La COLLABORATION

 

Le F.R.N.

A l'automne 1942, alors que leurs forces s'étiolent, les partis collaborationnistes décident de se regrouper. L'idée avait déjà été lancée en juillet par Marcel Déat , chef du R.N.P., très attaché à l'idée d'un parti unique. En septembre, il jette les bases du Front révolutionnaire national. Dans le Calvados, alors que des tergiversations paralysent le processus au niveau national, c'est en décembre 1942 que l'initiative prend corps avec l'institution d'un comité de liaison des groupements nationaux à l'instigation de Julien Lenoir qui en est le secrétaire. Il rassemble toutes les organisations en activité dans le département: P.P.F., R.N.P., M.S.R., Groupe Collaboration.

Les objectifs sont clairement : renforcer la collaboration avec l'Axe, mettre en place, dans les faits, la Révolution nationale et assurer la sécurité des membres des partis collaborationnistes. Des accords enfin intervenus dans les hautes sphères, des sections départementales se mettent en place. C'est en février 1943 que celle du Calvados voit le jour à la suite du comité de liaison. Mais au niveau national, les difficultés apparaissent. Le PPF a rapidement quitté le comité de liaison. Son président, Jacques Doriot , ne peut admettre de participer à une structure créée par son rival Déat.

Laborieusement mis en place, le premier meeting du FRN a lieu le 22 mai 1943 à l'Hôtel de ville de Caen . Il ne rassemble que 200 à 300 personnes. Les appels des dirigeants départementaux à des délégués d'organisations représentatives, comme les anciens combattants, se sont heurtés à un mur.

Les représentants des pouvoirs locaux ne montrent pas plus de zèle à soutenir l'initiative. A la fin de l'année 1942, le préfet Michel Cacaud ne retient aucun nom proposé par le comité FRN pour la désignation du conseil départemental. En mai 1943, le maire de Caen, André Detolle , oublie d'inviter les représentants du FRN lors d'une cérémonie à la mémoire de victimes d'un bombardement britannique.

Ces échecs et de graves dissensions au sein des instances nationales provoquent la dislocation du FRN à l'été 1943.

Sources :

 

QUELLIEN Jean, Opinions et comportements politiques dans le Calvados sous l'occupation allemande, Caen, PUC, 2001, 512 pages.

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