RESISTANCE

SOURCES: Collection Résistance et Mémoire.

Robert DOUIN (1891-1944) alias "Civette".

 

Issu d'une lignée de sculpteurs, Robert Douin qui habite rue de Geôle est directeur de l'école des Beaux-arts de Caen depuis 1930. Dès la fin de l'année 1940, il adhère au mouvement de Résistance l'Armée des Volontaires, aux côtés de Léonard Gille , René Duchez ...

En février 1942, il entre au réseau Alliance, dont il devient le chef départemental. Profitant de ses fréquents déplacements sur la côte du Calvados pour restaurer des œuvres d'art pour l'entreprise Roger Martin, avenue Albert Sorel, il dresse de nombreux plans des fortifications allemandes et les fait transmettre à Londres. Dans le clocher de l'église Saint Nicolas,  il avait dissimulé un émetteur radio pour communiquer avec Londres.

Gilles Perrault  dans son livre  page 100 : indique que Charles Douin (sic), le sculpteur royaliste recruté par Centurie est aussi « Civette » pour Alliance.  

"Cette double appartenance était ignorée des deux réseaux. L'auteur, au cours de son enquête, a même eu la surprise de constater que M. Jean Sainteny , chef du réseau Alliance, ignorait encore, vingt ans après, que Georges Thomine (34 ans en 1940, marin-pêcheur - Organisation : Alliance - Domicile :  Port-en-Bessin) et Douin avaient travaillé pour Centurie en même temps que pour Alliance. Or, M. Sainteny, propriétaire d'une ferme surplombant la plage d'Omaha, y faisait de fréquents séjours "professionnels" et était en rapports étroits avec les deux hommes.

Curieusement, chaque réseau avait de Douin une image différente, et même contradictoire, conditionnée sans doute par le rôle qu'il y jouait. A Centurie, où il n'était qu'un agent de second ordre, le sculpteur a laissé le souvenir d'un homme excentrique et passionné, d'une véhémence remarquable. Pour les anciens d'Alliance, au contraire, il était l'incarnation même du « Père Tranquille ». Sa foi royaliste et son anglophobie, dont riait tout Centurie, ne semblent pas avoir fait sur eux une impression particulière. Ses qualités d'efficacité et de discrétion étaient si appréciées qu'on lui confia le commandement du secteur-clé de Caen. On ne saura jamais si Charles Douin était en fait un feu follet passionné ou un terne "Père Tranquille", ou encore s'il était l'un ou l'autre selon que ses responsabilités lui permettaient de laisser libre cours à sa fantaisie, ou l'obligeaient au contraire à la museler."

Arrêté par la Gestapo sur un chantier le 17 mars 1944, Robert Douin est incarcéré à la maison d'arrêt de Caen où il sera fusillé, en même temps que 75 à 80 autres résistants le jour même du Débarquement, le 6juin 1944.

Source: Collection ONAC du Calvados

Plaque apposée à l'entrée du cimetière Saint-Nicolas à côté de l'église Saint Nicolas des Champs du même nom, dans la rue d'Hastings

Les portraits de Raoul et Robert Douin sont représentés sur la plaque et on peut y lire l'inscription suivante :

" A Raoul et Robert Douin sculpteurs. anciens professeurs et directeurs à l'Ecole des Beaux-arts de Caen - L'Association amicale de leurs anciens élèves - Souvenir - Robert Douin, résistant mort pour la France ".

Initiative et réalisation :

La plaque a été offerte par les élèves de l'école des Beaux-arts.

Ayant été fendue dans sa diagonale lors de sa déposition ou re-position à l'occasion de travaux, monsieur et madame Rémi Douin ont fait refaire la plaque pour le 50e anniversaire du Débarquement. Ils ont alors fait ajouter la mention " Robert Douin résistant, mort pour la France ".

Inauguration :

L'inauguration a eu lieu le samedi 9 juillet 1960, à 17h30, à l'issue de la traditionnelle cérémonie de lever des couleurs de la place Monseigneur des Hameaux (libération de la rive gauche de Caen).

La plaque est inaugurée, en présence de la famille Douin, par le général Koenig et le maire de Caen, Jean-Marie Louvel . Le discours est prononcé par monsieur Ameline, président de l'Amicale des anciens élèves de Raoul et Robert Douin, à l'initiative de la pose de cette plaque.

Lire un entretien avec le fils de Robert Douin.

Sources

Archives de Jean Quellien

et et et .

Fonds du service départemental de l'ONAC du Calvados.

Julia Quellien

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