centre: Rommel à Scheveningen. A droite: Source. Rommel et le SS-Oberführer Erwin Tzschoppe
Nous nous installâmes pour la nuit au Parkhotel de
Rotterdam.
Nous dînâmes au Foyer des Officiers de la Kriegsmarine
avec
le
Generalmajor Carl Wahle
,
Kdr de la
719.ID
et le commandant du port (Hafenkommandant
Rotterdam, Kapitän
zur See Heinrich Jess)
Inspections des 24 et 25 mars 1944.
26 mars,
nous repartîmes à 7 heures pour
Hoek-van-Holland où nous rencontrâmes le commandant de
la forteresse (Oberst Neumann, Kommandeur Infanterie Regiment 723
(719.ID
).
Après. avoir entendu le rapport du commandant de port sur la défense de celui-ci, nous passâmes dans l'île de Beer pour inspecter le réduit central et à côté, la batterie lourde de la marine de Rosendahl. La MKB Rozenburg équipée de 3 canons de 28 cm SK C/34 provenant du Gneisenau.
Source. Le 26 mars 1944, Rommel visite la batterie MKB Rosenburg.
Nous poursuivîmes vers l'île de
Voorne et, par les ponts de
Moerdijk et
de
Willemstadt, nous gagnâmes
Bréda où
Rommel
exprima toute sa satisfaction au commandant de la 719.ID
,
le
Generalmajor Carl Wahle
.
Coucher à l’hôtel, le bruit de la présence de Rommel
se répandit sans doute, car une foule assez considérable
se rassembla devant l’hôtel.
Inspections du 26 mars 1944
27 mars,
rapport du commandant du LXXXIX.AK,
le
General der Infanterie Werner Freiherr von und zu Gilsa
, à
Anvers.
Ensuite traversée du secteur de la 712.ID
,
Kdr le
Generalleutnant Friedrich-Wilhelm Neumann
.
PC à
Oostburg
(Belgique) dont l'état de préparation était tout à fait
insuffisant.
La
48.ID
PC
à Diksmuide (Belgique), Kdr le
Generalleutnant Karl Casper
se présentait beaucoup mieux. Avant le déjeuner, pris au Foyer du Soldat
d'Adinkerque
(Belgique), le maréchal
écouta le rapport du
Vizeadmiral Friedrich Frisius
,
Kdr
der
Seeverteidigung Pas de Calais.
A
Calais les travaux avançaient aussi de façon satisfaisante.
Après Abbeville, le maréchal se rapprocha
encore de la côte malgré l'heure tardive et, à 19 heures, dans la région d'Ault,
à l'ouest de la Somme, découvrit une portion de plage complètement
dépourvue de toute obstruction dans le secteur de la 348.ID, Kdr
le Generalleutnant Paul Seyffardt
. Après quoi, il
rentra à La Roche-Guyon.
Inspections du 27 mars 1944
29
mars, le
General der Infanterie Hermann Geyer
vint
prendre congé de Rommel
avant
de rentrer en Allemagne. Il déjeuna avec nous.
Dans
l'après-midi, Rommel
avait convoqué les commandants du Génie ( Kommandeure der Pioniere) pour leur
inspirer une ardeur plus grande dans l'accomplissement de leurs missions sur la
côte.
Le
lendemain (30 mars) Rommel se rendit avec Gause
sur le
littoral de la baie de Seine pour voir les progrès réalisés dans la construction
des obstacles de plage. Il commença par la 711.ID
,
Kdr le Generalleutnant Josef Reichert
.
Au PC
de la 716.ID
,
à Caen, eut lieu un entretien avec le
General der
Artillerie Erich
Marcks
,
que suivirent les rapports
des commandants des 382.ID (Non 352.ID
),
Kdr Generalleutnant Dietrich Kraiß
,
PC à
Littry
et 77.ID
,
Kdr
Generalleutnant Walter Poppe
,
secteur entre Caen et Falaise, PC à
Saint André sur Orne.
A 19
heures, au Q.G. du LXXXI.AK.
à Canteleu (Seine Inférieure) Rommel
eut avec le
Generalfeldmarschall
Gerd von Rundstedt
une conférence
à laquelle assistèrent le
Generalleutnant Rudolf Hofmann
, chef
d'état-major de la 15. Armee et le
General der Panzertruppen Adolf Kuntzen
,
Kdr
LXXXI.AK.
31
mars, l' Admiral
Theodor Krancke
Oberbefehlshaber des
Marinegruppenkommando West vint déjeuner avec
son chef d'état-major, le
Konteradmiral
Karl Hoffmann
.
Dans
l'après-midi, réunion entre Rommel
, Gause
et Tempelhoff
avec le General der Infanterie Günter Blumentritt
,
chef de l'E-M de l'OB West.
Rommel
téléphona à Jodl
au sujet de la subordination des unités motorisées.
AVRIL 1944
Dans
la matinée du 1er avril, Rommel
alla voir la fabrication de
béton
précontraint et la tourelle mobile construite au parc du Génie, à Paris
en fait le
Pionner Park à
Gennevilliers.
Source. Plan du Pi-Park dans le port de Gennevilliers., à droite l'usine à ciment.
Dans l'après-midi, chasse aux lapins.
Dans
la soirée Ruge part passer deux semaines de congé au Foyer des
flottilles de dragage, installé à
Schwalbach dans le Taunus. Le
Kpt.z.S. Peters le remplace.
Du
3 au 5 avril, Rommel visita la 384.ID
(non
349.ID) au Tréport,
Generalleutnant Karl Gümbel
,
QG au château de
Friville Escarbotin (Somme)
puis la 344.ID,
Kdr le
General
der Infanterie Felix Schwalbe
, PC à
Villeroy sur Authie (Somme)
et la 49.ID ,
Kdr
Generalleutnant Siegfried Macholz
,
PC à Montreuil sur Mer (Pas de Calais)
6 avril, Rommel
resta au Q.G., où il reçut le chef d'état-major
de la
19.
Armee,
le
Generalleutnant Walter Botsch
.
Le 7 avril, il alla
voir
la 245.ID,
PC à
Saint Vaast d'Équiqueville (Seine Inférieure),
Kdr
Generalleutnant Erwin Sander
dans le secteur de Dieppe.
Source Alain Chazette. Le 7 avril 1944, Rommel inspecte les défenses de Dieppe avec de gauche à droite : le Generalleutnant Sander, Rommel, en retrait un officier inconnu, l'Oberst Leodegard Freyberg (IIa à l'Oberkommando Heeresgruppe B et le Hauptmann Lang (avec des lunettes).
Il eut
ensuite une conférence
au Q.G. de la 15.Armee,
rue de la Marne à Tourcoing, Kdr Generaloberst
Hans Eberhard Kurt von Salmuth .
9 avril,
en fin de matinée, conférence avec le General der Infanterie Günter
Blumentritt
,
chef de l'E-M de l'OB West, au sujet de
l'engagement des unités rapides.
Dans l'après-midi,
le General der
Panzertruppen Leo Geyr
von Schweppenburg
)
du Panzergruppe Westvint
également discuter le déplacement des unités blindees, mars aucun progrès ne fut
réalisé.
10
avril,
dans
l'après-midi, Rommel
et Gause
vont
trouver
le
Generalfeldmarschall
Gerd von Rundstedt
,
Oberbefehlshaber-West.
Thème: emploi des divisions
blindées.
11
avril à 07H00, Rommel
quitté La Roche-Guyon pour un voyage d'inspection de
4 jours en Bretagne. Il est accompagné de Meise
,
Queissner
,
von Tempelhoff
et Lang
.
Dans la matinée, il a commencé sa tournée par une visite au
SS-Wehrgeologen-Batl., Kdr
SS-Obersturmbannführer Dr. Ralf Höhne qui était en
train de mettre en place des barrages sur la plage de la baie du
Mont-Saint-Michel, près de Cancale. Rommel
a jugé que les performances du bataillon étaient pauvres.
A son avis, les soldats avaient peu travaillé, ce qui était une raison pour l'y
maintenir plus longtemps. Déjeuner avec le
General der Infanterie Erich Straube
,
Kdr du LXXIV.AK, au Soldatenheim de Dinan.
Déplacement vers le Val-André pendant l'après-midi. Là, entretien avec Straube
.
Il a été évoqué les relations difficiles au sein du
Divisionsstab z.b.V. 136 qui se trouvait dans la zone K.V.A A1. A cet
état-major étaient subordonnées nombre d'unités soviétiques entrées dans l'armée
allemande.
Un état-major divisionnaire spécial
d'administration en campagne, le z.b.V.136 (zur besonderen Verwendung) est
chargé de la coordination des moyens de lutte contre les "partisans" en
Bretagne, celles des troupes de l'Est tout particulièrement. Il est constitué au
printemps près de
Châtelaudren
(Côtes du Nord), sous le commandement du
Generalmajor Christoph Graf zu Stolberg-Stolberg
.
Voir la visite du 24 janvier 1944 au
Kommandeur
der Osttruppen z.b.V. 721.
A la suite de l'entretien, nuit passée au Val-André.
12
avril, Rommel
a continué son déplacement vers la Festung Brest. Le
General der Artillerie Wilhelm Fahrmbacher, Kdr du XXV.AK
s'est joint à l'inspection. Rommel a considéré que l'organisme chargé de la
lutte contre les partisans, (Militärbefehlshaber
Frankreich) ait agit contre des actes de sabotage d'une façon insuffisamment
énergique. Selon Rommel on avait besoin d'une main ferme en Bretagne.
Au
sein du XXV.AK , il y avait 5 usines de fabrication de tétraèdres qui avaient
produit 6.000 unités, partiellement renforcées et améliorées. On a discuté des
attaques aériennes utilisant des roquettes contre les ouvertures de tir des
bunkers à canons. Le Seeko Bretagne, K.Adm. Otto Kähler
a
proposé de protéger ces ouvertures avec des filets anti-torpilles en fer. Le
déjeuner a été pris au Soldatenheim de
Châteaulin,
tenu par la Schwester Erika Quente.
Sur la plage de la baie de Douarnenez, Rommel
s'est montré médiocrement satisfait des barrages d'avant plage
(Vorstrand-hindernisse). Il y en avait trop peu, entre autres, parce
quelques-uns avaient été emportés par le courant. Ensuite, visite au secteur
K.V.A. C1, 265.ID
du
Generalleutnant Walther Düvert
.
Rommel
y a observé la Festung Lorient. Dîner et hébergement à Quiberon.
13 avril, Rommel
inspecte
le
Stp. Plouharnel, batterie sur voie ferrée 4-264 devant la baie de Quiberon.
Sur la lande de Plouharnel,
située à l'enracinement de la presqu'île de Quiberon, la Kriegsmarine va
installer une batterie lourde sur voie ferrée. L'unité en charge du StP Va 300
est la
4.Batterie/Marine-Artillerie-Abteilung 264
( M.K.B "Hella"
ou
MKB "Plouharnel" ou MKB
du Bégot) commandée par
le Käpitanleutnant Clages. La
superficie du point d'appui est d'environ 15 Ha.
L'armement est constitué de 3 pièces 34 cm K.W. E 674 (f). "E"
pour Eisenbahn = sur voie ferrée et (f) pour français. Ces 3 canons prennent
place dans de large encuvement de 36 m de diamètre encadrés chacun par 2 soutes
à munitions. Chaque encuvement de tir est desservi par une voie ferrée
Decauville que rejoint d'importantes soutes à munitions types S 174 et SK. Le
StP comprend aussi un abri infirmerie 118 b, des abris pour personnel de type SK
ainsi que desc abris usine alimentant la position en energie et notamment pour
faire pivoter les canons. La Flak est très présente avec notamment 3x
2
cm Flak 28 Oerlikon dans des encuvements type Fl 242, 1 x 15 mm Flak MG 151
zw ( canon double), 4 x
2 cm Flakvierling, 8 x 7,5 cm Flak M17/34 (f). D'autre part il existe de
nombreux Ringstand type 58c pour mitrailleuses et pour 5 cm KWK.
La position est dirigée par un très haut poste de direction de
tir à 7 niveaux Hochleitstand S 487 supportant un télémètre de 5 m et d'un
centre de commandement type SK. La position devait recevoir un radar du type
Würzburg-Riese FuMo 214 mais qui ne sera jamais installé.
Source. canon de 340 Mle 1912 Schneider 34 cm W kanone 674 (f). Au centre, source Alain Chazette. Source: Musée de la Résistance de Saint-Marcel, le 10 mai 1945.
Puis visite de la
Festung Saint-Nazaire,les
travaux ont bien progressé.
Le front avait déjà été raccourci à la suite du manque de troupes. Déjeuner puis
entretien avec
le
Generalmajor
Maximilian Hünten
,
Festungkommandant Saint-Nazaire.
Puis visite du
Schleusenbunker en face du U-Bootebunker. Là, il a observé la défense du
port depuis le toit. Il s'est rendu par la suite en bateau de la rive sud de la
Loire pour y inspecter la défense.
Source. Saint-Brévin-les-Pins (Loire Inférieure)
Le 13 avril 1944.
Source: Alain Chazette. A gauche: avec une carte
le Generalmajor
Maximilian Hünten, Festungkommandant Saint-Nazaire, au centre de profil Rommel.
A droite: sous réserve, en deux à gauche
Konteradmiral
Hans Mirow
,
Kommandant
der Seeverteidigung Loire; de
dos Vizeadmiral
ZV Witold Rother
, Oberwerftdirektor bzw. Werftkommandant an der Kriegsmarinewerft Saint-Nazaire;
de profil droit: Rommel; derrière lui le dessus de la casquette du
General der Artillerie Wilhelm Fahrmbacher, Kdr du XXV.AK; avec une carte à la
main Generalmajor Maximilien Hünten, Festungkommandant Saint-Nazaire; entre
Rommel et Hünten, sous réserve le
Generalleutnant Hans Schmidt
,Kommandeur
275 Infanterie-Division
; à droite
avec des lunettes Hauptmann Helmuth Lang
, aide de camp de Rommel.
L'endroit
où Rommel
loge à
La
Baule est étroitement gardé, car on craint une attaque contre lui.
Source. La Baule. A gauche:
Generalleutnant Hans Schmidt
,
Kommandeur de la
275.ID
secteur
de Vannes à Saint-Nazaire, PC à Redon..
14 avril, départ de La Baule à 07H00
pour
Nantes,
où le dynamique Feldkommandant (F.K. 518), le
Generalmajor Fritz Reinhardt
s'était impliqué dans la mise en œuvre de la défense de la ville. Les travaux
étaient très bien achevés. Cependant, plus de mines devaient être mises en
place.
A
Angers, après avoir visité
la Pionierschule
(l'école du Génie)
à
la caserne Éblé, il
reçoit le
General der
Flieger Martin Fiebig
,
Kdr du X.
FliegerKorps
qui lui rend compte de l'état de préparation de son unité.
Source. Troupes allemandes dans la caserne Éblé à l'automne 1940.
La visite se termine au
QG de la 7.Armee
au Mans, arrivée en fin de matinée,
entretien
avec les généraux Dollmann
et Pemsel
.
Arrivée
à La Roche Guyon à 22H00.
Inspections du 11 au 14 avril 1944.
16
avril
Retour de Ruge .
Le Kpt.z.S. Peters
vint me chercher à mon arrivée à Paris, dans la matinée, et, pendant le trajet
jusqu'à La Roche-Guyon, me met au courant de ce qui s'est passé pendant mon
absence; arrivée au Q.G. vers midi, présentation au maréchal.
Puis salutation au nouveau
chef d'état-major, le
Generalleutnant Dr.phil. Hans Sepeidel
.
Gause
dont Rommel se sépare avec regret, lui passe justement le service. Rommel l'a
réclamé nominativement pour succéder à Gause.
Dans l'après-midi, Rommel effectue
une
"promenade
armée"
avec Meise
et Ruge
.
Du 17
au 19 avril, le maréchal
,
accompagné par Speidel
et
Ruge
inspecta la côte entre la Somme et l'Escaut. Nous partîmes avec trois voitures,
la troisième étant remplie de correspondants de guerre et d'accordéons. Lutz
Koch, Erte1,
Clemens Graf von Podewils et le baron von Esebeck (photographe) étaient les journalistes (des
P.K.
Propagandakompanie) qui participaient le plus souvent à nos tournées.
Rommel utilisait délibérément.
la propagande comme
une arme, afin d'impressionner l'adversaire.
Nous nous rendîmes tout d'abord à Ault où nous rencontrâmes le
General der Artillerie Johann
"Hans" Sinnhuber
, chef du LXVII.(67)AK
Non le LXXXII.(82)AK, et le
général Seiffert
Non le Generalleutnant Paul Seyffardt
, commandant de la
348.ID,
secteur de Saint Valéry sur Somme / Le Tréport.
Une énorme quantité d'obstacles de toute sorte couvrait la plage.
Source photo de gauche. Rommel inspecte des obstacles de plages, localisations inconnues. Photo de droite: en noir avec des lunettes l'Hauptmann Helmuth Lang.
Nous
vîmes ensuite plusieurs points d'appui le long de la côte jusqu'à
Saint-Valéry-sur-Somme où nous déjeunâmes. Puis nous gagnâmes les secteurs des
344.ID
du
General
der Infanterie Felix Schwalbe
et 49.ID
du
Generalleutnant Siegfried Macholz
où le
maréchal
inspecta
le front de mer et le front de terre.
Visite à Stella-Plage (voir ci-dessous) commune de
Cucq.
Source Alain Chazette. Rommel après sa visite du PC H119 du Touquet en compagnie du Generalleutnant Siegfried Macholtz commandant la 49.ID. A droite, Rommel sur le site de la batterie de Marine de Stella Plage (10/MMA 240) armée de 4 x 10.5 cm SK C/32 sous casemates H671, elle est commandée par l'Oberleutnant zur See Arndt et participe aussi à la défense du Touquet et de l'embouchure de la Canche.
Nous couchâmes au Touquet.
Collection Socièté Académique du Touquet. le 17 avril 1944, Rommel arrive à l'Hermitage Hôtel au Touquet.
Inspections du 17 avril 1944
Le lendemain
(18 avril) nous vîmes la
331.ID,
installée-en
seconde ligne (entre Saint
Valéry-sur-Somme et Le Tréport). Après le rapport de son chef le
Generalmajor Heinz Furbach
,
Rommel
fit un
bref exposé.
Sans nous arrêter à Boulogne, nous gagnâmes le
cap Gris-Nez,
dans le secteur de la 47.ID
,
Kdr
Generalleutnant Otto Elfeldt
,
PC à Fiennes.
Source Alain Chazette. Speidel, Rommel, Ruge et Elfeldt, le 18 avril 1944.
Derrière
Calais nous vîmes des innondations puis
atteignîmes la
18. Feld-Division (L), Kdr
Generalleutnant Joachim von Tresckow
,
PC à
Millebrugghe (Mitte Brügghe) le long du canal de la Haute Colme, au Sud de
Dunkerque.
Source. De gauche à droite: General der Artillerie Johann "Hans" Sinnhuber (Kommandeur LXXXII.(82)Armeekorps), Generalleutnant Dr.phil. Hans Speidel (Chef des Generalstabes Heeresgruppe B, en arrière-plan un inconnu, Generalfeldmarschall Erwin Rommel le 18 Avril 1944.
Nous
arrivâmes à Dunkerque au moment où des avions attaquaient la ville et le port,
et nous arrêtâmes au voisinage pour observer.
A Dunkerque le Festungkommandant est
l’Oberst Hugo Ewringmann et le Hafenkommandant est le Kapitän zur See Karl
Schneider. A la
18. Feld-Division (L)
les défenses manquaient encore de densité. A la 712.ID
voisine,
Kdr
Generalleutnant Friedrich-Wilhelm Neumann
,
on
avait bien rattrapé le retard constaté lors de l'inspection précédente (le
27 mars 1944).
Inspections du 18 avril 1944
19 avril,
nous nous rassemblâmes, à 7 heures, au port de Breskens, où nous trouvâmes le
General der Infanterie Werner Freiherr von und zu Gilsa
, Kommandeur du
LXXXIX.(89)AK et le Kapitän zur See Frank Aschmann,
Kommandant der Seeverteidigung Südholland.
Nous
prîmes donc le bac ordinaire pour nous rendre à Flessingue. Notre premier
entretien eut lieu avec
le
Hafenkommandant Vlissingen
(Flessingue) qui
présenta un bon rapport. Le
Generalleutnant Wilhelm Daser
,
Kdr de la
165. Reserve-Division, PC à
Middelburg
(8 km au Nord-est de Flessingue) annonça que, sur 500 abris en béton, 283
étaient déjà construits.
Par
très beau temps, nous revînmes à Breskens, sur la
Sarah,
le bâtiment amiral de la flottille locale, un yacht puissamment
armé,
à 11 heures. Nous gagnâmes Bruges pour
conférer avec le
Generalleutnant Karl Casper
,
Kdr de la 48.ID
et
déjeuner au Foyer du Soldat. Dans l'après-midi, Rommel
rendit
visite
au
Generaloberst
Hans Eberhard Kurt von Salmuth
à son QG
de la rue de la Marne à Tourcoing.qu'une
grippe retenait au lit.
Nous atteignîmes La Roche-Guyon peu après 20 heures.
Inspections du 19 avril 1944
20
avril, le soir il y
eut une petite fête
en l'honneur
de Gause
.
21
avril, dans
une ambiance un peu plus triste, Gause
partit
à 07H30 pour prendre le train
à Paris. Je partis
moi-même
au
même
moment et dans
la
même
direction pour
le
Pionner Park à
Gennevilliers
où Rommel
assista
à un exercice
et examina diverses
productions nouvelles de mines
«
casse-noisettes
»
d'un
type paraissant très efficace.
Source. Définition par Wikipedia de "casse-noisettes": des trépieds formés de troncs d'arbres équipés de lames d'acier.
22 avril. - Pluie matinale. Le général Kanzler (non trouvé) vient, à la fin de la matinée, faire un rapport sur la production des mines. Dans l'après-midi, beau temps. Journée calme,
23 avril. - Journée calme de nouveau.
24
avril.
- Le maréchal
et l'Oberst Freiberg
partent dans une première voiture, et Ruge
dans une seconde, avec un
correspondant de guerre, en direction de l'embouchure de la Seine. Traversée de
Rouen,
que des bombardements ont gravement
enommagé, Rommel
va
inspecter la 84.ID
à
Yvetot (le PC
est à Doudeville,
14 km au Nord d'Yvetot, le
Kdr est le
Generalleutnant Erwin Menny
).
Source copie d'écran d'un film. Menny à gauche de profil, Rommel au centre, Lang à droite avec des lunettes.
A midi le maréchal est à Crasville (il y a deux Crasville - distants de 15 km - au Nord d'Yvetot: Crasville-la-Mallet et Crasville-la-Roquefort). Nous déjeunons à un PC de régiment, puis longeons la côte très ravinée, en direction du Havre. Un bombardement aérien a endommagé deux des six pièces de 150 mm à la Heeres-Kusten-Batterie (HKB) 2./1253 (découverte), mais une a pu être réparée. La Fe03 Fécamp Senneville H.K.B. : 15,5 cm K.420 (f) x 6, 15,5 cm s.F.H.414 (f)
Source. La Fe03 Fécamp Senneville. Localisation.
Au
Havre, Nous rencontrons le
Konteradmiral Hans-Udo von Tresckow
,
Kommandant der Seeverteidigung
Seine-Somme
et le nouveau Hafenkommandant Korvettenkapitän Eggemann ; celui-ci
vient
d'Helgoland.
Source. Le 24 avril 1944, Rommel devant une des deux pièces de 10.5 cm S.K.C/32.U sous casemate M176 de la M.A.A. 266 Quai d'Escale au Havre.
Avec
ces deux
officiers et le
Generalmajor Hans Sauerbrey
,
Festungkommandant Le Havre
nous faisons un dîner paisible au Foyer du Soldat,
Inspections du 24 avril 1944
25
avril.
- A.7
heures, nous partons pour Bolbec où se trouve le PC de la 346.ID.
Après le rapport du
Generalleutnant Erich
Diestel
,
Rommel
expose ses idées au sujet de la lutte contre les débarquements aériens.
Nous
assistons ensuite à un bel exercice des chasseurs de chars
avec affûts auto-moteurs,
puis circulons dans le secteur de
la
division. A 12H30, nous repartons pour prendre le bac
à Quillebeuf.
Sur
la
rive méridionale,
nous prenons une pittoresque
route secondaire,
avec vue sur le large fleuve et les falaises crayeuses
de
l'autre
bord.
Le
Generalleutnant Josef Reichert
nous
attend à Honfleur pour nous conduire à travers le secteur de sa
711.ID
.
Nous visitons
d'abord
la batterie
de l'armée
sous casemate du Mont-Canisy
à Bénerville, la H.K.A.A.
Batterie 2./1255, déjà
visitée le 16 janvier;
Pour finir, nous voyons les inondations de la Dives et une partie du littoral. De Cabourg nous revenons par Vernon. Nous arrivons au Q.G. un peu après 19 heures.
Inspections du 25 avril 1944
26
avril.
- Speidel
va
conférer avec le
General der Infanterie Günter Blumentritt
,
chef d'état-major de l'OB-West
sur la situation.
27 avril.
-
Hitler
a ordonné de transférer
immédiatement en Bretagne, l'état-major du
II. Fallschirmjägerkorps (II.FJK)
du
General der Falschirmjäger Eugen Meindl
,
et la
5. Fallschirmjäger-Division
,
du
Generalleutnant Gustav Wilke
.
Rommel propose de les installer dans la région de
Rennes.
Le PC du II.FJK sera
à
Quintin
(Côtes du Nord) et celui de la 5.FJD sera à l’École Jeanne d'Arc de
Rennes.
28 avril.
A 17 heures, le
General der Panzertruppen Leo Geyr
von Schweppenburg
)
du Panzergruppe West
vient conférer avec Speidel
.
Le
Generaloberst Heinz Guderian
,
Inspekteur der
Panzertruppen, arrive à 18
heures. L'entretien est poursuivi par Rommel
.
Thème: Principes de la conduite des opérations, en
particulier emploi des divisions blindées.
A 19 heures se présente le
General der Fallschirmtruppe Kurt
Student
,
commandant le
XI. Fliegerkorps. Il
vient demander le maintien de la 5.FJD
pour quelques semaines encore dans la région de
Châlons-sur-Marne, Rommel
refuse.
29 avril. - Nous partons à 6 heures et couvrons 780 kilomètres dans la première journée. A 11 heures, nous faisons notre première pause à Nantes, où nous recevons les rapports habituels et déjeunons au Foyer du Soldat.
Dans l'après-midi nous descendons la côte de la Loire à la Gironde: Pornic, Saint-Jean-de-Monts, Saint-Gilles (StP Sa 10 HERSFELD), Les Sables-d'Olonne,
Source Alain Chazette, le StP des Sables d'Olonne.
Rochefort,
La Coubre
(le
Stützpunktgruppe La Coubre, voir plan ci-dessous),
avec,
immédiatement
en arrière, le
LXXX.(80)AK, Kdr
General
der Artillerie Curt Gallenkamp
,
PC à Poitiers
(Vienne); les
158.Reserve-Division
, PC à
Fontenay le Comte (Vendée), Kdr
Generalleutnant Ernst Häckel
et
700.ID non 708.ID,
Kdr
Generalleutnant Hermann Wilck
,
PC à Royan (Charente-Maritime);
17.SS-Panzergrenadier-Division "Götz von Berlichingen"
,
Kdr
Brigadeführer Werner Ostendorff
,
PC dans un château aux environs de
Thouars
(Deux-Sèvres).
Le Stützpunktgruppe La Coubre selon Alain Chazette.
Nous arrivons à Royan à 20H45. Dîner au Foyer des Officiers 72 Boulevard Carnot, à 21H15.
Source. Offiziersmesse Royan 72 Boulevard Carnot.
Inspections du 29 avril 1944
3O
avril.
- Nous embarquons
sur un bâtiment
de la
protection du port et effectuons
le tour du destroyer Z-37
dont 1'équipage rend les
honneurs, ce qui fait manifestement plaisir
au maréchal
.
Source. Zerstörer Z 37
En.
nous
dirigeant
vers
Bordeaux nous inspectons quelques positions.
Au Q,G.
de la 1.Armee, Kdr
Generaloberst Johannes Blaskowitz
,
a lieu tout d'abord une conférence en petit
comité.
Au déjeuner, Rommel
et Blaskowitz
racontent
leurs souverurs
de guerre.
(Seconde visite, la première le 9
février 1944).
A 13 heure nous repartons pour Arcachon. A 20H45, dîner au Foyer du Soldat de Biarritz. Les soldats se rassemblent en grand nombre pour voir le maréchal et lui font une ovation spontanée qui lui fait visiblement plaisir.
Inspections du 30 avril 1944
MAI 1944
1 mai. - Départ
à 6 heures. A 13H30,
arrivée
à Perpignan. Déjeuner avec le
General der Flieger Erich Petersen
,
Kdr du
IV. Luftwaffen-Feld-Korps,
PC à cette date à
Capendu
(Aude).
Parmi
les officiers se trouve
le
Konteradmiral Erich Schulte-Mönting
,
Kommandant der Seeverteidigung Languedoc.
Pendant
le repas, nous demandons au commandant de la division locale,
sous réserve le
General der Infanterie Friedrich-August
Schack
de
la
272.ID
,
PC à
Thuir (15 km au
Sud-ouest de Perpignan), s'il ne serait pas possible de confier à la Kriegsmarine
la
défense des ports.
Après le déjeuner, le commandant de la division présente un rapport sur la situation. dans son secteur. Nous gagnons ensuiite Port-Vendres. Nous repartons vers le Nord-est, nous inspecrons quelques centres de résistance, aménagés dans la roche.
Dans le secteur de la
277.ID
,
Kdr
General der
Nachrichtentruppen Albert Praun
,
PC à Saint-Félix,
Narbonne,
237 000
mines ont été posées.
A Séte, nous montons au
poste directeur, installé sur la montagne qui domine le port et la ville.
Le chef de la
271.ID,
le
Generalleutnant Paul Danhauser
,
PC à
Celleneuve
(quartier de Montpellier) fait son rapport. Nous avançons un
peu vers l'Est
et revenons sur nos pas.
En cours de route, nous
descendons fréquemment pour de
brèves vrsites et repartons aussitôt.
Schulte-Mönting
n'est
visiblement pas habitué à un
rythme aussi précipité.
A 21H3O, nous arrivons à Montpellier. Dîner, chez le commandant de la
271.ID, installé dans
une maison de maître à l'extérieur de la ville. Il s'agit du
Generalmajor der Pioniere Johannes Kaliebe
.
Non ce général est le
General
der Pioniere
Heeresgruppe G, Höherer Pionier-Kommandeur III.
Inspections du 1 mai 1944
Faits principaux enregistrés au Q.G., ce jour-là:
Les éléments avancés du
II. Fallschirmjägerkorps
et la
5. Fallschirmjäger-Division
ont été mis en route le 30 avril vers la zone de la 7. AOK. La
91.Luftlande Infanterie Division
,
Kdr
Generalleutnant Wilhelm Falley
,
PC au
Château "Haut de Bernaville" à
Picauville (Manche).
Le transport de la
2.Panzer
Division
,
Kdr
General der Panzertruppen Heinrich
Freiherr von Lüttwitz
,
PC au château de Courcelles
sous Thoix (Somme),
sera achevé le 3 mai.
2
mai.
- Nous partons à 06H30,
par très beau temps, pour voir les
338.ID,
secteur
entre
Mauguio
(Hérault) et
Carry-le-Rouet (Bouches du Rhône), PC à
Arles, totalisant 140 km de côtes,
Kdr
Generalleutnant René de l'Homme de Courbière
;
244.ID
,
secteur de Marseille, PC à
Aubagne,
Kdr
Generalleutnant Hans Schäfer
et
242.ID, secteur de Toulon, PC
au Château de Saint-Pré à
La Celle
(Var), Kdr
Generalleutnant Johannes Baeßler
.
Nous traversons la Camargue et atteignons Aigues-Mortes. Au Grau-du- Roi, nous inspectons des obstacles de plage et des rangées de pieux. En continuant sur Port-Saint-Louis nous passons devant une machine à creuser des tranchées qui retourne le terrain plat sous prétexte de s'opposer à des débarquements aériens.
Source. le 2 mai 1944 Rommel à La Porcelette (entre Arles et Port Saint Louis du Rhône) à droite Meise, derrière Rommel le Generalleutnant René de l'Homme de Courbière
Sur la plage de Fos les obstructions consistent en pieux portant des mines et en radeaux larges de quatre mètres, ancrés avec des blocs de béton, qui supportent également des mines. Par un chemin affreux, nous arrivons au sud de Port-de-Bouc, derrière le cap Couronne, sur une hauteur où le maréchal prononce une allocution vibrante devant les officiers rassemblés en cet endroit.
Source. Le 2 mai 1944. De gauche à droite: Generalfeldmarschall Erwin Rommel ;
Vizeadmiral Friedrich Ruge
en noir ; Generalleutnant Hans Schaefer
,
Kommandeur 244.ID ; peut-être l'Oberst Rudolf von Oppen (chef d’E-M Gruppe
Kniess), mais remplacé depuis le 1 février 1944 par l’Oberst i.G. Hans Behle ;
General der Infanterie Baptiste Kniess
, Kdr
Generalkommando Kniess ou LXXXV.AK et Generalleutnant René de l'Homme de Courbière
,
Kommandeur 338.ID. Gruppe Kniess supervise les deux divisions: 244 et 338 ID.
Légende empruntée à la source citée.
Source. Le 2 mai 1944. Présentation d'un obstacles de plage en bois piégé avec une Tellermine.A gauche Rommel de profil, à sa gauche Generalleutnant René de l'Homme de Courbière, au second rang avec une Feldmütze Generalleutnant Dr.-Ing. Wilhelm Meise , à droite en noir avac des jumelles le Vizeadmiral Friedrich Ruge
Nous
devons continuer sur Toulon sans nous arrêter à Marseille. Mais, sur la hauteur
où est installé
le fort
du Rove, une foule d'officiers nous attendent, dont le
Vizeadmiral Paul Wever
,
Kommandeur Admiral der französischen Südküste
et le
Korvettenkapitan
der Reserve Hermann
Polenz, commandant de la
6.Sicherungsflottille.
Le commandant de la 244.ID,
Generalleutnant Hans
Schaefer
,
nous expose en ce lieu les dispositions prises à l'aile droite de son
dispositif. A son PC d'Aubagne, il fait un exposé semblable pour l'aile gauche
qui englobe les baies de
La Ciotat
et de Bandol,
Nous déjeunons au foyer du soldat d'Aubagne Dans une fabrique, à l'est de La Ciotat, on nous montre des tétraèdres et un nouveau genre de hérissons tchèques, hauts de deux mètres, avec un bloc de béton au centre.
Hérissons tchèques,avec un bloc de béton au centre; tétraèdres en béton.
Nous
poursuivons, en voyant des inondations et des champs de mines jusqu'à
Hyères où nous
faisons demi-tour vers 17 heures. Retour par
Aix.
Nous atteignons à Avignon à 19H30, chez le
General der Infanterie Georg von Sodenstern
chef de la
19.Armee. Seconde visite, première le 7
février.
Inspections du 2 mai 1944
3 mai. - Nous partons un peu après 7
heures et remontons la vallée du Rhône, nous déjeunons au Foyer du Soldat de
Chalon-sur-Saône. Nous continuons par
Avallon,
Auxerre,
Fontainebleau. A 19H30, nous sommes de retour à La Roche-Guyon.
Itinéraire du 3 mai 1944
Le
Generaloberst Johannes Blaskowitz
a été placé à la tête du
Heeresgruppe G
qui comprend les
1.Armee
et
19.Armee, PC à
Rouffiac-Tolosan.
Le général Diem Non
il s'agit du
Generalleutnant Friedrich Dihm
,
membre de l'E-M du
Heeresgruppe B
a visité la région de Cherbourg et constaté
que la mise en place des mines et des pieux
laissait encore fort à désirer.
4 mai.
L'OB West voudrait installer la
Werfer-Brigade 7
dans la région de
Beauvais
(Oise), soit à environ 80 km en arrière de la côte et la 7.Armee
désirerait pareillement cantonner le
schweres Stellungs-Werfer-Regiment 101
dans
l'Orne entre
Flers et
Alençon (le
6 juin le
PC à
Vasteville
(Manche), Kommandeur Major Rasner),
soit encore plus loin du littoral, alors que Rommel
.
voudrait le voir dans le Cotentin.
5 mai.
- En dehors de conférences avec les états-major de Paris, nous restons à La
Roche-Guyon. Speidel
discute avec le
Generalmajor
Gerhard Graßmann, Kdr de la
309. Artillerie-Division,
l'engagement de la Werfer-Brigade
7
et du
s. Stellungs-Werfer-Regiment 101.
6 mai.
-
Speidel
a une conférence avec les chefs d'état-major de la
Luftflotte 3,
chef d'E-M le
Generalmajor
Hermann Ploche
.
Réorganisation dans la Krigsmarine; le
Marinegruppenkommando Nord va être dissous.
La
2. Fallschirmjäger-Division
du
Generalmajor
Hans Kroh
,
ramenée de l'Est,
doit être
incorporée à la
21.Panzer-Division
.
Ne se fera pas.
A 16H30, le secrétaire
d'Etat
Albert Ganzenmüller
,
du ministère des Transports, vient prendre le thé et conférer avec Rommel.
La 7.Armee
veut retirer l'état-major du LXXIV.AK,
Rommel n'est pas
d'accord.
Le chef
d'état-major de l'OB West téléphone que
Hitler
considère la région de Cherbourg comme particulièrement menacée et désire
qu'on prenne des mesures correspondantes.
7 mai
(dimanche).
La 7.Armee
présente les propositions suivantes pour renforcer la Normandie:
a) Déplacement de la 243.ID au nord de la ligne Saint-Sauveur-le-Vicomte - Barneville, c'est-à-dire vers le Nord-ouest.
b) Un régiment de la 243.ID, renforcé par le Panzer-Abteilung 206, s'installera dans le secteur Cap de la Hague - Cap de Carteret. Le 6 juin le PC à Auderville (Manche), Kdr Major Ernst Wenk. Le Grenadier-Regiment 920 (243.ID), Kdr.Oberst Klosterkemper, PC à Etoupeville, commune de Helleville (Manche).
c) Le 342 bataillon de chasseurs de chars de la 243.ID, Non le Panzerjäger-Abteilung 243, Kdr Oberleutnant Franz Fallnich, PC à La Commanderie, commune de Grosville (Manche), demeurera dans la zone actuelle de la division pour occuper les hauteurs dominantes. .
d) Envoi du Sturm-Bataillon AOK 7 autour de La Haye-du-Puits. Le 6 juin: Kdr Major Hugo Messerschmidt, PC à Le Vicel (à 50 km au Nord-est de La Haye du Puits)
e)
Transfert de la 2° division d'aviation
dans la zone actuelle de la 243.ID.
En fait cette traduction est due à une coquille dans la version originale en
allemand, il est indiqué
"2. FI.Div."
au lieu de "2.FJ.Div." soit la
2. Fallschirmjäger-Division
.
i) Engagement du Panzer Ersatz-und-Ausbildungsabteilung 100, le 6 juin, Kdr Major Bardtenschlager, PC au château de Francquetot à Coigny (Manche), dans la partie intérieure du Cotentin.
Localisation des endroits cités ci-dessus.
Le Heeresgruppe B approuve les ordres correspondants et ceux destinés à la déception.
Les
9.Pz-Div.,
Kdr Generalleutnant Erwin Jollasse
,
secteur
Avignon,
Nimes et Arles, PC à
Saint Rémy de Provence (Bouches du Rhônee) ;
11.Pz-Div.
,
Kdr
Generalleutnant Wend von Wietersheim
,
PC à
Floirac
(Gironde) et
116.Pz-Div.
,
Kdr
General der Panzertruppen Gerhard Graf von Schwerin
,
PC à
Bernouville
(Eure),
sont constituees par fusion et dissolution
des
155.
et
179.
Reserve-Panzer-Divisionen.
8 mai. - Au
Q.G., rien de particulier.
La
91.Luftlande Infanterie Division
,
remplacera la 2. Fallschirmjäger-Division
dans le secteur actuel de la 243.ID.
Le
09 mai 44, l'OB West reçoit l'ordre d'un échange des secteurs de rassemblement
de la 91.LL et de la 2.Fallschirmjäger
Division.
Echange des secteurs de rassemblement 2.Fallsch.Jg.Div-91.LL Div. Transports déjà en route seront déviés.(OB West 09.05.44)
La 2.FJ.Div.
sera envoyée à l'arrière du K.V.A de Brest, hors le
FJR.6 du
Major Freiher August Von der Heydte
qui arrive à la base du Cotentin, entre
Carentan et
Périers, vers
le 11 mai, PC régimentaire à
La Hotellerie,
Gonfreville.
L'« ordre
fondamental
N°
38 de l'OB West
»
nous arrive.
Il
réorganise l'articulation du commandement dans toute la zone et entre en vigueur
le 12 mai, à midi.
En ce qui concerne le
Heeresgruppe
B,
le seul changement est que sa limite avec le
Heeresgruppe G
va de Tours le long de l'ancienne
ligne de démarcation, jusqu'à la frontière
suisse, à la hauteur de Genève. Il ne nous donne pas satisfaction, car il ne
change rien à la subordination des unités rapides. Comme précédemment, Rommel
exerce le simple commandement tactique des 2. Pz-Div., 116.
Pz-Div.
et 21.Pz-Div.
,
sans avoir le droit de les déplacer pour constituer un centre de forces. La
2. SS-Panzerdivision "Das Reich"
,
Kdr
Gruppenführer Heinz Lammerding
et les nouvelles 9.Pz-Div.
et 11.
Pz-Div.
se trouvent dans la
zone de l'OB West et lui sont subordonnées de la même façon. L'état-major du
I.SS-Panzerkorps, Kdr
SS-Oberstgruppenführer Josef Dietrich
avec les
1.SS-Panzer-Division "Leibstandarte SS Adolf Hitler"
,
Kdr
SS-Brigadeführer Theodor Wisch
et
2.SS-Panzerdivision "Das Reich"
et
la
17.SS-Panzergrenadier-Division "Götz von Berlichingen"
,
Kdr
Oberführer Werner Ostendorff
de même que la
Panzer-Lehr-Division
,
Kdr
Generalleutnant Fritz Bayerlein
en cours de transport,
constituent les
reserves de l'OKW. Rommel ne peut ni les pousser plus près de la côte, ni en
disposer en cas d'alerte avant d'en avoir reçu l'autorisation de l'OKW.
Le
Panzergruppe West,
Kdr
General der Panzertruppen Leo Geyr
von Schweppenburg
reste
directement subordonné à l'OB West et demeure à sa disposition comme état-major
libre en cas d'alerte.
Le Marinegruppenkommando West
et la
Luftflotte 3
sont invités
à poursuivre une
collaboration étroite avec l'OB West et les
Heeresgruppen
B et G sous ses ordres.
-
Dans l'après-midi, Rommel
se rendit à Paris à
l'hôtel Georges V pour conférer
chez le
Generalfeldmarschall
Gerd von Rundstedt
avec
Feldmarschall
Hugo
Sperrle
,
Generaloberst Johannes Blaskowitz
,
General der Panzertruppen Leo Geyr
von Schweppenburg
,
Admiral
Theodor Krancke
et leurs chefs d'état-major.
De gauche à droite: von Schweppenburg, Blaskowitz, Sperrle, von Runstedt, Rommel et Krancke.
9 mai. – Voyage d'inspection du Cotentin. Départ à 7 heures, par Vernon (pont rompu, bac). pour Houlgate. La Kommandantur avec le Feldwebel Winck est à la villa Orexis derrière l'église.
Photos collection Frédéric Nicolet dans ce
livre. A Houlgate: la 7.Kp II/Grenadier-Regiment 744, 711.ID
Obstacles de plage très satisfaisants. Des bombardements aériens (7 morts le 26 avril 1944) ont fortement dévasté la batterie d'Houlgate (découverte). Batterie de Tournebride, StP Vill 32, 6 pièces de 15.5 cm. 2 sous casemates H 679, 2 détruites et 2 qui seront déplacées.
Source Alain Chazette. canons de 15.5 cm K.420 (f) en encuvement de la Batterie 3./1255 HKKA
Les
inondations de la Dives ont diminue, à cause du temps trop sec. Devant
Caen, nous attendons la fin d'une alerte aérienne. Le maréchal
s'entretient en tête à tête avec le General der
Artillerie Erich
Marcks
; nous attendons en plein soleil.
Puis Marcks présente
son rapport. Le maréchal
exprime
ses craintes pour la défense des
îles Anglo-normandes. Marcks estime que la puissance des fortifications
interdit un débarquement à
Guernesey.
A Jersey des
débarquements sont possibles par l'air, mais
très dificiles par la mer. Les
îles étaient occupées par la
319.ID
,
Kdr
Generalleutnant Rudolf Graf von
Schmettow
.
Le
général
a eu
recours au bois dans toute la mesure du possible, notamment pour les obstacles
de plage. Ceux-ci
sont achevés sur 80 km, 170 000 pieux contre débarquements aériens ont été mis
en place.
Les pieux contre débarquements aériens étaent dénommés par les Français les asperges de Rommel, le dessin ci-dessous est attribué à Rommel
Source photo de gauche. Plantations d'asperges de Rommel, localisation inconnue.
En Normandie des planeurs parmi des asperges de Rommel. Source à gauche un planeur Horsa. Source à droite, un planeur Waco.
Le commandant
de la Festung Cherbourg, le
Generalmajor Robert Sattler
présente ensuite son rapport. La défense est bonne du côté de la mer, il
y a encore besoin de travailler au front terrestre
Le commandant
de la 21.Pz-Div.
le
Generalleutnant Edgar Feuchtinger
vient
ensuite. Le maréchal
lui
.ordonne
de reconnaître avec précision tous les itinéraires et de chercher un emplacement
pour un groupe de combat dans le Cotentin. En cas d'engagement, il utilisera
les cinq passages sur
la Vire.
Le commandant
compte que les véhicules à roues atteindront Cherbourg en quatre heures, et les
véhicules à chenilles en vingt-quatre heures. La division
doit aussi se préparer à combattre en terrain défavorable aux chars.
Après
le déjeuner, Rommel
inspecte le secteur de la 716.ID
à
l'ouest de l'Orne. La
batterie de Riva-Bella a reçu un tapis de bombes, le béton
a bien résisté.
La batterie 1./1260 HKA Abt, StP 08, 6
pièces de 15.5 cm K.418 (f) type GPF en encuvements et 60 ouvrages bétonnés, 4
casemates 694 en construction. Bombardements le 27 avril et 2 mai 1944 avec 1
canon HS et les 5 autres déménagés à
Saint Aubin d'Arquenay.
Source Alain Chazette. La batterie en août 1942.
Sur la côte, les obstructions par pieux sont très satisfaisantes. La batterie de marine de Longues (quatre 150), près de Bayeux, produit une excellente impression. M.A.A. 266, Kdr Oberleutnant MA Kurt Weil, 4 pièces de marine de 15 cm Tbts.K.C/36
Sources: Bundesarchiv et Alain Chazette. Rommel devant une casemate M272 de la batterie de Longues sur Mer au Wn 48, à droite avec une canne Marcks.
Le
Konteradmiral Walter Hennecke
se joint à nous. Nous voyons les ports de
Grandcamp et
d'Isigny. Nous arrivons à Saint-Lô vers 20 heures. Agréable dîner chez le
General der
Artillerie Erich
Marcks
.
Source. General der Artillerie Erich Marcks du LXXXIV.AK à gauche et Rommel le 9 mai 1944.
Inspections du 9 mai 1944
10 mai.
- Départ
à 7 heures, par brume, par
Carentan
vers la côte orientale du Cotentin. La station radiophonique rnilitaire de
Calais
Soldatensender Calais
a annoncé
la visite
de Rommel
à Cherbourg ce qui oblige à modifier le programme.
Source Alain Chazette. Le 10 mai 1944, Rommel visite la MKB Marcouf-Crisbecq. De face au centre:Marcks, Hennecke et Rommel dans la seule casemate 683 équipée de son canon 21 cm K.39/41 Skoda à cette date. Stp 134-135, M.A.A. 266, Kdr Oberleutnant MA Walter Ohmsen.
Source. Le 10 mai 1944, Rommel sur la plage de Quinéville (Manche), à sa gauche le Konteradmiral Walter Hennecke, en arrière plan avec des lunettes l'Hauptmann Helmuth Lang. A droite pour le repérage, carte postale.
Source à gauche, version colorisée. Le 10 mai 1944 Rommel au Wn 18 à Quinéville. Source à droite. Repérage de la photo, l'extrémité Sud du mur antichar. Le mur de nos jours.
A
La Pernelle,
jolie vue sur la mer
et sur la côte.
Une
allocution
de Rommel
est enregistrée
sur magnétophone. Conférence à
Saint-Pierre-Église
sur les thèmes habituels.
Dans l'après-midi, le maréchal
visite un PC, aménagé dans la roche, groupant le commandant naval,
Konteradmiral Walter Hennecke
Seekommandant Normandie;
le commandant
de
la forteresse,
le
Generalmajor Robert Sattler
; l'officier des
transmissions de la marine,
Marine-Nachrichten;
le chef des vedettes
(à
Cherbourg la
5. Schnellbootsflotille du
Korvettenkapitän Bernd Klug
et
la
9. Schnellbootsflotille du
Korvettenkapitän Freiherr Götz von Mirbach
)
et le central de repérage
Marine-Funkmeß. Ce
groupement est extrêmement pratique.
Il s'agit du PC souterrain
dans les
carrières de la rue Alfred Lohen, sous
la villa Maurice à Octeville (Manche).
Photos Conseil Régional de Basse-Normandie, National Archives USA. A gauche p000886 la sortie du tunnel le jour de la reddition le 26 juin 1944. A droite p001157 la villa Maurice
Nous gagnons ensuite
le cap de la Hague puis descendons le long de la côte occidentale, en passant
devant les
baies de Vauville et de
Sciotot.
Ici aussi, les
obstructions et les batteries ont réalisé d'excellents progrès. Le soir,
nous revenons à Saint-Lô,
chez le général Marcks
.
Inspections du 10 mai 1944
1
l
11 11 mai.
-
Nous partons à 7 heures pour
Falaise, via Caen.
Rommel
ne s'est
pas
annoncé
et surprend le
Panzer-Regiment 22
(21.Pz-Div.
)
de l'Oberst
Hermann von Oppeln-Bronikowski
,
PC à
Aubigny à 3 km au Nord de Falaise (Calvados). La troupe produit une
excellente impression.
Rommel et l'Oberst Hermann von Oppeln-Bronikowski
L'état-major de la 21.Panzer-Division
fait exécuter des lancements de grenades et de fusées sur un terrain d'exercice.
Cette division possédait 3 types de lanceurs de roquettes:
l.Reihenwerfer auf Somua MCG S 307 (f) - 10./Pz.Gren.Rgt. 125 & 10./Pz.Gren Rgt. 192 (4 par Kp soit 8 engins)
Somua MCG 5, leichte Schützenpanzerwagen S 307 (f) mit Reihenwerfer, 16 tubes de mortiers de 81 mm Brandt ex-français alignés en deux rateliers de 8 tubes. Equipait les 10./Pz.Gren.Rgt. 125 & 10./Pz.Gren Rgt. 192 de la 21.Pz-Div. à raison de 4 engins par régiment.
s.Reihenwerfer auf Somua MCL S 303 (f) - 10./Pz.Art.Rgt. 155 (2
engins)
Source. schwere Reihenwerfer auf Somua MCL S 303 (f) Deux rangées de 10 tubes de mortiers de 81 mm Brandt ex-français. Deux véhicules seulement équipaient la 10./Pz.Art.Rgt. 155 (21.Pz-Div)
Les
"Reihenwerfer" sont en fait des mortiers de 81 mm Brandt ex-français,
deux
rangées de 10 tubes pour le s. (schwere) et deux rangées de 8 tubes pour le l.
(leichte)
et 8-cm-Raketen Vielfachwerfer auf Somua MCL, S 303 (f) -
Sturmgeschütz-Abteilung 200, Kdr
Major Alfred Becker
(nombre inconnu mais pas plus de 6),
le
Raketen-Vielfachwerfer est un vrai lance-roquette inspiré du
Katioucha
soviétique,
qui utilise des roquettes
Wurfgranate 38.
Source. 30 mai 1944. Détail des 20 rampes de lancement de 8 cm Raketen-Vielfachwerfer montées sur Somua MCL S 303. (f). Ce type de véhicule utilise des roquettes Wurfgranate 38.
Tirs en présence du correspondant de guerre
Hans Ertl
qui
indique:" Le 11 mai, dans la matinée, nous rendons visite à la 21.Panzerdivision
du Generalmajor Edgar Feuchtinger qui, plein de fierté, nous présente son "Orgue
de Staline" qu'il a bricolé lui-même, ou, mieux dit "Orgue de Granatwerfer". A
partir de celui-ci, 48 projectiles de munitions lourdes de mortiers peuvent être
tirés en même temps depuis la plate-forme d'un SPW et atteignent une portée
d'environ 5 000 m. Le spectacle qu'en tire le Generalmajor Feuchtinger est fort
impressionnant aussi bien pour nos caméras que pour les officiers de haut rang
présents. Quand notre Oberleutnant
Clemens Graf Podewils, en sa qualité de reporter, s'enquiert, avec sa
manière aimable et simple près de ces hommes supérieurs, de la manière dont
beaucoup de ces "orgues" coopéreraient ensemble en orchestre lors de l'invasion
qu'on attend, ils ricanent seulement et Rommel
dit : "Je souhaiterais avoir quelques centaines de ces choses et les munitions
qui en font partie"". Cité par Jean-Claude Perrigault dans
21.Panzer-Division, Heimdal,2001.
Le
Generalleutnant Edgar Feuchtinger
,
excellent organisateur, l'a
transformée avec des chars français. Il a, à son état-major, certains
personnages de
«
Rheinmetall
»,
ce qui est fort profitable à son armement.
Allusion au
Major
Alfred Becker
.
Après ce tir, nous déjeunons à son PC de
Saint Pierre sur Dives (au château
des Roches, 37 rue du
Bosq),
puis tenons une conférence dans le jardin.
Le château des Roches à Saint Pierre sur Dives.
Photo Fonds Mme Jacqueline Martin, Rommel à gauche et sa Horch derrrière le château des Roches.
Les unités
subordonnées reçoivent l'ordre de confectionner au plus vite des chars factices,
qui joueront le même rôle que les batteries simulées pour l'artillerie.
Rommel
a
l'intention
d'établir les éléments avancés de la 21. Pz-Div.
dans la région de
Carentan. Retour à La Roche Guyon à 17H00.
Inspections du 11 mai
12 mai.
- A la suite de cette
tournée, Rommel
informe le
Generaloberst
Alfred Jodl
chef des Opérations de l'OKW que la partie méridionale du Cotentin
demeure vide et lui demande d'y transférer la
12.SS-Panzer-Division
Hitlerjugend
.
Dans l'après-midi Rommel parle avec le Generalleutnant Fritz Bayerlein
,
le commandant de la Pz.-Lehr-Div.
.
Bayerlein avait combattu avec Rommel en Afrique. Ensuite il a une conversation
avec le
Generalmajor
Karl-Henning von Barsewisch
General der Aufklärungsflieger,
Oberkommando der Luftwaffe (OKL).
Le
soir, le
General der Artillerie Eduard
Wagner
,
Generalquartiermeister à l'OKW,
venu
pour conférer avec le maréchal,
est notre hôte à dîner.
13 mai.
- Nous partons (Rommel, Ruge, von Tempelhoff, Staubwasser et Peters) à 7 heures en direction de la Somme. L'inspection commence par la
2.Panzer
Division
,
Kdr
General der Panzertruppen Heinrich
Freiherr von Lüttwitz
,
PC au château de Courcelles
sous Thoix (Somme).La division entière est cantonnée en dehors des agglomérations,
en grande partie sous bois.
L'entraînement et
l'équipement
sont satisfaisants, à part un manque de DCA. Tous les itinéraires de la région, entre Boulogne et Dieppe, ont été reconnus.
Nous continuons sur Abbeville pour voir la
85.ID
, placée
en seconde ligne. Elle a son PC à
Crécy
en Ponthieu (20 km au Nord d'Amiens,
l'ancien PC de la 344.ID ?), Kdr
Generalleutnant Kurt Erich Chill
La division doit s'organiser
de façon
à pouvoir riposter
instantanément.
Il faut
donc accroître
la
quantité de munitions à l'avant. L'installation
des pieux est satisfaisante; le plan
de feux est bien étudié.
Ensuite, visite du secteur de la 348.ID,
Kdr
Generalleutnant Paul Seyffardt
en première ligne,
possédant d'excellents points d'appui
sur la
côte. 230 000 pieux
sont en place. La fabrique de tétraèdres de
Cayeux présente
un nouveau
modèle
qui ne
plaît
pas
à Rommel.
On lui
montre pour la première
fois des mines
«
casse-noisettes»
Nussknackerminen (Il
s'agit d'un système astucieux constitué d'un pot en ciment fixé au sommet d'un
piquet lui-même fiché sur un socle comprenant cinquante kilos d'explosifs.
Heurté par une péniche, le pot fait levier et la charge explose), et, cette fois, il est satisfait.
Source: à gauche, au centre et à droite. Un stock de socles en béton filmé. Pétardage à Wissant en octobre 2014
Pendant que nous gagnons le Touquet pour passer la nuit au Foyer du Soldat à la villa Rosetiles, avenue des Troënes, de grosses formations de bombardiers nous survolent.
Source: Alain Chazette, Rommel dans une rue du Touquet.
14 mai.
~ Nous repartons à 06H45. Nous voyons d'abord la 326.ID, en deuxième ligne,
PC
à Enquin (Pas
de Calais), Kdr
Generalleutnant Viktor von Drabich-Wächter
.
Elle s'est bien
préparée pour attaquer les têtes de pont éventuelles.
Un régiment entier a
été rendu mobile avec des bicyclettes, les deux autres n'en possèdent que pour
une compagnie chacun. La division a construit des batteries simulées et planté
100 000 pieux, bien aidée par la population.
Selon Hans Sakkers la réunion a lieu au PC du
Grenadier-Regiment 752 (localisation inconnue).
A
Montreuil à 09H00, le
Generalleutnant Sigfrid Macholz
,
191. Reserve-Division (non depuis
février
49.ID
), fait
son rapport et montre une carte intéressante où tous les bombardements aériens
ont été portés.
Selon Hans Sakkers, à 10H15. Rommel est au
StP Atlantik
au sud du Touquet-Plage (déjà visité le 23 décembre 1943).
La 15. Armee y avait organisé une
rencontre avec des représentants du Heer, de la Kriegsmarine et de la Luftwaffe
ainsi que de l’Organisation Todt
,
avec les actualités cinématographiques. Rommel y pris la parole.
StP Atlantik Le Touquet Sud. Source.
A Hardelot-Plage (seconde visite, la première le 3 février) nous examinons les entonnoirs laissés par les attaques; dans le sable, ils font moins d'effet que dans l'argile et surtout dans le moellon. Selon Yannick Delefosse, Rommel est sur la plage de Saint Gabriel (commune de Camiers) qu'il quitte à 11H00 pour se rendre au Mont de Terre (IGN 142 m) à environ 5 km au Nord où se trouve une batterie divisionnaire 5./AR 149 (49.ID) équipée de 4 pièces de 10 cm 14/19 (t) en encuvements, accompagnée par des abris pour personnel H 51a et H56a et des soutes à munitions H52a.
Source Alain Chazette. Batterie du Mont de Terre au StP Gruppe Mont Saint Frieux à Neufchâtel-Hardelot . Abri H 613 avec sa cloche d'observation périscopique du Mont Saint Frieux près d'Hardelot lors d'une visite de Rommel.
A midi, déjeuner à plat unique avec des soldats et des travailleurs dans une installation pour armes V, au Châtel, consistant en une sorte de tunnel qui s'enfonce dans la roche. Pas trouvé ce lieu.
Carte IGN, localisation du Mont de Terre. AGRANDISSEMENT
Le général von Salmuth parle avec
beaucoup de cordialité sincère
du maréchal
.
Dans
l'après-midi, nous visitons la 331.ID,
Hans
Sakkers indique la présence du
Generalmajor Heinz Furbach
alors que depuis le 25 avril
le Kdr
était le
Generalleutnant Karl-Ludwig Rhein
avec le
PC à Licques
(Pas de Calais).
Elle a posé 98 000 pieux jusqu'ici.
Puis nous passons à la
182. Reserve-Division,
Kdr
Generalleutnant Richard Baltzer
,
PC à Helfaut
(Pas de Calais);
elle ne compte que 182 officiers et sept bataillons et est pauvrement montée en
armes.
A 17 heures,
conférence avec le General
der Artillerie Johann Sinnhuber
,
commandant du LXXXII.AK, PC à Aire sur
la Lys (Pas de Calais).
Rommel
exprime sa satisfaction pour ce qui a été réalisé (900 000 pieux contre
débarquements aériens). Nous rentrons par Beauvais et arrivons au Q.G. à 20H30.
Inspections du 14 mai 1944.
15 mai. - Le maréchal
me fait appeler de bonne heure pour me parler d'un repliement éventuel des
canons installés à découvert dans les batteries de l'armée. Il pense comme moi
qu'ils n'ont aucune chance de survivre au premier bombardement.
Hitler
téléphone
à Rommel
au sujet des lance-fusées
multitubes
16 mai.
- L'ambassadeur
Otto Abetz
est
notre hôte à dîner.
17 mai.
Départ à 7 heures pour le Cotentin, via Caen.
A l'est de Carentan un guide nous attend pour nous conduire
à la
91.Luftlande Infanterie Division
, récemment arrivée,
mais il s'égare
souvent. A 11 heures nous arrivons au
château
"Haut de Bernaville" à Picauville (Manche),
PC du
Generalleutnant Wilhelm Falley
.
Source. Le château "Haut de Bernaville" à Picauville(Manche), PC du Generalleutnant Wilhelm Falley.
Photo : Duchemin Christian. Rommel sur les marches du château à sa gauche Falley
Nous
déjeunons
à 12 heures avec l'état-major dans une grande salle aux murs peints pour
représenter du marbre.
Ensuite
inspection à 13H15 des secteurs de la 91.
Luftlande-Div.
et du FJR.6.
Dans ce cadre visite plusieurs emplacements dont l'aérodrome
de Lessay. Le futur ALG A-20.
Source: Photo musée d'Utah. Rommel inspecte la future plage d'Utah beach au printemps 1944
Peu
après 20 heures, nous atteignons le
Val-André
(Côte du Nord) où la 2.Kp/SS-Wehrgeologen-Bataillon,
Kdr
SS-Obersturmbannführer Dr. Ralf Höhne
a
construit de superbes obstacles de plage. Après le dîner, Rommel
va se promener dans cette " forêt ".
Source collection Michel Grimaud. Les nombreux obstacles sur la plage du Val-André. Rommel devant un imposant obstacle.
Au Q.G. : Rommel
recommande de replier les batteries
de l'armée non installées sous casemate dans des positions bien camouflées,
conformément aux leçons tirées des bombardements effectués au cours des récentes
semaines.
18 mai.
- A 7 heures, le commandant de la 77.ID.
,
le
Generalmajor Rudolf Stegmann
,
PC à Tressaint près de Dinan présente son rapport. Ensuite
départ, nous inspectons le secteur de cette division, le KVA A1, à l'ouest de la baie du Mont-Saint-Michel.
Nous voyons
des mines en verre et trois fabriques de mines
«
casse-noisettes ».
La division produit bonne impression, en particulier le capitaine de cavalerie Sörensen qui commande avec une autorité
manifeste un bataillon de
Tartares.
Source. Rommel au centre et Stegmann sous la croix
Il s'agit du Wolga-Tatarische-Bataillon 627 aux ordres du Rittmeister Sörensen. A noter la mutinerie signalée le 2 juillet 1944 par l'OB West lors des combats en Normandie : "Au travers de la propagande des Américains adressée au Georg.Btl.797 (709.ID), le Wolga-Tat.-Btl.627 a subi une influence néfaste. Le Kdr. du Wolga-Tat.-Btl.627 a été blessé dans une embuscade lors d’un complot de ses propres hommes. 60 hommes ont déserté pour rejoindre les Américains. Le Wolga-Tat.-Btl.627 a été immédiatement retiré du front, et le désarmement de tous les éléments douteux effectué." Le Rittmeister Sörensen est installé à Matignon et contrôle avec son bataillon l'ensemble du Küsten Verteidigung Unter Gruppe (KVUG = sous-groupe de défense côtière) Matignon. Ce bataillon est responsable de nombreuses exactions envers la population.
Visite
à
Saint-Pabu (plage
sur la commune d'Erquy)
puis Rommel
parle à des officiers rassemblés à
Lancieux. A Quintin,
à 11H30, PC du
II. Fallschirm-Korps (II.FSK)
,
General der Falschirmjäger Eugen Meindl
,
nous rencontrons le général Dollmann
et les
commandants des unités stationnées dans le nord-ouest de la Bretagne.
Quintin
(Côtes du Nord) 18 mai 11944. PC du II.FSK
.
Autour de Rommel qui effectue sa dernière tournée en Bretagne, une brochette de
généraux. De gauche à droite : General der Infanterie Erich Straube
Kdr LXXIV.AK; , Generalleutnant. Dipl.Ing. Richard Schimpf
,
Kdr 3.FJD
;
Generalmajor Wolfgang Erdmann
Chef du Stab de la
1.
Fallschirm Armee ;
General der Falschirmjäger Eugen Meindl
,
Kdr II.FSK
;
derrière lui, son chef d'état-major, l'Oberst
i.G Ernst Blauensteiner
; Rommel derrière lui l'Hauptmann Hellmuth Lang
,
son aide de camp; assis de profil
Generaloberst Friedrich Dollmann
,
Kdr
7.Armee
et de dos General der Artillerie Wilhelm Fahrmbacher
,
Kdr XXV.AK.
En Bretagne, on a commencé à poser des mines côtières; dans le secteur du corps Fahrmbacher de Roscoff à Pornic soit 816 kilomètres de rivage, 129000 pieux et 35 000 tétraèdres ont été mis en place.
Au
retour, nous faisons un détour par l'état-major
de la 21.Panzer-Division
,
à Saint Pierre sur Dives
(au château des Roches,
37 rue du Bosq)où
Rommel
discute
avec le Ia
l'Oberstleutnant Wolf-Götz Freiherr von Berlichingen-Jagsthausen de
l'achèvement des lance-fusées multitubes. Il en réclame 100, ce qui parait
beaucoup à l'état-major.
En fait 16 lanceurs au 6 juin 1944.
Source. 8-cm-Raketen Vielfachwerfer auf Somua MCL S 303 (f) de la Sturmgeschütz-Abteilung 200 (21.Pz-Div.)
Le correspondant de guerre
Hans Ertl
est
présent: "Puis on revient encore une fois chez le général Feuchtinger pour
filmer ses "orgues de mortiers" lors d'un tir. Pour la prise de vue, j'utilise
cette fois un objectif à reproduction venant de l'Astro-Gesellschaft à Berlin
avec lequel j'avais travaillé en dernier lieu lors du film « Victoire
à l'Ouest » en 1940. Cet objectif multiplie un objet au moyen d'une taille
en forme de facettes, si bien que, devant l'appareil, il n'y a en fait qu'un
« orgue de mortiers» en action mais, plus tard, sur l'image du film, on peut
voir 12 de ces imposants cracheurs de projectiles. Dommage, estime le général
Feuchtinger, que nous ne puissions pas augmenter ainsi réellement nos orgues par
ce truquage. » Cité par Jean-Claude Perrigault dans 21.Panzer-Division,
Heimdal,2001.
Dans la région de Falaise les avions mitraillent les routes, de sorte que nous avançons avec prudence. A 21H30 nous nous retrouvons chez nous, et, dans le mess, évacué à cet effet, tenons une conférence sur les résultats de la tournée. Accessoirement nous dînons.
Inspections des 17 et 18 mai 1944
19 mai. - Nous travaillons à l'exploitation de ces résultats.
20 mai.
- Dans la matinée plusieurs alertes aériennes. Au soir, de vastes formations
passent au-dessus de nous.
Le maréchal
demande au
gauleiter Karl Kaufmann
de venir le voir pour discuter une augmentation du trafic sur les canaux, afin
de faciliter le ravitaillement.
Le maréchal von Rundstedt
vient déjeuner avec nous, accompagné
de son
fils Hans
(sous-lieutenant) et du
General der Infanterie Günter Blumentritt
.
L'invitation lui fait visiblement plaisir.
Source Archives du Val d'Oise. Rommel et von Rundstedt dans le grand salon du château de La Roche-Guyon
Dans l'après-midi, on amène à Rommel
deux officiers anglais faits prisonniers au cours d'une tentative de
reconnaissance des obstructions de plage dans le secteur de la 15.Armee.
Certainement des commandos de l'Operation
Tarbush.
Celle-ci.
a
dû
les
transférer
au
SD
,
en vertu d'un
ordre
permanent.
Speidel
a
demandé
qu'ils
soient
envoyés
à
La
Roche-Guyon
et, avec
l'accord
de
Rommel,
il
les
fera
transporter
dans
un
camp
de prisonniers,
ce qui leur
sauvera probablement
la
vie.
Rommel
s'entretient
pendant
assez
longtemps
avec
eux.
A cette date 4 193 1567 mines sont
posées. Source
.
21 mai. - Vers
midi se présente
le
Vizeadmiral Friedrich
Rieve
Kommandierender
Admiral Kanalküste qui
vient
discuter
avec
le
maréchal
le
repli des
batteries
de
l'armée
et la
conduite
du tir de l'artillerie
de côte.
Rommel
s'entretient
avec
le directeur
ministériel
Elmar Michel
,
Chef der Militärverwaltung
au
sujet de la
fourniture du charbon
et de l'électricité nécessaire
pour les productions
de guerre en France.
A 16 heures, le maréchal
part avec Meise
,
Ruge
et les deux chiens pour une promenade
de près de trois heures.
22 mai. - De
bonne heure,
Rommel
inspecte
notre Q.G. de rechange à Vernon (13 km en aval sur
la Seine). Il
emmène le
correspondant de guerre Lutz Koch de la
Pz.Pk.693
afin
de faire
rédiger
par celui-ci
un article
qui
détournera
l'attention
de La
Roche-Guyon.
Le
Generaloberst
Hans Eberhard Kurt von Salmuth
,
Kdr de la 15.Armee
vient conférer
et déjeuner.
Il
ne veut pas
céder
ses derniers
chalands Siebel.
Source. Siebel ponton automoteur de 143 tonnes pouvant embarquer 50 à 100 tonnes, filant à 11 nœuds mais très instable ce qui limitait son utilisation.
23 mai.
-
A
la
fin de
la
matinée
entretien
avec le
gauleiter
Karl Kaufmann
sur
l'accroissement des transports
fluviaux.
24
mai.
-
Dans
la
matinée,
Rommel
visite
un
parc,
à matériel
de l'armée où on lui montre une
mitrailleuse
escamotable,
avec miroir de visée,
et
la fabrication
de lance-fusées
de fortune. Il faut rentrer par
un itinéraire
détourné,
un pont
ayant été détruit, et
les chasseurs
ennemis
étant
nombreux dans le ciel.
sous
réserve au Heeresfeldzeugpark Fabrik Buck à Versailles
Source. Rommel se déplace ce jour-là en Mercedes, derrière lui Lang
25 mai. - Le chef d'état-major du XLVII PanzerKorps, l'Oberst Walter Reinhard, vient à la fin de la matinée. A 16 heures, départ pour la chasse aux lapins dans une contrée très jolie et accidentée, où ces animaux sont abondants. Nous rentrons bredouilles. Rommel s'entretient ensuite avec le chef du service de la propagande, à l'état-major de l'OB West.
26 mai.
- Le
General
der Flakartillerie Wolfgang Pickert
,
Kdr du
III. Flakkorps
arrive à la fin
de la
matinée, le General der Fallschirmtruppe Kurt
Student
,
Kdr 1.Fallschirm-Armee
et le commandant du
XLVII. PanzerKorps
, le
General der Panzertruppen
Hans Emil Richard Freiherr von Funck
,
viennent dans l'après-midi.
Source Archives du Val d'Oise, collection C. Brossais. Réunion dans le grand salon du château de La Roche-Guyon; de gaucha à droite: Rommel, von Funck, de dos Student, Tempelhoff et le Major i. G. Wolfgang Berlin de l'E-M de la 1. Fallschirm-Armee.
Conversation
téléphonique avec le
Staatssekretär
Albert Ganzenmüller
qui s'élève contre
l'ingérence
du gauleiter
Karl Kaufmann
dans la question des transports et invite
à
soumettre celle-ci
aux autorités compétentes du Reich. Mais Rommel essayait d'obtenir de Kaufmann
des moyens supplémentaires.
27 mai
(veille de la
Pentecôte).
- Le maréchal
se rend
dans
la
matinée à la fabrique des lance-fusées.
A voir avec le Paris Baukommando Becker, PC à Maisons-Lafitte), les véhicules venaient des deux usines Hotchkiss de Saint-Denis : une boulevard Ornano et une au 67 rue Bonnevide. Quant à la branche armement deux usines: une à Levallois-Perret, quai Michelet et une à Clichy (fabrique d'armement et plaques de blindage).
Source à gauche. Usines Hotchkiss Source à droite.
Inspections du 27 mai 1944
Dans l'après-midi, à la chasse aux lapins, avec des furets pour changer mais sans plus de succès. Le III. Flakkorps doit être rendu mobile, avec deux régiments à la 15. Armee et un à la 7.
28 mai. - Magnifique temps de Pentecôte. Nous jouons au tennis et au ping-pong.
29 mai.
- Le
General der Infanterie
Walter Buhle
chef d'état-major de l'Armée de terre (Heer)
à l'OKW et
le
General der Pioniere
Alfred Jacob
,
spécialiste du Génie à l'OKH
(Inspecteur des fortifications et chef
du
Generalleutnant René Eberle
,
responsable de la construction et du développement des fortifications du Mur de
l’Atlantique)
viennent dans la soirée au sujet de la
fabrication
des lance-fusées.
30 mai.
-
Nous
partons à 6H30 pour assister
à une présentation de lance-fusées:
Rommel
,
Ruge
,
Meîse
,
Dihm
,
Lattmann, les généraux invités Gen.der Inf.Buhle
et Geii.der Pi. Jacob
et deux photographes de guerre.
Les ponts de
Mantes
(Seine et Oise) sont toujours intacts,la démonstration
a lieu
à Riva-Bella
à partir de 10H00.
Grande assemblée:
von Salmuth ,
Dollmann
,
Krancke
,
Kuntzen
,
Marcks
,
le baron
von Funck
,
d'autres
encore. Les essais
font
impression.
Le
général Buhle
promet d'envoyer
en France
les
lance-fusées qui se trouvent en Allemagne,
mais
il retirera
malheureusement
cette promesse.
Déjeuner
à une
cuisine de campagne,
sous
les arbres d'un parc
(endroit non localisé).
Ruge, Meise, Dihm et Lattmann retournent à La Roche-Guyon.
Rommel
,
accompagné
par
Buhle
et
Jacob
,
inspecte ensuite
des positions
sur
la
côte (notamment
à Lion sur
Mer).
Voir ici le reportage photographique à Riva-Bella, Lion sur Mer et le bois de Lébisey.
Dans l'après-midi, le pont de Gaillon (Eure) est détruit, celui de Mantes également, ainsi que tous les autres, entre Elbeuf (Seine-Inférieure) et Paris. C'est fort gênant, quoique des bacs soient aussitôt installés en la plupart de ces points. En revenant à La Roche-Guyon, le maréchal doit traverser la Seine dans une embarcation. Repas à 20H30.
Inspections du 30 mai 1944
31 mai.
-
Dans
la matinée,
Rommel
visite
les
ponts
détruits
de
Mantes, Vernon et Gaillon.
Visites du 31 mai 1944
Au déjeuner, nous
avons
pour
convive
le
fils
de Guderian
,
le
Major i.G., Panzertruppe Heinz-Günther Guderian
de l'E-M de la 116. Panzer Division
.
Dans
l'après-midi,
le
SS-Oberstgruppenführer Josef Dietrich
,
Kdr du
I.SS
Panzer Korps
vient conférer.
JUIN
1
juin.
- Dans la matinée,
le
maréchal
discute plusieurs questions avec le Ministerialdirektor
Alfred-Ingemar
Berndt
du ministère de la Propagande, en particulier au sujet
des
moyens à employer pûur influencer l'adversaire en ce qui concerne le moment
de son débarquement. Dans l'après-midi,
il
visite
la forteresse
de Dieppe et les secteurs des 245.ID,
PC
à
Saint Vaast d'Équiqueville (Seine
Inférieure), Kdr
Generalleutnant
Erwin Sander
et 348.ID,
Kdr
Generalleutnant Paul Seyffardt
secteur
de Saint Valéry sur Somme / Le Tréport. QG au château de Friville Escarbotin
(Somme).
La batterie de 17 cm d'Ault est bombardée. à deux reprises. Rommel ordonne de la replier jusqu'à l'achèvement des casemates.
La Heeres-Kusten-Batterie d'Ault / Onival 1 /I./H.K.A.R. 1252, Stutzpunkt Ca 015. Cette batterie érigée à 300 mètres au Sud-est du phare regroupe donc 3 pièces de 17 cm K18 Mrs.Laf, montées sur couronnes circulaires, en emplacements bétonnés. En 1944 deux casemates type H688 devaient être réalisées pour protéger les canons contre un bombardement, celles-ci ne furent jamais achevées.
Tempelhoff
est promu colonel, Behr
reçoit le brevet d'état-major,
Nous
fêtons ces événements le soir, en même temps que nous disons au revoir à l'Oberst
I.G. Adolf Heckel et
aux
autres officiers de notre section logistique qui est dissoute.
2 juin.
-
L'OB West
fait
paraître (sur le
«
désir» de
Hitler
) un ordre
donnant les pleins pouvoirs,
même
dans la
période préparatoire,
aux divers commandants de forteresse.
Dans
l'après-midi,
battue
à laquelle
prennent
part une douzaine de chasseurs.
3 juin. -
Le
General der Artillerie Emil Leeb
du
Heeres-Waffen-Amt et
le
Generalleutnant
Dipl.-Ing.Erich
Schneider
,
Amtsgruppenchef vom Waffenprüfungsamt wieder im Heereswaffenamt (chef du
département responsable des essais de nouveau matériel militaire), promettent au maréchal
de faire construire
des lance-fusées
multitubes,
et vont
voir les engins chez Feuchtinger
.
Dans
l'après-midi, Rommel
se rend
au Q.G. de von Rundstedt
pour communiquer à celui-ci
son intention de se
rendre en Allemagne du 5 au 8 juin.
«
II tient avant tout à s'entretenir
personnellement avec Hitler
,
à l'Obersalzberg
pour lui demander d'envoyer
en Normandie deux divisions blindées, un corps de DCA et une brigade de
lance-fusées.
4
juin. -
Rommel
part à
6 heures pour l'Allemagne, après avoir
téléphoné au
General
der Infanterie Rudolf Schmundt
,
aide de camp de Hitler et chef du bureau du personnel de l'Armée de terre (Heer)
pour annoncer sa visite.
5 juin
1944,.
Au matin,
temps de pluie, au quartier
général du
Heeresgruppe B
chacun
fit sa
besogne comme à l'ordinaire.
Au dîner,
Speidel
avait
rassemblé
d'intéressants
convives:
l'écrivain
Ernst
Jünger
,
qui
servait,
comme
capitaine,
à l'état-major
du
Militärbefehlshaber in Frankreich
(MBF)
commandant
militaire
en France
à l'hôtel
Majestic,
avenue Kléber;
le consul général
Pfeiffer;
le colonel List;
Wilhelm Ritter von Schramm,
correspondant
de guerre
et
beau-frère
de Speidel;
le Dr Horst,
affecté
à
l'intendance
militaire
et
l'officier
de marine
de liaison
à la
15.
Armee.
6 juin à
01H35, la 7.Armee
annonça
des descentes
de
parachutistes
sur la
côte
orientale
du Cotentin,
et la
15.Armee
en signala
d'autres à l'est
de Caen,
jusque
dans
les parages
de Deauville.
En outre, des renseignements
sur
l'arrivée
de grosses formations
aériennes nous parvinrent.
Dans les heures qui suivirent vinrent d'autres annonces de descentes de parachutistes et, à partir de l'aube, la nouvelle que de très nombreux navires se trouvaient devant la côte et que des débarquements commençaient. Dans la matinée seulement, il devint évident qu'il ne s'agissait pas d'une diversion mais d'une grande attaque dont le front s'étendait de l'est de l'Orne jusqu'au nord-ouest de l'embouchure de la Vire.
Speidel
alerta
Rommel
par
téléphone,
en même
temps
que
les
chefs des unités rapides qui se trouvaient
au voisinage
de la
région
attaquée. Sans perdre de temps,
il
mit
en vigueur
toutes
les mesures arrêtées avec
le maréchal
avant le
départ
de celui-ci
qu'il tint au courant
avant
sa montée
en
voiture
et
en
cours de route par un
coup de
téléphone.
Rommel
arriva
le
soir
à
La
Roche-Guyon,
exprima
sa
satisfaction
pour la
rapidité
et la
justesse des réactions,
et approuva
tout ce qui
avait
été
fait en son absence.
Agenda de Rommel pour le 6 juin (NB il en existe plusieurs versions)
07H30 Rommel est prévenu chez lui, à Herrlingen (à 800 km du front) qu'une opération de " lâchers de parachutistes" a démarré dans son secteur.(certainement par Speidel son chef d'E-M.)
10H00 Rommel quitte son domicile de Herrlingen (Allemagne) en direction de la Normandie.
16H55 En route vers son QG, Rommel (accompagné du Hptm Helmuth Lang son aide de camp personnel) s'arrête à Nancy et téléphone à La Roche-Guyon pour obtenir des nouvelles du front
19H00 Rommel fait une halte à la Kommandantur de Reims pour s'informer de la situation sur le nouveau-front.
21H30 , Rommel rentre à son quartier général
Speidel
essaya
aussi
de faire
s'ébranler
en direction
du champ
de bataille
la
12.SS-Panzer-Division
Hitlerjugend
,
Kdr
SS-Brigadeführer Fritz Witt
qui
ne
lui
était
pas
subordonnée, mais
en vain.
Dès
02H45,
la
15.Armee
avait
suggéré
d'alerter
cette division
et,
à 5H50,
le
Heeresgruppe B
demanda
au
Panzergruppe West
de l'avancer
de
part
et d'autre
de Lisieux,
mais,
à 9H40, l'OB West
arrêta
tous
ces
mouvements,
parce qu'il n'avait
pas
l'accord
de l'OKW.
Il est plus que douteux que Rommel eût
pu y
changer
quelque
chose s'il
s'était trouvé présent au Q.G.
A 14H32 seulement arriva
l'autorisation d'engager
la
12.SS-Panzer-Division
Hitlerjugend
dans la zone de la 7.Armee
.
A 15H07, le
I.SS-Panzerkorps, Kdr
SS-Oberstgruppenführer Josef Dietrich
fut
chargé
d'assumer
le commandement de la
12.SS-Panzer-Division
Hitlerjugend
et
de
la Panzer Lehr Division
,
Kdr
Generalleutnant Fritz Bayerlein
.
Les deux unités se trouvaient
beaucoup
trop éloignées pour intervenir
ce jour-là.
L'aviation
ennemie
leur
causa
de lourdes
pertes et démolit les
routes, de sorte que seuls
des éléments
de la
12.SS-Panzer-Division
Hitlerjugend
arrivèrent
en
position
le
7 juin
au
soir, et que
les
deux
divisions
ne purent passer
à
la
contre-attaque
que le 9, avec
ce qui
restait
de la
21. Panzer Division
.
La 15./25 du SS-Hauptsturmführer Horst
von Büttner « Aufklärung Kompanie » du SS-PzGr-Regt 25 est à l’ouest de Caen le
6 au soir; le
SS-Standartenführer Kurt Meyer
, Kdr du
SS-PzGr-Regt 25 installe son PC dans la nuit du 6 au 7 juin dans le café « A la
Bonne Franquette » à
Saint Germain la Blanche Herbe.
Photo collection Editions Heimdal.
A ce moment, l'adversaire avait déjà débarqué des masses d'hommes et de matériel dans sa tête de pont et organisé sa défense.
En revanche,
la
21. Panzer Division
,
directement
subordonnée
au Heeresgruppe B
intervint
dès le
premier
jour,
mais
son
action
ne fut manifestement pas
placée
sous
une
bonne
étoile.
Elle se trouvait
plus loin de la côte
que
ne
le
lui
prescrivait
l'ordre
formel de Rommel.
Comme
cela
se
révéla
plus tard
(j'assistai
à la
conférence le 15 juillet 1944),son
chef
avait
mal
compris un ordre
d'avril
et avait aussi
peu
suivi les idées du maréchal que celle de Geyr von
Schweppenburg
.
Dès le 6 juin au matin, elle
attaqua les parachutistes anglais à l'est de l'Orne, fut rappelée par le
LXXXIV.AK, traversa
Caen en subissant des pertes et attaqua dans l'après-midi à l'Ouest de
l'Orne en direction de Riva-Bella: ses éléments avancés (Obesrt von
Oppeln-Bronikowski
)
atteignirent presque la mer.
Comme, à ce moment, les Anglais continuaient à débarquer des troupes aéroportées de part et d'autre de l'Orne, « la décision fut prise localement de rompre l'attaque et de dégager les éléments arrière. Un très précieux service fut ainsi rendu à l'adversaire, et le succès initial ne fut pas exploite.» (Speidel, « Invasion 1944 » ).
NB Toute cette relation des faits du 6 juin serait à reécrire pour la "vérité historique" mais ce n'est pas le sujet!
7
juin, Rommel
alla immédiatement trouver Geyr von Schweppenburg
, QG à
Auteuil qui lui était désormais subordonné.
Visite du 7 juin 1944
Trop
tard! La 12.SS-Panzer-Division
Hitlerjugend
avait parcouru 120 km, la
Panzer-Lehr-Division
180, mais elles n'arrivèrent pas groupées et durent
aussitôt boucher des brèches dans le front. La contre-attaque du 9 ne réussit
pas. Le Q.G. de Geyr
fut détruit par des bombes le 10
à
La Caine
(Calvados), ce qui ne facilita pas l'exercice du commandement.
La
mission du Heeresgruppe B
consistait désormais à empêcher cette percée s'il ne parvenait pas à réduire la
tête de pont. Les forces dont il disposait alors suffisaient tout au plus pour
former un front défensif cohérent. Rommel
se consacra à cette tâche avec toute son énergie. On comprend toutefois qu'il
ait essayé d'établir les raisons du succès de l'adversaire, pour en tenir compte
dans la conduite future des opérations et non pas seulement pour se mettre en
garde contre la méfiance croissante qu'on lui manifestait au quartier général du
Führer
.
Il les exposa dans ses « Considérations » du 3 juillet 1944 en désignant comme les principales:
1. L'âge moyen trop élevé dans les divisions, les insuffisances de leur armement, les retards pris dans la construction des fortifications, les déficiences du ravitaillement.
2.
L'emplacement trop en arrière de la
12.SS-Panzer-Division
Hitlerjugend
3.
L'emplacement trop en arrière de la
Panzer-Lehr-Division
4. Le
fait que le II. Flakkorps ne se trouvait pas entre l'Orne et la Vire.
Doit s'agir du
III. Flakkorps
du
General
der Flakartillerie Wolfgang Pickert
5. Le
fait que la
Werfer-Brigade 7
n'était pas dans la région de Carentan, comme cela avait été demandé.
6. L'absence de mines dans la baie de Seine.
7.
L'aviation
n'avait pas apporté le concours promis.
8. La
marine
n'avait pas apporté le concours promis; en particulier elle n'avait pas fait
surveiller la baie de Seine par des patrouilleurs durant la nuit.
9. Le manque d'une section logistique au Q.G. (pour le ravitaillement).
10. La défectuosité de l'organisation du commandement.
Sur
les points 1,7 et 8, il n'était guère de remèdes possibles; les promesses de
Hitler
et de
Göring
ne pouvaient créer les avions qui n'existaient pas.
Voir le texte complet en date du 3
juillet
8 juin Arrivée de Rommel au château de Guitaud à Tourmauville, hameau de Baron sur Odon. Source témoignage de M. Bernard Michel dans article de M. Vincent Dussutour dans Normandie Magazine 1944 N°25.
Château de Tourmauville, Rommel coucha dans la tour à gauche.
-
Dans la soirée,
Rommel
fait son apparition au PC du
Generalleutnant
Bayerlein
,
établi à Cheux,
afin de préparer l'attaque
sur
Bayeux
par des unités de la
Panzer Lehr Division,
opération prévue pour le 9 juin. Cité par Jean-Claude Perrigault dans
21.Panzer-Division, Heimdal,2001.
Cheux à 7 km au Nord-ouest de Tourmauville (au Sud-est de Bayeux, Caen est à 22 km)
9 juin -
Dans l'après-midi Rommel
arrive au Mans, rue Chancy, au QG de la 7.AOK pour un entretien avec le
le général Dollmann
.
KTB de l'AOK7
10
juin. - Le maréchal
se rend
au Panzergruppe (Geyr von Schweppenburg
).
L'activité des aviateurs ennemis est telle qu'il lui faut se mettre à l'abri une
trentaine de fois en cours de trajet, bien qu'il ne suive jamais que des routes
secondaires.
Elle l'empêche d'atteindre le
I.SS-Panzer Korps (Sepp Dietrich
).
Pourtant ce document
établit par le
chef d'E-M du I.SS-Pz-Korps le
SS-Brigadeführer Fritz Krämer
,
en 1948 pendant sa captivité,
situe une visite
de Rommel le 10 juin 44, néanmoins se méfier de la date car dans le même
document il fixe au 11 juin l'attaque du PC du Pzgruppe West. Document
certainement écrit de mémoire sans disposer de toutes les notes nécessaires.
Le 10 juin 1944, à la joie générale, le commandant en chef du groupe d'armée B le maréchal Rommel, qui était responsable de tout le front, fait une visite au PC du Corps.
Dans l'après-midi du 11 juin une attaque aérienne ennemie écrase le QG du Panzergruppe West, en service depuis quelques jours. Le chef d'E-M le Generalmajor Ritter von Dawans et environ 40 officiers et hommes de troup sont tués. Le I-SS Panzerkorps est attaché directement à la 7. Armee.
Château de La Caine
Quelques heures avant sa visite, le PC du Panzergruppe West a subi un bombardement très violent. Le chef d'état-major, le chef du 3e bureau, d'autres officiers encore ont été tués ou gravement blessés; la conduite générale des unités blindées s'en est trouvée provisoirement interrompue.
En fait il faut lire après sa visite, Le
PC est installé au château de La Caine,
le 10 Juin vers 20H30 un
bombardement aérien
mené par 61 bimoteurs
B-25 et
40 Hawker
Typhoon . L'état-major du Panzergeruppe West, a été repéré grâce au
service d'interception radio britannique Ultra. Le
Generalleutnant
Leo Geyr von Schweppenburg
est blessé, son chef d'état-major le
General Sigismund-Helmut
Konrad Alfred Felix Georg Ritter und Edler von
Dawans
tué, de même que 16 autres membres de l'état-major dont 12 officiers dont
le Ia le Major i.G. Burgstahler; ainsi que l’officier de liaison du I.SS
Panzer Korps, le SS-Hauptsturmführer Wilhelm Beck
.
Source. Rommel en Normandie, en arrière-plan une épave de planeur Horsa
Visite du 10 juin 1944
11
juin.
-
Dans la matinée, Rommel
va voir von
Rundstedt
,
pour parler avant tout du ravitaillement, car, sous les coups des avions
ennemis, les transports ferroviaires se sont
complètement arrêtés, sans espoir de reprise.
Seules des avant-gardes de la 77.ID
,
de la
17.SS-Panzergrenadier-Division "Götz von Berlichingen
et du
II. Fallschirmjägerkorps
sont parvenues en Normandie occidentale. Dans l'après-midi,
le maréchal
m'emmène
dans le jardin et nous causons pendant deux heures en montant et
redescendant la hauteur derrière le château, en nous arrêtant aussi parfois.
12 juin - Le
General der
Artillerie Erich
Marcks
,
commandant du LXXXIV.AK, a été tué par des avions dans le Cotentin.
Le 12.Juin à 09H30, le General der Artillerie Erich Marcks, accompagné par l’Hauptmann Raben et son chauffeur quitte Saint-Lô par la RN 800 puis prend la direction de Périers. A proximité de Hébécrevon, le temps s'éclaircit. En très peu de temps des chasseurs-bombardiers alliés repèrent et attaquent en piqué le véhicule. Des roquettes sont tirées par un Typhon et d'autres avions. Un projectile de 20 mm sectionne une artère à l’aine droite du général le faisant mourir par hémorragie à 09H45 dans le fossé au bord de la route au hameau de La Vacellerie. Il est enterré au cimetière provisoire de Marigny.
Le
maréchal
se rend à la 116. Panzer Division
qui se trouve toujours de part et d'autre de la Somme.
A
Perriers-sur-Andelle (Eure) depuis le 7 juin.
Source le KTB de la Heeresgruppe B: Um 16.00 Uhr Besprechung O.B. auf dem Gefechtsstand der 116. Panz. Div. in Perriers.
Visite de Rommel à la 116. Pz-Div., à droite Rommel avec le General der Panzertruppen Gerhard Graf von Schwerin, Kdr de la division.
Visite du 12 juin 1944 (50 km de distance)
Le
Generalleutnant
Leo Geyr von Schweppenburg
vient dîner. Il est fortement impressionné par les
événements.
13
juin. - Rommel
se rend au PC du LXXXIV.AK.
Jusqu'au 5 juin 44 le QG était au château de Commines à Saint-Lô puis au moins jusqu'au 12 juin 1944, dans un abri anti-aérien creusé à partir de 1943 sous l'Institut Libre d'Agneaux de l'autre côté de la Vire. Du 12 au 15.06.44 aucune indication de la position du PC (peut-être en relation avec la mort de Marcks?), du 15/06 jusqu'au 15/07 à Périers à 30 km à l'Ouest de Saint-Lô.
A la
346.ID, les compagnies ne comptent plus que de 35 à 60 hommes. La
711.ID
. a
engagé ses ultimes réserves. La Werfer-Brigade
7
est actuellement arrêtée par le
manque de carburant. La
Luftflotte 3 se
déclare prête à apporter 20 000 litres d'essence avec 22 appareils, mais ensuite
elle fournit des camions pour une capacité de 60 tonnes, au lieu du
ravitaillement aérien. Les
Schnellboote essuient de lourdes pertes en essayant
d'attaquer les rassemblements de navires devant les plages.
Il est
curieux de parler des 346 et 711.ID suite à une visite au LXXXIV.(84)AK alors
que ces divisions d'infanterie dépendent du LXXXI.(81)AK du
General der Panzertruppen Adolf Kuntzen ,
PC à Canteleu. De plus le
KTB de cet AK indique une visite de Rommel à 10H20, voir ci-dessous:
14 juin -
Nous avons presque fini de dîner quand arrive le maréchal,
la
figure grave, visiblement très ému. Il est allé voir le
I.SS-Panzer Korps (Sepp Dietrich
),
PC à
Baron-sur-Odon,
le
XLVII. PanzerKorps
,
(Freiherr von Funck
),
PC
à 2 km au Nord de
Pontécoulant
et
la
2.
Panzer-Division
du
General der Panzertruppen Heinrich Freiherr von Lüttwitz
,
PC à
Brémoy
malgré la forte activité de l'aviation ennemie. Ensuite, Rommel
se promène encore pendant une heure avec moi
,
dans le jardin.
Inspections du 14 juin 1944
15 juin.
- L'amiral Krancke
arrive vers
midi. Il reste trois quarts d'heure avec le maréchal
,
qui lui dit la vérité sur la situation, ce que, apparemment, Rundstedt
n'a pas fait la veille. Après le repas, Rommel
,
Speidel
,
Krancke
et moi
prenons le café ensemble et poursuivons la discussion
Dans
l'après-midi, je
m'entretiens longuement sur la situation avec l'Hauptmann Lang
,
aide de camp personnel de Rommel.
L'Oberstlt.
Greif de l'OKL
,
dine avec nous. Il est très frappé par la gravité des circonstances,
mais ne peut libérer
plus de 150 à 200 chasseurs en face des 4 000 a 5 000 dont dispose l'autre camp!
Après
le repas, Rommel
se
promène avec moi
.
16 juin.
Le maréchal
part à 08H30 pour le Cotentin, où il va d'abord au III. Flakkorps à
Sainte-Honorine-du-Fay
(Calvados), puis au LXXXIV.AK à Périers (Manche), et y rencontre les généraux
Fahrnbacher
(remplaçant de Marks
)
et Meindl
.
Après avoir été saluer la tombe du général Marcks
à Marigny (Manche), Rommel
se rend au Mans pour voir le général Dollmann
. A 02H30, il est de retour au Q.G.
Inspections du 16 juin 1944
17 juin. - A 02H30, il est de retour au Q.G.
Rundstedt
,
Rommel
et Speidel
se rendent à
Soissons pour conférer avec Hitler
et sa suite.
En fait à Margival-Laffaux (Aisne) à 12 km au Nord-est de Soissons au Wolffsschlucht 2 (ravin du loup).
Source. Un des bunkers du Ravin du loup 2.
Le
maréchal
rentre
au Q.G. presque en même temps que moi. Après le dîner il
se promène avec moi
et me donne des détails sur son entrevue avec Hitler
.
Celui-ci projette une contre-attaque
grandiose.
Speidel
a noté quelques propos comme:
«
Ne pas parler d'une tête de pont, mais du dernier morceau de
territoire français qu'occupe
l'ennemi. - Les Anglo-Américains ont besoin de sept millions de tonnes de
navires pour leur débarquement (? ? ?). - L'adversaire
ne tiendra pas au-delà
de cet été.»
Rommel
a dépeint la situation sans
ménagement. Hitler
,
très optimiste et très calme, la juge autrement et a manifestement impressionné
quelque peu le maréchal.
Visite du 17 juin 1944
18 juin.
Cherbourg est donc
coupé. Dans la matinée, Rommel
confère avec le
SS-Obergruppenführer Paul Hausser
,
Kdr du
II. SS-Panzerkorps
et le
General der Infanterie
Hans von Obstfelder
,
Kdr du
LXXXVI (86).AK,
puis avec le général Geyr von
Schweppenburg
et son nouveau chef d'état-major, le général Gause
,
qui n'a pas encore reçu de division. Tous les quatre restent pour déjeuner.
Le
General der Infanterie
Hans von Obstfelder
,
Kdr du
LXXXVI (86).AK
que Rommel
avait rencontré à Hendaye le 9 février vient d'être muté de la 1.Armee au
Panzergruppe West.
Dans l'après-midi, après une
conférence sur la situation! je
fais au maréchal
un exposé des questions maritimes
Après le dîner, le maréchal
se promène avec moi
.
Je vais voir Speidel
qui me donne d'autres détails sur la conférence de Soissons. Le maréchal
nous rejoint et traite encore
quelques affaires courantes.
19 juin. Rommel
se rend dans le
secteur entre la Seine et la Somme, donc dans la zone de la l5.
Armee
qui n'a
pas été attaquée; il y va manifestement parce que l'OKW y craint toujours
un débarquement,
et revient très satisfait.
Rencontre avec
le Kommandeur de la 15.Armee
le
Generaloberst
Hans Eberhard Kurt von Salmuth
à
Lignières-en-Vimeu (Somme) au PC de la 116. Panzer Division.
Selon le KTB du
LXXXI.(81)AK,
il visite également
à 16H20 le PC du
General der Panzertruppen Adolf Kuntzen à
Canteleu (Seine-Inférieure).
Visites du 19 juin.
20 juin.
- Dans la matinée, l'Oberstlt.
Ziervogel, de l'état-major de Jodl
,
vient conférer. On lui brosse un tableau très net de la situation, et des
difficultés de ravitaillement en particulier.
A 11 h 30, le
maréchal
part pour le front à l'Est de l'Orne.
Il
rentre assez satisfait, sauf en ce qui concerne Cherbourg.
21
juin -
Il
se rend au LXXXVI.AK
du
General der Infanterie Hans von Obstfelder
,
à la 21. Panzer Division
,
PC à Saint Pierre sur Dives
(au château des Roches,
37 rue du Bosq)
et au I.SS-Panzer-Korps,
PC à Baron sur Odon. Il y trouve
un moral très satisfaisant. Sepp Dietrich est convaincu qu'il pourra résister
en toute circonstance
à la pression des Anglais.
Rommel et Sepp Dietrich, source page 155 de ce livre.
Pour le
LXXXVI.
AK, il prend le commandement du secteur compris entre l'Orne et la Seine
le 20 juin à 8 heures précises avec: les 711.ID
et
346.ID, la Kampfgruppe von Luck
de la
21.Pz-Div.
et la
Werfer-Brigade
7
.
Il
est rattaché à la 7. Armee. Son aile gauche touche le I.SS-Pz.Korps Sa mission
consiste à maintenir les Anglais à l'Est de l'Orne. PC à 3 km à l'est de
Cambremer
(Calvados) dans le Bois de Braffy.
Inspections du 21 juin 1944
.
Le
soir, le maréchal
se promène avec moi ;
il parle du ravitaillement, de ses préoccupations générales
et spécialement de la situation difficile de Cherbourg, qui n'a de forteresse
que le
nom.
22 et 23 juin - RIEN
24 juin-
A 9 heures,
le maréchal
se rend au
PC
du
LXXXIV.AK,
au Nord-est de St-Lô
à Périers, le
General der Infanterie Dietrich von Choltitz
a
remplacé le
General der Artillerie Wilhelm Fahrmbacher
depuis le
17 Juin)
et
met
six
heures
pour
parcourir
les 230
kilomètres, à cause des
avions
ennemis.
En
revenant par Wassy
(non Vassy, le PC a déménage depuis le
22 juin à
Saint Jean le Blanc 10 km au Nord), il voit encore le
XLVII. Panzerkorps
qui se prépare à prendre
l'offensive mais s'attend
à être
attaqué auparavant.
Le maréchal
revient
vers
23 heures,
très grave,
car les
pertes de l'infanterie
sont
exceptionnellement
lourdes. La supériorité
matérielle
de l'adversaire
est trop
considérable.
Inspections du 24 juin 1944
25
juin
- Rommel
reste
au quartier
général.
Le
Feldmarschall
Hugo
Sperrle
arrive à la fin de la matinée pour conférer avec Rommel et reste à déjeuner,
puissant et respirant lourdement.
Apparemment, les points de vue ne se sont pas rapprochés.
Au dîner, la conversation est assez
morne, car Cherbourg agonise. Après le dîner, le maréchal
se promène avec moi
.
Selon ce livre
,
Rommel aurait reçu la viste de l'Obesrt
Eberhard Finckh
,
Oberquartiermeister
à l'OB West venu lui parler de
l'opération Walkyrie.
26 juin - La
maréchal
reste
au quartier général.
Rundstedt
et
Blumentritt
viennent dans l'après-midi, mais je n'apprends rien au sujet de l'entretien.
Au dîner, la conversation roule tout d'abord sur la commission
qui vient d'être constituée par l'OKW, pour enquêter sur la chute de Cherbourg.
Dans
la soirée, le
Generaloberst
Dollmann
,
le
commandant en chef de la 7.
Armee
expose
la situation dans toute sa gravité à
Rommel
et, en particulier la menace
qui pése sur Caen (début de l'Opération
Epsom).
Cité par Jean-Claude Perrigault dans
21.Panzer-Division, Heimdal, 2001.
27 juin.
-
A
07H30 arrive le
Generalleutnant WolfgangThomale
,
chef d'état-major de Guderian
,
qui a visité les unités blindées engagées. Le maréchal
discute avec lui l'emploi à faire des DB.;
il tient avant tout à
ce que Thomale
rapporte bien ses impressions au Q.G. du Führer
,
surtout sur les difficultés qui résultent de l'absence d'un commandement unique.
Rommel part ensuite pour le PC du Panzergruppe West dans un bois à 2 km au Sud-est de Mittois et du LXXXIV.AK à Périers.
L'E-M du Panzergruppe West est situé le 28 juin à 02H00 dans un nouvele endroit dans un bois à 2 Km au Sud-est de Mittois, 5 km au Sud-est de Saint Pierre sur Dives.
Localisation du PC dans le pavillon de chasse de la propriété « L’Orée du Bois » dans le bois de Quévrue sur la commune de Mittois. AGRANDISSEMENT
Inspections du 27 juin 1944
Dans'
la soirée, Rommel
adresse quelques paroles à l'Oberstleutnant i.G.
Olshausen qui nous quitte parce que la section logistique a été dissoute. Appel
du OB West: Rundstedt
et Rommel
sont convoqués à Berchtesgaden, départ demain. Comme il est trop dangereux de
voler au-dessus de la France, ils partiront en voiture (1 100 km).
28
juin.
A 10 heures, le
Generaloberst Friedrich Dollmann
,
commandant de la 7.Armee
, meurt d'une crise cardiaque. Hitler
désigne le SS-Obergruppenführer Paul Hausser
pour lui succéder. A 13 heures, le maréchal Rommel
part
pour l'Allemagne.
29 juin. -
Le maréchal arrive à 13 heures à Berchtesgaden. Il s'entretient avec Guderian
. Hitler
le
reçoit à 18 heures.
Le
Generaloberst Eduard Wohlrath Christian Dietl
est victime d'un accident
d'avion mortel.
Speidel
m'emmène
prendre un ultime verre avec Tempelhoff
et Staubwasser.
30 juin. - Le maréchal
revient à 20H30, mais je ne le vois pas.
JUILLET
1
juillet. -
Au petit
déjeuner le maréchal parle un peu de sa visite à Hitler
resté très
calme en apparence, il ne juge pas la situation tellement mauvaise. Lang
a
assisté aux entretiens au cours desquels il y a eu beaucoup de
«
si
»
et de
«
mais ».
Rommel va au PC
du Panzergruppe West pour discuter l'évacuation de Caen.
Le
PC du Panzergruppe West se trouve
dans
le pavillon de chasse de la propriété « L’Orée du Bois » dans le bois de Quévrue
sur la commune de Mittois.
Il est de retour pour le dîner.
Inspection du 1 juillet 1944
Durant tout l'après-midi
et toute la soirée des
coups de téléphone s'échangent au sujet de l'évacuation de Caen que Rommel
a préparée dans le sens de l'instruction donnée par Hitler
le 29 juin, à savoir maintenir intactes les unités blindées. Mais voici que
Hitler interdit lui-même cette évacuation ! Conséquence étonnante: vers minuit
arrive l'ordre de faire remplacer Geyr Schweppenburg
par le
General
der Panzertruppen Heinrich Eberbach
.
2 juillet. - Nous avons
appris qu'un aide de camp de Hitler
est en route, porteur d'une lettre personnelle de celui-ci à von Rundstedt
,
où il exprime des soucis pour la santé du maréchal.
Il faut donc prévoir
que Rundstedt va être également relevé.
Rommel
se rend aux obsèques du général Dollmann
à Ivry,
en présence au moins de von Rundstedt
.
Déplacement du 2 juillet 1944
Le maréchal
cause longuement
avec moi
à la fenêtre de la grande salle. La lettre bleue adressée à Rundstedt
a depuis longtemps atteint celui-ci. Son successeur, le
GFM Hans
Gunther von Kluge
,
doit arriver dès demain.
3 juillet. Il se rend au PC du LXXXIV.AK (à Périers) et au Panzergruppe West (PC dans le pavillon de chasse de la propriété « L’Orée du Bois » dans le bois de Quévrue sur la commune de Mittois).
Inspections du 3 juillet 1944
Le
général Eberbach
,
nouveau commandant de ce dernier, arrive à la fin de la matinée.
Dans l'après-midi, le
maréchal von Kluge
arrive presque en même temps que Rommel.
Ils s'entretiennent
longuement, en partie en tête à tête. Apparemment il y a une vive explication,
«
J'ai dit à Kluge qu'il ne s'est jamais
encore battu contre les Anglais»
déclare Rommel au
dîner. Kluge a réagi
fortement semble-t-il et a même voulu partir tout de suite pour le front
avec
un Storch, mais il y a finalement renoncé.
Après
le dîner, Rommel
cause pendant un moment avec moi
; l'entretien
avec le maréchal Kluge
a ressemblé, au début, à un interrogatoire.
Le mémorandum du 3 juillet 1944.
Q.G. 3 juillet 1944
Commandant en chef
Groupe d'armées B
MEMORANDUM
Les raisons pour lesquelles il s'est révélé impossible de nous maintenir sur la côte normande, dans le Cotentin et dans la forteresse de Cherbourg sont indiquées ci-après:
1.
Les forces
d'occupation en Normandie manquaient de densité; dans certains cas, les
effectifs comprenaient des hommes trop âgés (dans la
709.ID
,
par exemple,
l'âge moyen était 36 ans);
l'armement ne correspondait nullement aux exigences actuelles, les stocks de
munitions étaient démesurément réduits, l'édification
des fortifications en retard sur les prévisions et la situation du
ravitaillement déplorable.
2. Les demandes de renforts
formulées à diverses reprises par le
Heeresgruppe B,
soit bien avant
l'invasion,
soit surtout à la fin du mois
de mai, c'est-à-dire au moment où la Normandie paraissait directement visée, ont
toutes été repoussées; celle, entre autres, de la
12.SS-Panzer-Division
Hitlerjugend
.
qui demandait à être envoyée dans la région Lessay-Coutances de manière à
pouvoir lancer une puissante contre-attaque contre l'ennemi débarquant soit à
l'ouest, soit à l'est du Cotentin. Etant donné la supériorité aérienne présumée
de l'adversaire, deux jours au moins étaient nécessaires pour amener la
12.SS-Panzer-Division
Hitlerjugend
.
de ses cantonnements, au sud de la Seine, jusque sur le front. En outre, un
mouvement de ce genre ne pouvait s'accomplir sans de lourdes pertes. Le
Generaloberst
Alfred Jodl
était au courant de cet état de choses; peu avant l'invasion, il m'a fait
demander par l'intermédiaire du
General der Infanterie
Walter Buhle
combien de temps s'écoulerait
avant que la 12. SS-Pz-Div. pût passer à l'action en Normandie. Mes réclamations
continuelles tendant au déplacement de cette unité restèrent vaines, on se
contenta de me donner l'assurance que la 12. SS-Pz-Div. serait placée sous mon
commandement dans l'éventualité d'une attaque ennemie.
3. De même, ma proposition tendant à cantonner la
Panzer Lehr Division
,
là où elle aurait été en mesure d'intervenir rapidement dans les combats
côtiers, soit en Bretagne, soit en Normandie, essuya une fin de non-recevoir; on
craignait l'atterrissage éventuel de forces ennemies aéroportées aux environs de
Paris.
4. Le Heeresgruppe B demandait que de puissantes concentrations de Flak fussent amenées à la fin mai sur tous les points où l'ennemi se livrait déjà à des attaques aériennes contre nos batteries et nos retranchements. Sur le conseil du commandant du III. Flakkorps, j'avais suggéré de répartir cette formation entre l'estuaire de l'Orne et Montebourg, cette zone semblant particulièrement menacée par l'activité ennemie. Je n'obtins pas satisfaction et le III. Flakkorps fut disposé tout autrement, avec un de ses quatre régiments placé de part et d'autre de la Somme et seulement un faible régiment entre l'Orne et la Vire. Un tel émiettement de la puissance de feu de cette unité - si préjudiciable à la défense de la Normandie - était donné comme justifié par des restrictions de carburant. Ainsi deux régiments restèrent à proximité des rampes de lancement des V1 , de manière à les protéger si l'ennemi venait à les bombarder.
5. De toute
évidence, l'acheminement de renforts vers la ligne de front, après le
déclenchement de l'attaque, allait être une source de difficultés considérables;
voilà pourquoi je proposai de renforcer la défense de la côte normande en
amenant la
Werfer-Brigade 7
dans le secteur situé au sud de Carentan. Cette demande fut également refusée;
l'unité ne fut soumise à mon commandement qu'une fois le débarquement effectué.
En conséquence, la formation ne put entrer en action durant les premiers jours
qui suivirent l'invasion.
6. A plusieurs
reprises, j'ai insisté pour que la baie de Seine fût minée en temps voulu par la
Kriegsmarine
et par la
Luftwaffe
, en utilisant les
types de mines les plus récents. Le peu de profondeur de la mer y est
particulièrement propice au mouillage de mines. Cette demande n'obtint pas
satisfaction, elle non plus. La pose de mines ne commença qu'après que l'ennemi
eût débarqué et elle se fit alors dans des conditions extrêmement difficiles,
surtout par air.
7. Les services
d'intendance prescrivirent de ralentir pendant le mois de mai les envois de
munitions vers la Normandie; il s'agissait de réduire les contingents affectés à
l'Ob.
West,
en vue de la constitution de stocks de réserve dans les bases et les dépôts de
l'armée. Ce plan aurait eu pour effet de diminuer encore nos stocks, déjà
limités. Toutefois, grâce à l'initiative du
General der
Artillerie Erich
Marcks
,
le
Heeresgruppe B
parvint à s'opposer à cette mesure.
8. En dépit de la présence d'un réseau dense de voies ferrées et de possibilités d'acheminement par mer, les conditions de ravitaillement, surtout en Normandie, devenaient déjà difficiles avant l'invasion, du fait du bombardement intensif des installations ferroviaires.
9. L'ennemi ayant
réussi à s'assurer un tremplin sur le continent, sur l'intention première du
Heeresgruppe B
était une fois les renforts arrivés à pied d'œuvre, de
liquider la tête de pont formée au nord de Carentan, éliminant ainsi le danger
qui menaçait le Cotentin et la place forte de Cherbourg et, ensuite, de
déclencher une attaque contre l'ennemi qui avait pris pied entre l'Orne et la
Vire. L'O.K.W.
désapprouva notre plan et nous intima l'ordre de reporter l'effort principal sur
le secteur flanquant l'embouchure de l'Orne.
10. Les éléments
de tête de la
12.
SS-Pz-Div.
ne parvinrent »u nord-ouest de Caen que le 7 juin vers 9 h 30, après avoir
couvert une distance de cent trente kilomètres et subi des pertes importantes
infligées par des appareils volant en rase-mottes. Manquant à la fois de temps
et d'espace pour lancer une attaque groupée, l'unité fut incapable de mener à
bien l'opération projetée.
De son côté, la
Panzer Lehr Division
dut couvrir une distance de cent quatre-vingts kilomètres et ses éléments de
tête n'atteignirent le front, à l'ouest de Caen, que le 7 juin vers 13 heures.
Là aussi, la progression fut entravée par des avions volant à basse altitude et
les éléments motorisés furent séparés des éléments tractés, Résultat: la
contre-attaque n'eut pas lieu. La Panzer Lehr Division eut fort à faire
pour tenir ses positions, l'ennemi s'étant renforcé entre-temps. La conséquence
de cet état de choses fut que cette unité ne put établir le contact et appuyer
les éléments de la
352.ID
qui continuait à combattre à Bayeux.
Les formations de
tête de la
2.Panzer
Division
,
qu'il fallut faire venir de ses cantonnements situés des deux côtés de la Somme
(deux cent cinquante-sept kilomètres à vol d'oiseau), n'arrivèrent que le 13
juin. Une semaine supplémentaire s'écoula avant que l'unité entière pût passer à
l'action. Pour venir de Bretagne et rejoindre son emplacement de combat, au
nord-est de Saint-Lô (deux cent dix-sept kilomètres), la
6. Fallschirmjäger-Division
mit six jours; elle fut soumise aux attaques perpétuelles de l'aviation adverse.
Etant donné ce retard, l'assaut prévu contre Bayeux ne put être lancé, de
puissants éléments ennemis s'étant emparés de la forêt de Cerisy. Il fallut
également six jours pour que la
77.ID
pût prendre part aux combats au nord de la péninsule du Cotentin, Toutes les
réserves qui nous parvinrent arrivèrent trop tard pour désorganiser par des
contre-attaques le débarquement allié. Lorsqu'elles furent enfin à pied d'œuvre,
l'ennemi avait déjà débarqué des effectifs infiniment plus puissants et il était
passé à l'assaut sous le couvert de son artillerie et de son aviation.
11. La Luftwaffe
ne nous a pas soutenu dans la mesure prévue. Depuis la côte jusqu'à une centaine
de kilomètres vers l'intérieur des terres, la maîtrise aérienne de l'adversaire
est totale. Au cours de raids massifs de bombardement, il est parvenu à détruire
nos installations défensives sur le littoral et à empêcher l'approche de nos
réserves et le ravitaillement des troupes, principalement par le pilonnage du
réseau ferré.
12. De même,
l'activité déployée par la Kriegsmarine
n'a pas répondu aux prévisions (par exemple, six sous- marins seulement, au lieu
de quarante, ont été engagés). En raison du mauvais temps, pendant la nuit du 5
juin, aucun bateau-vigie ne se trouvait dans la baie de Seine. L'activité des
sous-marins contre la flotte de débarquement a été relativement peu de chose. A
la suite du bombardement aérien du Havre, le 12 juin, la marine a perdu la
majeure partie des unités susceptibles d'être utilisées contre les bâtiments de
l'ennemi.
Enfin, à ce jour, le minage de la baie de Seine. entrepris immédiatement après l'invasion, s'est révélé pratiquement inefficace. Les débarquements se poursuivent sur une très grande échelle et le bombardement quotidien auquel nous soumettent les unités navales, bombardement dont l'ampleur dépasse «tout ce que nous avons connu jusqu'ici» (rapport du II. SS-Panzerkorps.), nous crée de sérieuses difficultés.
13. Le Heeresgruppe B n'a eu aucune part à l'organisation du ravitaillement. Il ne possède aucun service d'intendance propre et, au début, il n'était pas habilité à donner des instructions à l'intendance générale dépendant de l'O.B. West.
14. L'organisation du commandement était déficiente. Ainsi, au début de l'invasion, le Heeresgruppe B n'exerçait aucun contrôle sur les formations mobiles du Panzergruppe West (voir plus haut), ni sur la Werfer-Brigade 7. J'ai déjà dit dans un précédent rapport ce que je pensais de l'éparpillement du corps de Flak, etc ... Seul un commandement étroitement unifié de tous les services, sur le modèle de l'organisation créée par Montgomery et par Eisenhower, nous vaudra la victoire finale.
(signé) Rommel,
Generalfeldmarschall.
4 juillet.
Il me
demande d'aller avec lui à Rouen, au PC du LXXXI.AK
(Canteleu) . Longues
considérations sur les places à occuper dans la grande voiture découverte, tout
terrain, car il faut emmener un guetteur contre les.
avions. Mais, au
moment du départ, Rommel
s'installe avec moi
à l'arrière, le guetteur passe dans la
voiture
d'escorte.
La rencontre avec Kluge
a été assez
orageuse, celui-ci ayant commencé par laisser entendre qu'il était chargé de
ramener Rommel
à l'obéissance, en quelque sorte. Rommel s'emporta aussitôt, puis Kluge
s'adoucit après avoir
fait
sortir les autres officiers. Il réclama que toutes les nouvelles venant du front
lui fussent soumises, ce à quoi Rommel
se
refusa. -
Nous
arrivons à 10H30 au LXXXI.AK.
Le General der Panzertruppen Adolf Kuntzen
présente un rapport sur la défense de son secteur, particulièrement sur la
«
forteresse»
du Havre, et le
Vizeadmiral Friedrich
Rieve
parle de l'artillerie de côte, des barrages de mines, des stations de
radiogoniométrie. Nous sommes de retour à 13H30 au quartier général.
Inspection du 4 juillet 1944
Après
le dîner, Rommel
téléphone assez longuement, revient
dans le mess et me
prie
finalement d'effectuer une promenade avec lui. Il me parle encore de son
entretien avec Kluge
.
Celui-ci a déclaré que, en fait, Rommel
n'avait jamais conmmandé plus qu'une division; ce qui a blessé le maréchal.
5 juillet.
Le maréchal
part
à
6 heures pour le Panzergruppe West
(PC
dans
le pavillon de chasse de la propriété « L’Orée du Bois » dans le bois de Quévrue
sur la commune de Mittois) et pour le II.SS-Panzerkorps
(PC
près d'Ouffières).
Le.premier
doit se tenir
prêt
à céder
deux divisions
soit à la 7.,
soit à la 15.Armee,
en cas
de nouveau
débarquement.
Elles seront remplacées par
des
divisions
d'infanterie.
La
276.ID
,
Kdr
Generalleutnant Curt Badinski
est en cours
de transport,
la
277.ID
,
Kdr
General der
Nachrichtentruppen Albert Praun
doit
relever
la 9.SS-Panzerdivision "Hohenstaufen"
.
Dans
l'après-midi,
Rundstedt
vient
à La
Roche-Guyon
pour
prendre
congé.
Inspections du 5 juillet 1944
6
juillet.
Les
conditions
de marée
se
retrouvent
les mêmes
que dans
la
nuit du
5
au
6 juin,
l'OKW
s'attend
à un nouveau
débarquement.
Il
ne
se
produit
pas.
Le
maréchal
se rend au Havre,
Inspection du 6 juillet 1944
7 juillet.
Dans l'après-midi,
Rommel
va voir Kluge
,
QG à Saint Germain en Laye,
pour discuter
la
question
du ravitaillement
et l'articulation
actuelle.
Visite du 7 juillet 1944
8 juillet.
Le
maréchal
se rend au
Panzergruppe West,
(PC
dans
le pavillon de chasse de la propriété « L’Orée du Bois » dans le bois de Quévrue
sur la commune de Mittois),
au PC avancé
de la 7.Armee
au Laurier, 5 km au Nord de
Villedieu les Poêles (Manche) et au
II. Fallschirmjägerkorps
,
PC
au Moulin de Breuil,
commune de
Cerisy-la-Salle
(Manche).
Au soir,
Rommel
va
voir le général
Meindl
.
Inspections du 8 juillet 1944.
Source: à gauche et à droite. Rommel et Meindl, entre les deux avec des lunettes Hauptmann Helmuth Lang. Le 8 juillet au Moulin de Breuil, hameau de Cerisy la Salle (Manche)
9 juillet: Rommel
reste au QG.
Après le dîner, nos hôtes invitent Rommel, Speidel
et moi
.
Les hôtes sont les
La
Rochefoucault.
10 juillet: Rommel
accompagné de
l'Oberst Hans Lattmann
se rend au
LXXXVI (86).AK,
Kommandeur le
General der Infanterie
Hans von Obstfelder
,
PC dans le
Bois de Braffy à 3 km à l'Est de Cambremer,
au Panzergruppe West (PC
dans
le pavillon de chasse de la propriété « L’Orée du Bois » dans le bois de Quévrue
sur la commune de Mittois)
et au I.SS Panzerkorps à
Urville.
Rommel dans une Horch
108, schwerer Einheits-PKW, noter le 15 pour 15.Armee.
A droite
l'insigne d'un Armeekorps
, il s'agit d'une voiture d'emprunt !
Selon Max Denormandie
avec des Grenadiere de la Sturmzug
Stefan, Grenadier Regt 980, 272.ID
;
photo prise courant juillet 1944, sur un des axes Falaise vers Caen.
Déplacements du 10 juillet 1944
11 juillet: Rommel reste au QG.
12 juillet: Rommel
se rend
à
Saint Jean le Blanc (Calvados) au XLVII. PanzerKorps
,
Kdr
General der Panzertruppen
Hans Emil Richard Freiherr von Funck
et au PanzerGruppe West,
PC
dans
le pavillon de chasse de la propriété « L’Orée du Bois » dans le bois de Quévrue
sur la commune de Mittois.
Il rencontre à son
retour le GFM Hans
Gunther von Kluge
OB West
qui s'est rendu à La Roche Guyon.
Déplacement du 12 juillet 1944.
13 juillet: pas de déplacement Rommel reste à son QG
14 juillet: Rommel se rend à
Fervaches
(Manche à 15 km au Sud de Saint-Lô) au PC du
II. Fallschirmjägerkorps (II.FJK)
du
General der Falschirmjäger Eugen Meindl
, il y
rencontre
le
SS-Obergruppenführer Paul Hausser
,
Kommandeur de la
7.Armee
et rentre vers 23H00.
Déplacement du 14 juillet 1944.
Source. Hausser, Rommel et Meindl.
Source BA 101 1/584/2 1 62/23. Horch Kfz 21 immatriculée WH 1041787, le Generalfeldmarschall Rommel (1er à gauche) et le SS-Oberstgruppenführer Paul Hausser (2e à gauche), Kdr de la 7. Armee, viennent rendre visite au Generalleutnant Meindl (au centre). La scène se déroule dans la cour d'une maison de Fervaches, au nord de Tessy-sur-Vire, où est installé le PC du Il. Fallschirmjäger-Korps. Nous reconnaissons l'Obersrleutnant Blauensteiner, chef d'état-major de Meindl, serrant la main à un officier de la Heer. L'officier parachutiste, en retrait et tête nue est le Hauptmann Götsche, Kdr. de la Fallsch. Aufkl.-Abt. 12. c'est la 3ème Horch que nous identifions. De nos jours.
15 juillet: Départ de La Roche-Guyon à 15H30.
Nous descendons d'abord
la Seine
avec un canot d'assaut, puis prenons une grosse voiture découverte qui nous
conduit, en suivant des chemins détournés, par
Vernon,
Louviers et
Pont-Audemer, Nous continuons donc vers le sud, par
Cormeilles-Blangy, et atteignons
Dozulé, PC de
la 236. ID non c'est la 346.ID (en fait à
Saint
Léger Dubosq à 1.3 km au sud) Kommandeur
Generalleutnant Erich Diestel
. La conférence a lieu dans un jardin. La
troupe est partout bien camouflée. Notre visite surprend, mais le rapport est
plein de confiance. Il manque seulement 800 hommes à la division, ce qui est
très supportable. Cependant, l'état-major nous signale que de gros déchargements
ont lieu à l'ouest de
Riva-Bella,
environ un millier de camions par jour. Par le
Gooseberry N°5 d'Hermanville.
Par des chemins secondaires et parfois par
la grande route, nous gagnons Argonzes
non
Argences où
se trouve le PC de la
16.Luftwaffen-Felddivision
dans un bois au Nord.
Le chef du 3e bureau, très au courant,
nous expose clairement la situation jusqu'à l'arrivée du
Generalmajor Karl Sievers .
La division a été soumise en son temps, au nord de Caen, à un tapis de bombes de
2 500 tonnes, sous lequel elle a beaucoup souffert et qui a empêché l'arrivée
des réserves. Elle perdit toutes ses armes antichars et les pertes furent
lourdes parmi les officiers, par ailleurs 800 soldats seulement furent tués ou
blessés. Autrement dit, cette division n'était pas à la hauteur de l'épreuve
subie, elle manquait d'entraînement, et s'était quelque peu débandée, mais elle
s'était reprise au sud de Caen. Fait caractéristique : elle disposait d'un
armement antichar très supérieur à celui de la 346. ID, une division « normale »,
25 Bazooka par bataillon au lieu de six. Récemment, elle a repoussé les Anglais
à Colombelles
avec l'aide de quelques
chars Tiger.
Operation Stack.
Nous nous rendons ensuite à la 21.
Panzer Division
dont l'état-major est installé, sous la tente, dans un verger, à moins de cent
mètres d'un village (PC à
BIlly
du 11 au 20 juillet). Le
Generalleutnant Edgar Feuchtinger
présente son rapport. Nous sommes heureux de l'entendre dire que chacun est bien
pourvu en munitions. Rommel
lui parle ensuite de son engagement au jour du
débarquement. A son avis, la division se trouvait trop en arrière, contrairement
aux ordres donnés par lui. Le général
déclare que cela lui avait été prescrit
par le chef (le General der Panzertruppen Leo Geyr
von Schweppenburg
)
du Panzergruppe West.
La division, continue Rommel, avait été stationnée autour de Caen pour anéantir
immédiatement tout ennemi débarquant par air. Feuchtinger invoque un ordre
d'avril lui assignant un emplacement plus reculé. Il ne pouvait s'agir que de la
première instruction générale, mais, depuis, le maréchal n'avait cessé d'exposer
ses idées lors de ses inspections, et, en conséquence, il aurait dû se trouver
plus en avant. Feuchtinger admet que cela eût été, en effet, plus raisonnable et
plus efficace. Toute cette discussion se déroule sur le ton le plus courtois,
avec une sorte de détachement technique pour ainsi dire.
On nous sert un verre de cidre et nous examinons un
char
Sherman capturé, qui possède une pièce de 76,2 mm, à volée très longue.
Entre-temps il s'est fait tard, et nous ne pouvons plus aller au PC du LXXXIV AK. Nous rentrons à vive allure par Saint Pierre sur Dives et apercevons plusieurs avions ennemis pour la plupart assez éloignés; un seul nous survole. Nous ne stoppons pas mais diminuons seulement de vitesse. Puis nous passons par Conches où le maréchal est fréquemment venu au cours de ces derniers temps et où, par conséquent, la population le connaît fort bien.
Nous croisons une quantité de camions en chemin. Quelques-uns ont été brûlés, mais, dans l'ensemble, le trafic s'est bien adapté aux circonstances. Vers 22 heures, juste avant la nuit, nous atteignons la Roche-Guyon et dînons rapidement.
Inspections du 15 juillet 1944. AGRANDISSEMENT
16 juillet: Rommel
visite des points de déchargement de péniches sur la Seine (pas de
localisation). Puis se rend aux PC du Panzergruppe West,
PC
dans
le pavillon de chasse de la propriété « L’Orée du Bois » dans le bois de Quévrue
sur la commune de Mittois
et à celui du LXXIV (84).AK.
Depuis ce jour à
Saint-Aubin-du-Perron (Manche
à 24 km à l'Ouest de Saint-Lô).
Retour à 22h00 via
Lisieux.
Inspections du 16 juillet 1944. AGRANDISSEMENT
Décidé à frapper un dernier coup, Rommel rédige un solennel avertissement (voir ci-dessous). Il terminait sur cette phrase, ajoutée de sa main au texte dactylographié: «Je dois vous demander de tirer immédiatement les conséquences politiques de cette situation. Je me sens obligé en tant que commandant en chef du groupe d'armées, de le dire aussi nettement. Rommel, Generalfeldmarschall»
Mais, sur les conseils de Speidel
,
Rommel avait accepté de rayer le mot «politique». Conséquences était bien
suffisant, avait exposé le chef d'état-major. y ajouter «politiques» serait de
la provocation.
Le GFM Hans
Gunther von Kluge
,transmis
cette lettre, le 23 juillet, à Hitler
avec ce commentaire qui ne manquait pas de courage :
«Après quatorze jours passés à ce poste, après de longues discussions avec les chefs responsables des divers fronts, y compris ceux des unités S.S., je suis obligé de venir à la constatation que le Feldmarschall Rommel a malheureusement raison. » Cette lettre ne fut présentée à Hitler que le 31 juillet à son PC du Wolfschanze en Prusse-Orientale.
La dernière lettre de Rommel à Hitler
Q.G., le 16 juillet 1944
Commandant en chef
Groupe d'armées B
Sur le front de Normandie, la situation ne cesse d'empirer et le dénouement approche. Etant donné l'acharnement des combats, la dépense considérable de matériel à laquelle se livre l'ennemi - surtout pour l'artillerie et les blindés - et les effets de la maîtrise aérienne adverse au-dessus du champ de bataille, nos pertes sont telles que la puissance combative de nos divisions décroît rapidement. Non seulement les renforts qui nous parviennent sont réduits, mais vu les difficultés d'acheminement, il leur faut des semaines pour atteindre le front. En regard des pertes que nous avons subies: 97 000 hommes dont 2 360 officiers, soit 2 500 à 3 000 hommes par jour, les renforts reçus jusqu'à ce jour ne sont que de 10 000 hommes, dont 6 000 seulement sont actuellement parvenus sur la ligne de feu,
Nos pertes en matériel sont immenses et n'ont été compensées que dans une proportion réduite; par exemple, nous avons reçu dix-sept chars en tout pour remplacer les deux cent vingt-cinq chars perdus, Les divisions d'infanterie nouvellement arrivées sont mal entraînées et les quelques pièces d'artillerie, les canons antichars et les armes antichars dont elles disposent ne leur permettent pas de résister longtemps aux puissantes attaques ennemies précédées par un pilonnage de plusieurs heures et par un intense bombardement par avions. L'évolutiondes combats démontre qu'en face d'une pareille débauche de matériel, même l'armée la mieux aguerrie est vouée à la destruction lente; elle perd successivement ses effectifs, son armement et le territoire qu'elle défend.
Du fait de la destruction du réseau ferré et de la menace aérienne qui plane sur les routes et les voies d'accès sur une profondeur de cent cinquante kilomètres derrière les lignes, le ravitaillement est tellement déficient que, seul, le strict minimum parvient jusqu'au front. La plus grande parcimonie est de rigueur dans tous les domaines, surtout en ce qui concerne les munitions d'artillerie et les obus de mortiers. Cette situation n'est pas susceptible de s'améliorer, car l'activité de l'ennemi réduit sans cesse notre capacité de transport; de plus, le rayon d'action de son aviation s'accroîtra au fur et à mesure qu'il mettra en service les nombreuses pistes aménagées dans les têtes de pont, Aucun renfort important ne peut être acheminé sur le front de Normandie, à moins de prélever des troupes sur les effectifs de la 15. Armee stationnée le long du rivage de la Manche ou sur ceux qui occupent le littoral de la Méditerranée. Avant tout, la 7. Armee a un besoin urgent de deux divisions fraîches, les troupes qui combattent en Normandie étant maintenant à bout de forces.
En revanche, l'ennemi ne cesse d'engager sur son front de nouvelles unités et d'énormes quantités de matériel. Son ravitaillement s'effectue sans la moindre obstruction de la part de la Luftwaffe et la pression qu'il exerce sur nous augmente d'heure en heure.
Etant donné les circonstances, nous devons nous attendre à ce que l'adversaire réussisse à percer notre ligne, particulièrement le front tenu par la 7. Armee, dans un prochain avenir, et à effectuer une profonde percée vers l'intérieur du territoire français. En dehors des réserves du groupe blindé, actuellement immobilisées et engagées dans leur propre secteur, qui ne peuvent se déplacer que sous le couvert de l'obscurité, nous ne disposons d'aucune réserve mobile pour lutter contre une percée. Comme par le passé, une action entreprise par la Luftwaffe n'aurait qu'un effet limité.
Partout, nos soldats combattent en héros, mais cette lutte inégale approche de sa fin. Il est donc indispensable de tirer les conséquences de cette situation. En ma qualité de commandant en chef du Heeresgruppe B, j'estime de mon devoir de vous le dire nettement.
(signé) Rommel
17 juillet: Le maréchal
se rend, via
Falaise, aux P.C. des 277.ID
,
à
Maisoncelle-sur-Ajon (Calvados) et 276.ID
,
à
2 km à l'ouest de
Banneville-sur-Ajon (Calvados) et constate
qu'elles ne sont pas suffisamment soutenues par le II. SS Panzer Korps, parce
que celui-ci se tient trop en arrière (son PC est près d'Ouffières).
Ensuite, il se rend au PC du I.SS Panzer Korps
à
Urville (Calvados) à 28 km à l'Est.
Selon le livre
du
SS-Sturmbannführer
Hubert Meyer)
« Ia » (1er officier
d'état-major),
la réunion a lieu l'après-midi en présence du
SS-Oberstgruppenführer Josef Dietrich
,
Kommandeur du I.SS Panzer Korps, et du Kommandeur de la
12.SS-Panzer-Division
Hitlerjugend
le SS-Standartenführer Kurt Meyer
dont
le PC est
au château de
Garcelles.
Localisation des PC allemands cités.
Entre 16H00 et 18H30 selon les témoignages - la voiture (une Horch) du
Generalfeldmarschall
Erwin Rommel
est mitraillée par un avion allié sur la N179 (actuelle D579) direction
Vimoutiers à La Gosselinaie,
commune de
Lisores (Calvados).
Inspections du17 juillet 1944
Le jour même il est transporté à
l'hôpital de la
Luftwaffe
de
Bernay
(Eure).
23 juillet - A 5 heures du matin, une ambulance prend le maréchal Rommel à Bernay pour le transporter à l'hôpital du Vésinet, sur la rive droite de la Seine, à l'est de Saint-Germain. Le trajet dure trois heures et demie.
8 août - Rommel
rentre chez lui à
Herrlingen
Rommel en convalescence à Herrlingen avec son fils et sa femme.
11 octobre-
Ruge
rend visite aux époux Rommel.
11 octobre-
Les époux Rommel rendent visite à
leur ami
Oskar Farny
.
14
octobre
- Rommel
est forcé au suicide. Hitler
décréta des funérailles nationales le 18 octobre 1944
à Ulm en présence de Gause
,
Ruge
,
von Tempelhoff
, Lang
et son aide de camp l'Hauptmann Hermann Aldinger
;
Ernst
Kaltenbrunner
représente le parti et von
Rundstedt
représente Hitler.
Photo source © IWM RML 40. Photo du Kriegsberichter Hoffmann (Colorisée par Royston Leonard et Benoit Vienne)
A gauche: Hauptmann Helmuth Lang, Manfred Rommel le fils du maréchal et son épouse Lucy-Maria. Hommage à Rommel lu par von Rundstedt, source: à droite sa tombe contenant ses cendres, source.
à Alain Chazette
à Claude Demeester
à Bernard Paich
à François Robinard
à Marcel Miocque, auteur de Houlgate sous l'occupation 1940-1944
à Frédéric Nicolet, auteur des photos de Rommel à Houlgate
à Alain Holuigue, Secrétaire de la Société Académique du Touquet-Paris-Plage
à Max Lemaitre co-auteur de Fécamp 1939-1945
à Michel Grimaud pour ses photos du Val-André et la traduction
(de la partie Bretagne) du livre de Hans Sakkers "Generalfeldmarchall
Rommel", 1993
.
à M. le Colonel Anne C. Tjepkema, attaché de défense, auprès de l'ambassade des Pays-Bas à Paris pour la traduction ci-dessus.
à Mme G. Delamare
à Higgins
à RoCo
à jeremiah29
à Jumbo
à nussknacker
à Kurt
à Jos
à schmol80
à Prosper Vandenbroucke
à Manuferey
à perros
à kstdk
à s_haule
à fox35
à jbb20p7
à marquis78
à Patrick Fleuridas
à Moulins
à Yannick du 22
à Sword
à Bunker14
à 13emeDBLE
à pzIV
à Yannick Delefosse
à Hugue Chevalier
à Bernard Michal
à Jacques Mordal
à ZugZunde
à RV
à Mme Jacqueline Martin
à Jacques van Dijke
à Jérôme Leblanc
à Vincent Dussutour
à Max Denormandie
à Didier Lodieu, Tempête d'acier sur le Pays d'Auge.