Le décrochage allemand.

Les forces en présence:

1- La 716 ID , du Generalleutnant Wilhelm Richter qui avait son QG à Caen le 6 juin est pratiquement détruite le 16 juin. On la retrouve à l'Ouest du Rhône à Agde, Montpellier sous les ordres du IV-Luftwaffe-Feld-Korps, 19.Armee, Heeresguppe G. D'où elle retraitera à partir du 20 août sous la forme de 3 groupes de marche du KG Richter par Nîmes, Alès, Aubenas et Brignais le 31 août.

2- La 21. Panzer Division du Generalleutnant Edgar Feuchtinger autour de Caen dès avant le 6 juin. Son remplacement est en cours depuis le 2 juillet par la 16. Feld-Division (L)   du Generalmajor Karl Sievers venant de Hollande (9 816 hommes, 28 pièces d'artillerie et 32 canons antichars) est chargée dans des camions de la 21. Pz.-Div. à la descente des trains à Paris et elle s'est installée dans ses positions en plusieurs hérissons antichars à droite du I.SS-Panzerkorps, la limite est la voie-ferrée Caen / Courseulles-sur-Mer.

Les Grenadiers de la 21. Panzer-Division sont remplacés par des Jägern de la 16. Feld-Division (L) dans le bois de Lébisey; le 5 juillet des renforts allemands traversent le pont du Tortillard vers le bois de Lébisey. La 16. Feld-Division (L) n'ayant pas d'expérience du combat et ne disposant pas d'assez de pièces antichars, le II./22 Panzer Regiment de la 21.Pz.-Div. est mis à sa disposition.

 3- La 12.SS-Panzer-Division du SS-Standartenführer Kurt Meyer dont les premiers éléments atteignent  l'Ouest de Caen le 6 juin en fin d'après-midi, il s'agit de la 15. Aufklärung Kompanie du SS-Panzergrenadier-Regiment 25 venant du Sap (Orne).

Ce sont les seules unités combattantes (hors des unités de Flak) concernées par le retrait allemand de la ville de Caen le 9 juillet 1944.

La Werfer-Brigade 7 , Kommandeur Oberst Paul Tzschöckell, formée du Werfer-Regiment 83 (Oberstleutnant Böhme) auquel est rattachée la SS-Werfer-Abteilung 12 et du Werfer-Regiment 84 est subordonnée à la "HJ".

Le déroulement des faits:

Le 30 juin le Panzergruppe West (General der Panzertruppen Leo Geyr von Schweppenburg ) adresse au Heeresguppe B (Generalfeldmarschall Erwin Rommel) la proposition suivante:

"Evacuation de Caen-Nord et du saillant. 0n doit attirer l'attention sur le fait que l'adversaire n’a laissé qu'un seul pont* intact derrière le saillant de Caen. Il l'a probablement prévu pour son usage  ultérieur et il le contrôle avec son artillerie et son aviation. Avec  un rapide retrait d'éléments de la 21.Pz-Div., de la 12. SS-Pz.-Div. et de la Pz. Lehr-Div. constitués en réserve et mis au repos pour se reconstituer. "

*Pour le pont il s'agit du pont double (ferroviaire et routier) de La Mutualité ou le pont du Tortillard qui relie la place de La Mutualité et le quai Hamelin, celui par lequel le décrochage se fera et que les Allemands dynamiteront le 9 juillet au matin.

 

Le commandant en chef de la 7. Armée, le SS-Obergruppenführer Paul Hausser , dont dépend le Panzergruppe, est d'accord. Dès le 30 juin à minuit, le Generalleutnant Hans Speidel , chef d'état-major du Heeresguppe B a annoncé que l'évacuation méthodique de Caen sera autorisée par le Heeresgruppe.

Le 1er juillet, une réunion a lieu avec le GMF Rommel et le général von Geyr pour examiner cette question. Le général von Geyr expose encore une fois sa vision de la situation. Le GMF Rommel juge nécessaire de maintenir les divisions de Panzer au front mais d'en retirer dès que possible des éléments qui constitueront des réserves mobiles à proximité du front.

Dans l'après-midi du 1er juillet, le Heeresgruppe transmet au Panzergruppe l'ordre du Führer selon lequel il faut arrêter tous les préparatifs d'évacuation du saillant de Caen.

Le 3 juillet amène d'importants changements avec le remplacement de deux commandants en chef. Suite à une invitation à la faire, donnée par le Quartier Général du Führer, le GFM Gerd von Runstedt demande sa mise en congé pour des raisons de santé; il est remplacé par le GFM Hans Gunther von Kluge . Le General der Panzertruppen Frhr. Geyr von Schweppenburg est relevé de son poste de commandant en chef du Panzergruppe West et remplacé par le General der Panzertruppen Heinrich Eberbach .

Le 4 juillet, le III Abteilung du 12. SS-Artillerie-Regiment (15 cm obusier) commandé par intérim par le SS-Obersturmführer Harald Etterich, change de position  pour s'installer dans le faubourg de Vaucelles, au sud de l'Orne. On craint en effet qu'au cas où la ville de Caen devrait être évacuée, ce groupe lourd pourrait difficilement traverser la ville envahie par les décombres. Pour cette mission, la portée des pièces est suffisante. Les postes d'observation et le PC du groupe se trouvent à l'Abbaye d'Ardenne.

La 4. Batterie (3,7 cm) du SS-Hstuf Fritz Ritscher de la SS-Flak-Abteilung 12 est engagée en défense antiaérienne au sud du pont sur l'Orne à Caen.

Le 5 Juillet à 19 h 35, le Generalmajor Horst Freiherr Treusch von Buttlar-Brandenfels de l'état-major de commandement de la Wehrmacht auprès de l'Ob. West, appelle et annonce que le Führer souhaite que" ... parmi les intentions de relève, la 12.SS-Panzer-Division "HJ" soit relevée aussi ». Il serait " ... particulièrement important que les restes des divisions épuisées soient réellement retirés ... ". Le secteur de la Division « HJ » sera pris en charge par la 271. Infanterie Division mais ce n'est pas actuellement effectif car cette division est encore en route. En fait en venant de Béziers elle relèvera la 10. SS-Panzer-Div. Frundsberg  à partir du 23 juillet à la cote 112..

Le nouveau commandant en chef du Panzergruppe West, le général Eberbach , et le maréchal Rommel vont parler ce 5 juillet de la relève des divisions de Panzer, de leur utilisation ultérieure, ainsi que de la défense du saillant de Caen.

Le 5 juillet la 3. Panzer-Kompanie du SS-Panzer-Regiment 12 "HJ" ( 3.Kp./12) du SS-Ostuf. Rudolf von Ribbentrop à Harcourt (Eure) entièrement rééquipée de 17 Panther neufs reçoit l'ordre de rejoindre le front.

Le 6 juillet (la date est contestée) venant de Louvigny le PC de la "HJ" s'installe en ville au quartier Lorge en face du Bon Sauveur.

Dans la soirée du 7 Juillet à 21H50, les positions allemandes an Nord de Caen sont écrasées sous les bombes des quadrimoteurs « Halifax » et « Lancaster », du Bomber Command et les obus de l'artillerie de marine. Les britanniques viennent de déclencher l'opération Charnwood pour capturer Caen.

L'Uscha. Leo Freund de la Divisions-Begleit-Kompanie de la 12.SS-Panzer-Division témoigne de ce bombardement.

Le Stubaf. Hans Waldmüller , commandant du I./SS-Pz. Gren.-Rgt 25 de la "HJ" fait sortir ses hommes de leurs abris quand les bombardiers arrivent. Il les presse à toutes jambes vers les positions abandonnées par les Tommies qui ont dû reculer de 2 km pour raison de sécurité, en laissant intactes leurs tranchées. Au cours du bombardement massif, des tirs d'artillerie et des assauts des « Jabos »(nom donné par les soldats allemands aux chasseurs bombardiers alliés), ses troupes de soutien perdront deux Panzer IV , quinze hommes tandis qu'un Flakvierling quadruple  de 2 cm de la SS-Flak-Abt. 12 du SS-Sturmbannführer Rudolf Fend abat un quadrimoteur.

Source. Une unité de Flak (Luftwaffe ou Waffen-SS ?) avec un 2 cm Flakvierling 38

Le 6 juillet, l'échelon de combat de la 3.Kp./12 "HJ"   traverse Caen et arrive au soir près de l'Abbaye d'Ardenne.

Le 8 juillet 8 000 à 10 000 Allemands pour 115 000 Alliés sur le secteur de Caen, soit un rapport au moins de un à onze !

Le 8 juillet, selon l’Uscha. Helmut Schmieding, Stab Div. "HJ" : entre 8 heures et 9 heures, un groupe de 6 à 8 appareils vole directement vers le PC de la Division. Le Kommandeur (le SS-Standartenführer Kurt Meyer) et le « Ia » (1er officier d'état-major) (le SS-Sturmbannführer Hubert Meyer) voient les bombes arriver. Ils bondissent dans la salle des cartes puis dans la cave qui se trouve derrière. Une explosion incroyable fait trembler tout le bâtiment (l'une des ailes du quartier Lorge). Dans la cave, les bougies s'éteignent et un épais nuage de poussière blanche pénètre partout et obscurcit tout rapidement.  Comme les bombes ont apparemment cessé de tomber, les « ensevelis» sortent et aperçoivent, au milieu de la fumée, que les bombes ont touché certaines parties sculptées de l'ancienne église abbatiale (la chapelle du monastère de la Visitation) à moins 50 mètres du PC. Quelques pierres sont tombées sur le toit recouvrant des véhicules radio. Les liaisons téléphoniques vers l'avant et vers le corps sont coupées pour peu de temps. La section de reconnaissance radio intercepte alors un message de l'adversaire annonçant la destruction du PC de la Division.

NB Il s'agit de ce bombardement: le 8 juillet à 08H00, trois groupes de quatre B-26 américains lancent d’énormes bombes rue de Bayeux et rue de Bretagne en cherchant à ensevelir la place de l’Ancienne Boucherie carrefour important vers le centre ville. En moins de 2 mn tout est réglé et les sauveteurs rassemblent 50 victimes (morts et blessés).

Ce plan est coloré en fonction des destructions. Les ruines du bombardement du 8 juillet s'étendent du côté pair de la rue de Bayeux aux bâtiments à l'Est  du Quartier Lorge (ou Caserne de la Remonte).

Peu après le bombardement, le  commandant en chef du Pz. Gr. West, le General der Panzertruppen Eberbach , visite le  PC de la Division "HJ" .

Il ordonne l'engagement du II./22 Panzer Regiment de la 21. Panzer-Division auprès de la 16.Lw.-Feld-Division .

 A 10H15, le chef d'état-major du Panzergruppe le Generalleutnant Alfred Gause parle avec le chef du LXXXVI.A.K.le General der Infanterie Hans von Obstfelder dont dépend la 16.Lw.-Feld-Division, il lui confirme l'ordre du transfert immédiat du II./22 (de la 21.Panzer-Division ) sur la rive gauche de l'Orne.

Dans un article paru dans cette revue , l'auteur de ce livre indique:

La contre-attaque lancée par le Panzergrenadier-Regiment 192, Kommandeur : Oberst Josef Rauch , en direction de « La Giraffe» et de « Cabaret «, au Sud-est de Couvrechef, a au moins le mérite de permettre aux chars du Panzer-Regiment 22 encore opérationnels et aux armes lourdes d'être ramenés au-delà de l'Orne.

En haut: carte française d'E-M en bas carte IGN de nos jours

Puis, le 9 juillet, à partir de 08H00, les arrière-gardes du régiment se replient (ordre reçu à 02H00 le 9 juillet du LXXXVI. A.K.) en traversant l'Orne vers des positions déjà occupées par le Panzergrenadier-Regiment 125, Kommandeur Major Hans-Ulrich von Luck .

Le 8 après-midi, après une visite à l'Abbaye d'Ardenne au PC du SS-Panzergrenadier-Regiment 25, de retour à son PC, le SS-Standartenführer Kurt Meyer  téléphone au  général commandant le I SS-Panzerkorps,  le SS-Obergruppenführer Sepp Dietrich . Le général commandant le corps réalise la gravité de la situation, mais il rappelle que le Heeresgruppe B a recommandé de suivre le « Führerbefehl » enjoignant de tenir Caen à tout prix. Il ne peut lever cet ordre. Le SS-Sturmbannführer Hubert Meyer) , 1er officier d'état-major, appelle le chef d'état-major du I.SS-Panzerkorps le SS-Brigadeführer Fritz Krämer   qui lui répond: « Si vous êtres rejetés en combattant sur la rive sud de l'Orne par un ennemi supérieur, personne ne considèrera cela comme une évacuation allant à l'encontre des ordres ».

 La Division transmet aussitôt des ordres individuels aux diverses unités qui lui sont subordonnées. Les voici:

"Après la tombée de la nuit, le SS-Panzergrenadier-Regiment 25 replie ses bataillons jusqu'à la lisière de la ville après que les armes lourdes encore en état aient changé de position et soient à nouveau prêtes à faire feu. La Divisions-Begleit-Kompanie et le III. /26 couvrent le décrochage et l'installation sur les nouvelles positions. Le SS-Panzer-Regiment 12 combat en coopération avec le Régiment 25 pour dégager les éléments de ce régiment qui sont isolés. "

"Le SS-Panzergrenadier-Regiment 1, (NB: régiment de la 1. SS Pz-Div. "LSAH" détaché à la "HJ") avec son I/Abt, établit le contact avec l'aile gauche du III. /26 et, sur sa gauche, reste en liaison avec la Division « Frundsberg » . Les éléments de l'artillerie et des lance-roquettes encore engagés dans le saillant, partent s'installer sur la rive sud de l'Orne. Ils soutiennent de leur feu le décrochage d'avec l'adversaire et retardent ses conséquences par des tirs de harcèlement. La SS-Flak-Abteilung 12 part s'installer sur la rive sud de l'Orne et va protéger le pont sur l'Orne en coopération avec le Flak-Regiment du III. Flakkorps. La SS-Aufklärungs-Abteilung 12 établit des reconnaissances sur le flanc droit de la Division et surveille les accès à Caen et au pont sur l'Orne dans Caen. Le 12. SS-Pionier-Abteilung maintient en état le pont sur l'Orne à Caen et prépare sa destruction qui ne sera effectuée que sur ordre de la Division. Le PC de la Division est transféré à Caen-Sud (Faubourg de Vaucelles) ; le 12.SS-Panzer-Nachrichten-Abteilung y établit déjà les liaisons. Intentions pour le 9 juillet: dans la nuit du 8 au 9 juillet, le Regiment 25 et le SS-Pz-Gren-Rgt 1«LSAH»  viennent s'installer sur leurs nouvelles positions sur la rive sud de l'Orne, depuis la limite Est de Vaucelles jusqu'au coude de l'Orne (Regiment 25) et, à partir de là, au nord de Louvigny jusqu'à l'Ouest d'Éterville (Régiment 1). Le III. /26,   avec la Divisions-Begleit-Kompanie qui lui est rattachée, couvrent le décrochage tout en combattant et se repliant jusqu'au pont sur l'Orne et ils franchiront l'Orne en dernier. La mission de l’artillerie : comme précédemment. "

Le 8, à midi, trois Panther descendent la rue de Bayeux, venant de la Maladrerie, en faisant vibrer la chaussée de leurs 45 tonnes d'acier. Arrivés sur la place où l'on recherche toujours des blessés et des emmurés, deux mastodontes manœuvrent pendant que le troisième oblique rue Caponière. Ils reculent, l’un contre l'immeuble affaissé, canon braqué sur la rue de Bayeux, l'autre se plante rue St-Martin d'où son long tube pivote dans un sifflement de moteur électrique, sur la rue Caponière. Pour localiser voir cette carte  et ici.

8 juillet. Dans le bas de la rue de Bayeux, une maison vient de subir un bombardement et vient de s'effondrer. Un char Panther, en arrière garde du SS-Panzer-Regiment 12. passe devant les ruines" (Photos: coll. J.P. Benamou avec son aimable autorisation)

Le 8, des centaines de Waffen-SS, uniformes sales et déchirés, visages et mains noircis par la poudre et la terre, hagards, épuisés, descendent par petits groupes depuis Venoix, Gare Saint-Martin et la Maladrerie, vers le centre-ville. Au pont de Vaucelles dont les arches de pierre se sont effondrées dans l'Orne, des soldats passent sur les gravats, une corde tendue de chaque côté en guise de lice. C'est marée basse et le faible niveau de l'eau permet le passage, jusqu'à 15H00. à gué, sur les amoncellements  de pierres.

 AGRANDISSEMENT                                          AGRANDISSEMENT                              AGRANDISSEMENT

Le pont de Vaucelles (ou pont de pierres) sa destruction selon les bombardements.

Le 8, en face du couvent, au 59 rue de Bayeux, une barricade s'installe en hâte, pavés et chevaux-de-frise, une mitrailleuse et des caisses de balles. Un sous-officier, la manche ornée de la bande "Adolf Hitler", ne décolle pas les yeux de ses jumelles. Anxieux, les mitrailleurs observent le bout de la rue et leur regard se porte, interrogateur, sur leur supérieur. D'autres soldats descendent la rue de Bayeux en courant, en longeant les murs. Tenue camouflée de la tête aux pieds, ils ont l'air résolu et sont bien armés menaçant de leur arme tout civil qui se risque à les regarder.

Le 8, 19 h 30, de Galmanche,  le I./SS-Panzergrenadier-Regiment 25 retraite le Stubaf. Hans Waldmüller regroupe les survivants que des Panzer IV viennent chercher. "Nous quittons l'enfer de Caen en traversant un étroit pont sur l'Orne, qui résiste encore. Nous sommes trente, les seuls rescapés du I/25, cette nuit à Vaucelles".

Le 8, ce soir, le reflux se poursuit, les jeunes soldats demandent de l'eau et assaillent les bornes-fontaines. Pace Gambetta, tout un groupe épuisé rassemble ses équipements et se redresse quand une colonne de camions  chargés débouche par le Boulevard Bertrand, qu'ils prennent d'assaut en s'agrippant comme ils peuvent. Place Guillouard, c'est le même spectacle, de jeunes soldats fourbus, affalés sur les marches du Palais de Justice.

Le Palais de Justice que tous les Caennais appellent Les Tribunaux

 A 19 h 15, le GFM Rommel autorise  le retrait des armes lourdes de Caen et un regroupement en profondeur (journal de marche du Panzergruppe West).

Kurt Meyer organise aussitôt le repli par échelons, d'abord de ses armes lourdes, les Panzern, puis ses Grenadiers, par le petit pont du Tortillard à Caen, au bout de la rue Neuve du Port qui a été dégagée et mise à sens unique sur Vaucelles. Le groupe de Flak vient se positionner en arrière du pont, dans le réseau de DCA du III Flak-Korps du Generalleutnant Wolfgang Pickert . Les sapeurs placent déjà les charges qui feront sauter le pont, dès que le dernier véhicule et le dernier Grenadier l'auront franchi.

De la ferme de l'Abbaye d'Ardenne, vers minuit, l'Ostubaf. Milius demande par radio un tir de Nebelwerfer de la 7. Werfer Brigade (I.SS-Panzerkorps) sur les positions du Regina Rifles , en lisière est des bâtiments encore défendus par les Panther et un canon Pak 40. L'Etat-major du SS-Panzergrenadier-Regiment 25 s'esquive, protégé par les sept derniers Panther de la 3. Panzer-Kompanie suivis par l'infanterie. "De sa position de réception au nord-est de Saint-Germain, le II/26 nous couvre de ses mortiers". Le II/26 se repliera en arrière garde, le 9 à midi: quand il n'y aura plus de Grenadiers, au nord de Caen, à réceptionner.

La 12e-SS-Panzer-Division annonce 550 pertes pour la journée du 8,

Nuit du 8 au 9, dans les abris du parc du Château de Mâlon, les Grenadiers "H.J." de la 7. Kompanie (II/25) reçoivent l'ordre du repli immédiat sur Caen. Les quarante hommes valides s'échappent par une brèche dans le mur, face à Saint-Contest, vers la Folie, en aidant les plus éprouvés. "Une heure plus tard, nous retrouvons quelques véhicules qui filent vers Saint-Julien, qui nous embarquent et nous évacuent sur l'autre rive de l'Orne après un semblant d'embouteillage au pont à une seule voie sur l'Orne, non loin du port."

Dans la soirée, le Panzergruppe West donne l'ordre suivant par télétype (il ne peut donc pas être capté par « Ultra ») au LXXXVI.A.K., au I.SS-Panzerkorps et au II.SS-Panzerkorps: « Le gros des armes lourdes doit être évacué du saillant de Caen dans la nuit du 8 au 9 juillet. Un nombre suffisant de forces d'infanterie, renforcées par des sapeurs et divers observateurs avancés, restent en arrière et forment une ligne de résistance suivant le tracé suivant: Calix/cote 64 (au nord de Caen) / limite Nord de Saint-Germain / aérodrome à 300 mètres au sud de la limite est de Carpiquet. Ne se replier sur la ligne: rive Est de l'Orne / limite Nord de Venoix / limite Nord de Bretteville que face à l'attaque d'un adversaire largement supérieur».

Cet ordre du Panzergruppe entérine les mesures que la Division « HJ » a déjà prises. Le lendemain, le Heeresgruppe B et l'Ob. West ne pourront se décider à émettre un ordre aussi clair et à en référer à l'OKW.

Le 9 vers 2 heures, 6 à 8 Allemands dont un blessé grave (au pied) se réfugient pour se reposer dans l'abri souterrain du Sépulcre, ils repartent vers 06H00 en disant "alles kaput".

 

Le 9 vers 3 heures, une ambulancière de la Croix-Rouge qui transporte un blessé de Sainte-Thérése au Bon-Sauveur, croise près du pont du "Tortillard"(ou de La Mutualité) des camions et des canons lourds allemands qui descendent vers le Sud.

Le 9 entre 3 et 4 heures du matin, le PC de la Division est transféré dans le Faubourg de Vaucelles puis au château de Garclles à Garcelles.

Dans les dernières heures de la nuit et dans les premières heures du 9 juillet, les survivants épuisés du Regiment 25 avancent au milieu des ruines de Caen, prennent le seul pont restant intact sur l'Orne pour aller édifier une nouvelle ligne de défense sur la rive de l'Orne. Les armes lourdes qui n'ont pas été détruites, sont déjà en position. L'artillerie et les lance-roquettes sont aussi prêts au combat même si parfois les munitions manquent.

06H00.  la rue de Bayeux est déserte, des camions allemands passent. Un Panther suit, l’officier en haut de la tourelle est blessé au visage, le sang coule, on sent que les soldats sont exténués.

 

06H30. quelques Waffen-SS, mitraillette en main, vont et viennent comme des fous, Place des Petites-Boucheries. Ils ne savent pas quelle direction prendre.

 

Au matin, deux Panzer sont encore à La Maladrerie, l'un est derrière le mur chez Antar, l'autre dissimulé dans le talus, route de Carpiquet. Ces chars disparaissent vers 9 heures.

Toutes les armes lourdes encore intactes de la 16.Luftwaffen-Felddivision réussissent à évacuer le nord de Caen et Caen, par le pont du Tortillard, et le pont de Calix, sur Colombelles.

A l'aube, la 3. Batterie de Flak (8,8 cm) du SS-Hstuf. Dr Weygand évacue sa position au nord de Saint-Germain-la-Blanche-Herbe pour s'installer sur la rive sud de l'Orne. La 2. Batterie (8,8 cm) du SS-Ostuf. Riedel change de position à 9 heures avec l'aide des' tracteurs de la 3. Batterie car elle a perdu les siens. Regroupement de la SS-Flak Abteilung 12 avec l'artllerie de la 272. ID dans le secteur de Potigny.

 

Place Courtonne des Jägern de la 16. Feld-Division (L) retraitent vers le dernier pont sur l'Orne

 

Place de la Mare des Jägern de la 16. Feld-Division (L)

Captures d'écran d'un film (choisir: le siège de Caen le 7)

 

Vers 9 heures. des soldats allemands descendent la rue de Bayeux, en courant, chacun prend un poste sous les portes cochères, ils s'embusquent dans les corridors des maisons, à toute vitesse ils barrent la rue avec des chevaux de frise.

 

Dans la matinée, des Waffen-SS descendent la rue de Bretagne.

 

9 heures,(NB 16H selon journal de marche allemand!)  le pont de la Mutualité s'écroule saboté par les Allemands en retraite. Dans la matinée, les ponts restants sur l'Orne soit le viaduc ferroviaire de la Prairie et le pont de Clopée à Mondeville sont également sabotés.

 

Dans la matinée. à l'intersection de la rue de Bayeux avec la rue Bicoquet, un soldat allemand, met le feu à son camion.

 

Dans la matinée. place Saint Martin, six Waffen-SS, en tenue camouflée, embarquent leurs MG dans deux Kübelwagen qui prennent la direction des Tribunaux.

 

Sans précision d'heure ! les Allemands mettent le feu aux hangars de la caserne Lorge.

 

Montage: à gauche "Photo BundesArchiv" Place Courtonne; à  droite "Photo PK Woscidlo/Heimdal) Bd des Alliés, le Waffen-SS porte deux Panzerfaust, en arrière plan l'église Saint Pierre.

 

Source: Bibliothèque Nationale, photo présentée page 49 de ce livre . Devant le Bar du Signal-Carré en face de la gare un agent de la DP aide deux soldats allemands à réparer leur vélo. Agit-il sous la contrainte ? Noter sur le second vélo la chaine sautée et au sol un Panzerfaust avec son bouclier de protection; cette arme était servie par un tandem de casseurs de chars : un tireur et un approvisionneur.  Comme souvent, le vélo sert surtout à porter les charges lourdes à savoir ici l'arme, mais aussi les munitions (sur le deuxième vélo). Le soldat accroupi porte la blouse camouflée à boutons caractéristique des troupes au sol de la Lw, ce qui permet de les identifier comme deux Jägern de la 16. Lw.-Feld-Division

 

Vers 10 heures, la Divisions-Begleit-Kompanie est attaquée par un adversaire supérieur en nombre et se replie en combattant, elle franchit vers 16 heures le pont de chemin de fer à Caen, selon son journal de marche (à cette heure le dernier pont a sauté, mais le passage par des hommes à pied reste possible en escaladant les poutrelles métalliques)

 

Le viaduc ferroviaire au bout de la Prairie saboté par les Allemands.

 

10H30, une arrière-garde allemande est en position sur le trottoir face au cinéma Majestic, Bd des Alliés. Les soldats rampent avec des grenades et des chapelets de balles. Une dernière patrouille débouche en courant et tout le monde se replie précipitamment.

 

Vers 11 heures, trois groupes de combat prennent position place Saint-Sauveur, mais ne tardent pas à se replier par la rue l'Ecuyère.

 

Vers 11 heures. des Panzern se mettent en position Place des Petites-Boucheries, l'un prenant en enfilade la rue de Bayeux, l'autre la rue Caponière. Quelques mitrailleuses s'y ajoutent... les dernières arrière-gardes. Vers midi, elles se retirent à leur tour.

 

A peu près en même temps, le III./26 est attaqué par les Canadiens et, combattant sans arrêt, il se replie dans la ville jusqu'au pont sur l'Orne. Peu avant le passage des derniers éléments de couverture de la Begleit-Kompanie, le Sfubaf. Olböter franchit l'Orne avec les derniers éléments de son bataillon. Lorsque les Canadiens s'approchent du pont (il avait été laissé intact pour les derniers retardataires), les sapeurs le font sauter.

 

Dans un article paru dans cette revue , l'auteur de ce livre indique:

A 15 h 00, la Kampfgruppe Rauch , renforcée par la 8.(schw.)./192 (21. Panzer Division ) et deux Kompanien du Il./Jager-Rgt 46 (16.Luftwaffen-Felddivision ), retraverse l'Orne et pénètre dans Caen pour atteindre la « cathédrale » (vraisemblablement Saint-Pierre ). Là, il est pris sous un très fort tir adverse (sans doute des Royal Ulster Rifles ?) qui le contraint à se retirer. Après le repli de la Kampfgruppe, le pont ferroviaire de Bellemaist est dynamité par les Pioniere.

Remarques à ce sujet:

-le seul pont encore en service pour traverser l'Orne est le pont de La Mutualité ou le pont du Tortillard entre le Quai Hamelin (rive droite) et le quai de Juillet (rive gauche); l'heure de son dynamitage par les Allemands est variable selon les sources, la plus probable 16H00.Voir photo ci-dessous.

- la cathèdrale peut être également Saint Jean.

- Bellemaist est à Mondeville, le seul pont ferroviaire à Mondeville sur l'Orne est le pont de Clopée qu'un témoin a vu sauter le matin du 9 juillet !

- dans ce livre pages 95 à 97, l'auteur relate que l'abbé de Panthou (qui avait dit la messe le matin dans l'abri souterrain du Sépulcre) de l'église Saint Pierre venant de reconduire un ami rue de l'Engannerie eut la malchance de rencontrer rue Saint Jean une colonne allemande qui se dirigeait vers le centre ville; fait prisonnier il ne fut libéré que rue de Vaucelles, quelques heures plus tard, après repli et la traversé l'Orne.

Les derniers Allemands franchissent l'Orne sur les ruines des ponts détruits et sur des radeaux à l'abri des grands arbres du Grand Cours.

 

"Photo Collection S. Varin". Les deux tabliers du pont de la Mutualité dans l'Orne, au premier plan le pont du Tortillard celui utilisé jusqu'au 9 juillet.

 

La section d'autocanons (SPW armés de pces de 7,5 cm court) est installée dans un verger sur la rive sud et prend sous son feu les chars et l'infanterie des Canadiens qui se sont rassemblés dans la Caserne Hamelin.

 

 

Après les tirs, les SPW changent rapidement de position et, juste après, l'artillerie alliée arrose le secteur qu'ils viennent de quitter.

La 16. Lw.-Feld-Division , la Division "HJ" et le SS-Pz-Gren-Rgt 1 qui lui est rattaché, sont installés tant bien que mal dans leur nouvelle ligne défensive au sud de l'Orne et derrière l'Odon.

Les pertes de la Division « HJ » pour ce 9 juillet, s'élèvent à 63 hommes dont 20 tués, 22 blessés et 21 disparus.

La 16. Lw.-Feld-Division a  perdu 45% de ses effectifs depuis son arrivée à Caen le 2 juillet !

 

- Bataille de Caen 6 juin au 15 août 1944 de Jean-Pierre Benamou Editions Heimdal-1988

-12.SS-Panzer-Division "Hitlerjugend" de Georges Bernage et Hubert Meyer, Heimdal, 1991.

- Normandie 1944 Magazine N°01, 2011.

 

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