CAEN, LIBERATION DE LA RIVE DROITE

le 18, le 19, le 20,

18 JUILLET

 

La nuit du 17 au 18 juillet est calme. Les obus vont éclater du côté de Cormelles et d'Ifs.

A l'aube, vers 5 h. 30, un immense bourdonnement, dans le fracas de la Flak, des centaines d'avions, par petits groupes d'une dizaine et volant à  basse altitude, lâchent leurs bombes à l'Est et au Sud-est de Caen. Sans discontinuer, les quadrimoteurs passent par vagues successives, les nuages épais de fumée noire que provoquent ces bombes en explosant se rapprochent de Caen.

Vers 8 heures du matin, un immense rideau de fumée, décrivant un grand cercle, réunit Colombelles à Saint-André-sur-Orne. C'est le bombardement aérien de l'Operation Goodwood. La libération de la rive droite est l'Operation Atlantic.

Si Vaucelles est épargné ce jour-là par les bombes, il ne l'est pas, par contre, par les obus. Il subit le plus violent tir d'artillerie de toute la bataille. Les premières rafales d'une dureté extraordinaire arrivent vers 5 h. 45 et provoquent plusieurs incendies. Après une brève accalmie, à 11 heures, les obus arrivent de nouveau. Dans l'après-midi, les tirs d'artillerie se succèdent, et atteignent vers 18 heures une violence jamais égalée. Pendant trois quarts d'heure, les obus éclatent partout et simultanément. Puis les explosions s'espacent vers 19 heures et le silence tombe enfin sur le quartier, un silence qui permet d'entendre les canons des chars, des rafales de mitraillettes et des coups de feu isolés, au loin.

Informations anglaises, bulletin spécial de 19 h 30

" La 2nd Army  a enfoncé les défenses allemandes à l'est de l'Orne, après le plus formidable raid de guerre. par plus de 2000 bombardiers."

Il fait beau et depuis la seconde partie de la nuit, le ciel plein du bourdonnement des avions alliés.

 A Caen, depuis la rive gauche de l'Orne:

Les Reginas  du lieutenant-colonel Matheson , QG à Saint-Julien, sont rassemblés par compagnies de la place Gambetta, Boulevard Bertrand, à la place de la Comédie. La vaillante patrouille des "Bergeron's Scouts" est toujours devant, avec ses éclaireurs FFI qui font plus que leur travail. Les ruines du pont de la Mutualité et surtout de celui de Vaucelles, permettent toujours le passage de l'Orne aux fantassins-éclaireurs agiles et déterminés qui bondissent et passent en équilibre sur rails et moellons amoncelés.

 

 

A gauche: les deux tabliers du pont de la Mutualité; puis: les ruines du pont de Vaucelles avec les rails du tramway, au centre côté rive droite, à droite côté rive gauche.

12 h 00. Quinze "Johns" du lieutenant Bergeron, qu'accompagne fidèlement le sous-lieutenant FFI Raymond Châtelain, franchissent le pont de Vaucelles en attirant le feu des Allemands. Un "John" est tué, les autres sont dans l'immeuble en ruine de l'angle de la rue de Vaucelles, soutenus par les tirs de mitrailleuses Vickers et les mortiers des Cameron Highlanders of Ottawa  du Lt. Col. P.C. Klaehn qui font rentrer la tête des Allemands que l'on entend sans les voir.

Une section allemande interdit tout repli à l'aide de cinq MG sur le quai de l'Amiral Hamelin. Il faut pourtant communiquer avec le PC de Able Company, à présent dans les ruines de la place du 36e RI, postes-radio à l'abri derrière les restes du Monument aux Morts de 1870. Quelques mots sont échangés et Châtelain quitte son refuge de l'angle de la rue de Vaucelles, poursuivi un instant par les impacts des rafales de MG qui tirent entre deux explosions de bombes de mortiers de 3 pouces. Châtelain gagne le milieu du pont, les gars de Bergeron le couvrent au FM Bren et avec un petit mortier de 2 pouces qui envoie des torpilles fumigènes indiquant les postes de tir à nos propres forces de soutien. Châtelain est passé, il atteint  l'éboulis du Monument de 1870 et, de nouveau, il s'en détache, tandis que les Camerons Highlanders of Ottawa  de la Cie D du bataillon de soutien ajustent leur tir sur les mitrailleurs allemands marqués par de la fumée blanche. Le soir, ils tireront leur 4.000e bombe de mortier lourd sur Vaucelles, depuis midi.

15 h 00. Un tir allemand de contre-batterie s'abat sur les Camerons de la Cie D au cimetière Saint-Gabriel. Bergeron demande du renfort qu'il est impossible de lui offrir tant que les Allemands balaieront le pont et le quai de Juillet de leurs mortiers et MG, interdisant aux pionniers un remblaiement suffisant pour la troupe puis les Bren Carrier régimentaires. Châtelain et Bergeron décident alors de "bricoler" les brèches du milieu du pont de Vaucelles avec des moyens de fortune. La densité des tirs croisés augmente encore et c'est maintenant une folie que de vouloir s'aventurer sur les piliers du pont. Néanmoins, Châtelain passe et repasse bravement en bondissant, mais l'inévitable rafale le tue net , sur le quai de la rive de Vaucelles, une plaque lui rend honneur.

17 h 00. Sous un déluge de bombes de mortiers et le tir de l'artillerie sur le Boulevard Leroy, les A et B Coys s'élancent à travers le tablier effondré en trois endroits du pont de Vaucelles. Quelques "Johns" tombent encore mais les grenades éclatent rue de Vaucelles et sur le quai, à gauche, qui neutralisent le dernier poste allemand.

      

Collction R. Tesnière. Rue de Vaucelles avant et après déblaiement (à droite dans le fond le garage Citroën)

18 h 00. Les pionniers de la 6th Field Cie, RCE   (3rd Cdn ID ) font des miracles et les Bren Carrier passent au pas le pont de Vaucelles sur un plancher de bois et de grillages. La D Coy, qui avait dû abandonner ses barques d'assaut à la passerelle sous les explosions de mortiers allemands, passe à son tour à Vaucelles. Ils sont soutenus par l'escadron des Humber du  7th Reconnaissance Rgt (17th Duke of York’s Royal Canadian Hussars) .

La passerelle de l'Arquette  au  fond du Grand Cours qui relie le cours Sadi Carnot et la rue du Puits de Jacob, elle est dans l'Orne depuis le 6 juillet suite à un bombardement aérien.

  Les Allemands décrochent, le Regina Rifles perd le contact rue de Branville et se bat désormais contre des snipers. Charlie Company du Major J. Gordon Baird traverse le pont, en toute tranquillité et prendra contact avec le Black Watch en montant la rue de Branville.

21 h 00. Le lieutenant-colonel Matheson est à Vaucelles avec les 500 "Johns" des unités de combat du Regina Rifles of Canada et ses "petits FFI", premier bataillon canadien en ligne à Vaucelles, au prix de 18 pertes. La 6th Field Coy du Génie ramène 27 prisonniers de la 272.Inf.Div.  rive gauche.

Une patrouille prend à partie le blockhaus de la rue Victor-Lépine, où quelques Français sont réfugiés. Il y a des morts et des blessés. Mais entendant une femme crier les Canadiens cessent le feu et aident à sortir les blessés qui sont transportés au poste sanitaire de Sainte Thérèse. Cinq Allemands sont capturés rue de Formigny.

21 h 30, Le Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada , 5th Brigade de la 2nd Canadian Infantry Division   traverse l'hippodrome, Les deux compagnies d'assaut transportent des bateaux pliables en toile. Mission franchir l'Orne dans son coude à l'extrémité ouest du Grand Cours. Parvenus au bout du chemin de Louvigny qui traverse la Prairie, ils tombent sous le feu de MG et de mortiers, à 50 mètres de l'Orne. Tous les bateaux d'assaut en toile sont crevés (sauf celui du Corporal Watson), treize hommes s'écroulent sous les balles et les éclats dans ce premier contact avec l'ennemi. (46 Canadiens tués par la 272.ID selon ce livre page 97)

Sagement, le lieutenant-colonel Norman Jansen Windor Smith qui commande les Royal Canadian Engineers (RCE) de la 2nd Canadian Division , conseille d'attendre la nuit pour tendre un pont de kapok d'une berge à l'autre. Lire le war diary du 18 juillet.

 

 La Prairie, l'hippodrome, le chemin de Louvigny, le Grand Cours et l'Orne. Un pont de kapok.

23 h 0O, Tous les composants sont acheminés par le même itinéraire depuis le dépôt des tribunes du champ de course.

Un bombardement aérien de l'aviation allemande détourne l'attention du comité d'accueil sur l'autre rive, dans une pétarade de DCA qui est mise à profit. Les deux rives sont distantes de vingt mètres à cet endroit, et il manque deux mètres d'éléments flottants: les deux parties du pont ne peuvent être reliées et le temps presse. Le lieutenant Thomas Kelly Dorrance (il sera tué le 23 juillet) se met à l'eau et bras tendus, il ramène et maintient les deux parties du passage flottant, sa section passe rapidement la première sur la jetée de Kapok qui s'enfonce au  milieu.  Dorrance a toutes les peines à maintenir réunies les deux extrémités, mais il ne cède sa place aux pionniers qu'une fois le dernier "Royal Highlander" passé.

A proximité de l'actuel Viaduc, le Black Watch s'établit solidement autour de La Cavée. Les "Johns" du Regina Rifles of Canada sont contactés sur la gauche, trente prisonniers sont rassemblés.

 

La 30th Field Coy RCE enregistre rapidement des progrès dans le dégagement des voies d'accès aux quais grâce à son formidable parc d'engins mécaniques du Génie. Une énorme activité s'engage dans les amoncellements de ruines que l'on s'emploie à organiser et à utiliser en remblais pour l'acheminement des troupes et matériels lourds, sur l'autre rive, vers Vaucelles.

23H15 Bombardement sur le franchissement de l'Orne à Caen effectué par des bombardiers bimoteur Me 110  du IX. Fliergerkorps, venus de Hollande et de Belgique avec des réservoirs supplémentaires, le Kommandeur le Generalmajor Dietrich Peltz est au PC de la 12. SS Pz-Div. HJ à Airan pour suivre les opérations.

Les bombes anti-personnelles SD2 (bombes papillons), dégringolent du ciel en tournoyant dans un bruissement métallique qui s’achève à la percussion par un éclatement sec et puissant. Ces « petites saletés » couvrent un rayon très important et mettent le feu à plusieurs camions qui flambent  (plus d'une dizaine de camions canadiens place Saint-Martin) et attirent de leurs lueurs les bimoteurs de la Luftwaffe . Des containers à bombes tombent sur les piles de gravats et dans la rivière, en même temps qu’arrive l’averse des SD1 « bombinettes » de 1 kg grosses comme une pomme de terre mais terriblement sensibles. Des flammes montent à 30 mètres, se reflétant sur la façade meurtrie des restes de la Caserne Hamelin (19 Sapeurs sont victimes de ce raid  sur Caen).

Dans la nuit, d'autres patrouilles passent sur la rive droite avec Maurice Schumann. et Jean MARIN , guidés par des FFI caennais et procèdent à des opérations de nettoyage:

Pendant ce temps les 8th et 9th Brigades: Brigadier Kenneth Gault Blackader  et Brigadier Douglas Gordon Cunningham (3rd Canadian ID) avec le soutien du 1st Hussars ont traversé le canal et l'Orne sur les ponts flottants Bailey  "London".

Plan Philippe Bauduin, avec son aimable autorisation.

Euston Bridge et London Bridge

Photo de gauche, source PA-162435, le 18 juillet, Infanterie des Stormont, Dundas and Glengarry Highlanders traversant un pont Bailey sur la rivière Orne. Photo de droite, source PA-162436, Brigadier D.G. Cunningham, Commandant de la 9th Canadian Infantry Brigade, traverse la rivière Orne, le 18 Juillet en route vers Caen.

Photo de gauche, source  PA-162434. Photo de droite, source PA-162431.  Le 18 juillet, Infanterie des Stormont, Dundas and Glengarry Highlanders traversant la rivière Orne sur un pont Bailey construit par le Royal Canadian Engineers (RCE).

Puis par le côté droit de la rivière, vers Longueval se sont emparés des hauteurs de Colombelles, Giberville et Mondeville au Nord-est de Caen en se battant contre le Jäger-Regiment 31 de la 16. Feld-Division (L)  . Un orage éclate à 17 h 00 les combats de rues et à l'aciérie se font dans la boue.

Localisation: le canal, l'Orne, Longueval, Colombelles, Giberville, Mondeville, Vaucelles.

A 23 h 45. Le North Nova Scotia Highlanders , est aux premières maisons de Mondeville.

Photo de gauche, source PA-162437, le Lt-Col. Charles Petch , en tête du North Nova Scotia Highlanders traverse l’Orne sur le pont Bailey London, le 18 Juillet 1944. Photo de droite, source PA-141709, des fantassins du North Nova Scotia Highlanders avancent le long de l'Orne vers Vaucelles, le 18 Juillet1944. 

Au cours de la nuit le lieutenant McNeil en Jeep, dépasse les avant-postes et se fait tuer par une rafale allemande rue de Falaise.

 

           19 JUILLET

Dans la pluie et la boue, les Allemands s'accrochent au terrain.

1) A l'ouest de Caen, à Louvigny, le village est défendu par la 1.SS-Pz-Div. "LSSAH" qui en interdit l'accès à la Cie D du Royal Regiment of Canada . Il faudra un copieux tir de concentration du 4th Field Regiment RCA pour qu'à 09 h 00, les Royals se rendent maîtres de tout le bourg de Louvigny. Les canons continuent d'aboyer, engagés dans le tir de soutien de la 5th Brigade, sur Vaucelles et les coteaux de Fleury.

2) Au sud de l'Orne, à Vaucelles

09 h 30. Le Regina Rifles se tient à distance de la gare, ses quatre compagnies s'échelonnent sur la droite de la rue de Vaucelles et de la rue de Falaise, face à l'est et au sud, les hauts immeubles des casernes du quartier Claude Decaen servent toujours d'observatoire pour l'artillerie et les mortiers allemands.

Collection R. Tesnière. La gare SNCF

Les Highlanders du Black Watch of Canada , PC aux Petites Sœurs des Pauvres, occupent le quartier pavillonnaire et les jardins de la rue de l'Arquette, au boulevard Lyautey. Les FFI sont présents avec Maurice Schumann , Jean Marin , Serge Goguel , René Duchez , Léonard Gille et leurs hommes. Les mortiers de la Support Coy prennent la caserne pour cible, avec des résultats certains. Des véhicules légers allemands se replient sur Cormelles, protégés par un plafond nuageux trop bas pour l'aviation tactique.

Vers 9 heures du matin, en amont de l'ancienne passerelle, un radeau transporte les premiers chars légers de la 2nd Cdn Armoured Brigade

Photo gauche avec le raft rive gauche, photo de droite le raft avec un char dessus est rive droite, côté débarquement. Localisation: flèche jaune devant le repère 1.

LOCALISATION: 49°10'29.06"N 0°21'38.87"W

 

Source à gauche. Source à droite Un Sherman de la 2nd Cdn Armoured Brigade traverse l'Orne sur un raft. Sur la rive droite un Half Track M5 caisse fermée muni d'un treuil assure la manoeuvre du radeau.

 

10 h 00. Le The Royal Winnipeg Rifles traverse l'Orne  objectif les casernes du 43e RA que les Allemands viennent d'évacuer. Plusieurs Canadiens guidés par le FFI Mousset sont victimes de mines et de pièges près de l'église Saint-Michel.

Source.

Source page 360 de , Quai Hamelin des Bren carriers des Cameron Highlanders of Ottawa 

A Vaucelles, le 20 juillet 1944. Photo de gauche: source PA-153423. Un Universal Carrier (AoS 42) du 4th Field Regiment (R.C.A.)  de la 2nd Cdn ID . Photo de droite: source PA-129031 Une jeep ambulance du (R.C.A.M.C.)

 

12 h 30. Le Régiment de Maisonneuve 5th Brigade, 2nd Cdn ID traverse l'Orne sur un pont Bailey.

En bas à droite de cette photo aérienne le pont flottant, on distingue un camion traversant l'Orne, date entre le 22 juillet et le 4 août. Repérage.

LOCALISATION 49°10'26.26"N 0°21'38.58"W

Nous avons trouvé plusieurs photos de ce pont prises des deux rives, il donne sur la venelle de l'Orne qui débouche rue de l'Arquette.

     

Photo de gauche le photographe est rive droite, le camion est sur le Grand Cours; photos du centre (source) et de droite le photographe est rive gauche en face de la venelle de l'Orne, une Jeep sanitaire revient du front, le 26 juillet, (le panneau de droite est malheureusement illisible).

 

Traversée de l'Orne vers la vanelle del'Orne: un Universal Carrier tractant un canon antichar Ordnance QF 6-pounder 7 cwt et sur l'autre photo une Jeep

Arrivés en haut de la Cavée, une pluie de mortiers s'abat sur la Cie D, alors que les Black Watch s'abritent dans leurs tranchées creusées dans les jardins ou réoccupent les abris des Allemands. Le Major Léon Joseph Brosseau (il sera tué juste après) lance sa compagnie (Cie D) au pas de course route d'Harcourt. Les colonnes avancent sur les trottoirs. Les Sherman du 27th Armoured Regt occupent le milieu de la chaussée, droite comme un I qu'ils balaient de leurs armes de bord et arrosent les façades des maisons qu'ils abordent.

 

Légende dans ce livre: . Vaucelles le 19 juillet. La Cie D du Régiment de Maisonneuve  s'élance route d'Harcourt, à Vaucelles, vers le village du Haut-Fleury. Des Sherman du Sherbrooke Fusiliers Regt (27th Armoured Regt )  soutiennent les fantassins de leurs feux (tirages d'après un film, collection de l'auteur). Localisation de la première  photo grâce au château d'eau à l'entrée de Fleury-sur-Orne.

Le Regina Rifles s'empare du Quartier Claude Decaen.

Photo de gauche: source PA-132854 Des Regina Rifle Regiment , de gauche à droite: Riflemen I.L. Jackson et E.A. Locke, Lance-Corporal L.H. Easterly, Corporal E.H. Scott à Vaucelles, 23 Juillet 1944. Albert Pipet dans situe cette photo à la caserne du 43e RA.

Photo de droite: source  PA-136397  Des fantassins du North Nova Scotia Highlanders célèbrent leur entrée dans Vaucelles avec du vin français le 20 Juillet 1944. de gauche à droite: les Sergeants A.S. Allison, E.M. Irwin et R.E. Adamson et le Corporal H.F ?

Les 24.000 obus tirés sur l'autre rive dans la nuit, permettent aux pontonniers d'achever, dès 09 h 00, trois passages, un quatrième s'ouvre au trafic à 11 h 30.

3) Les Canadiens de la 9th Highland Brigade du brigadier Cunningham  dans Vaucelles au petit matin par l'Est.

04 h 15. Les Glens se remettent en marche le long de l'Orne et laissent les ruines sinistres de l'usine de Colombelles (la S.M.N.) derrière eux. Ils nettoient Mondeville, maison par maison.

07 h 20. Venant de la route de Cabourg ils atteignent le Rond-point de la Demi-Lune, des snipers et quelques rafales de MG des Allemands qui décrochent vers la plaine.

Leurs colonnes se dirigèrent vers le quartier de Sainte-Thérèse. Là, ils furent accueillis par une cohorte de civils, hâves, amaigris, mais délirants de joie, qui sortaient de leurs abris. A 8 heures, ils descendirent la rue d'Auge.

Source. Le bas de la rue d'Auge vers la rue du général Decaen.

Source: Archives municipales de Caen, photo Gosset. Des Canadiens rive droite.

Des civils regardent une patrouille canadienne, quartier de la Demi Lune, le 19 juillet 1944. Selon page 354 il s'agirait de soldats du 1st Bn The Canadian Scottish Regiment , 7th Brigade, 3rd Cdn ID . Localisation route de Falaise en face du terrain d'aviation de Cormelles-le-Royal.

 

07 h 50, Le lieutenant-colonel G.H. Christiansen   et son officier de renseignement, Reginal R. Dixon , sont au travail dans l'école de l'avenue Guynemer, le long de la caserne du 43e RA où des tirs d'armes automatiques résonnent. Des prisonniers leur sont présentés, ils appartiennent au 1.Infanterie-Regiment Leibstandarte SS Adolf Hitler de la 1. "LSSAH" et à la 16. Feld-Division (L) . Les quatre compagnies s'installent de la gare au cimetière de Vaucelles.

Source. Des Glengarrians du Stormont, Dundas and Glengarry Highlanders de la 3rd Canadian ID prennent un repas sur les quais de la gare de Caen, le 20 juillet 1944. Voir la gare,  un film du 19 juillet.

 

Source page 358 de ce livre. Des Glens dans le hall et dans un souterrain entre les quais de la gare de Caen.

Photo de gauche: source PA-116543. Un soldat canadien surveille un prisonnier allemand (officier du Gren. Rgt. 980, 272.ID ) assis sur une chaise sur un quai de la gare de Caen.  Photo de droite: source Deux Canadiens inspectent un wagon. Le 18 juillet 1944.

Source: à gauche PA-131388, à droite PA-183215 Personnels du No.1 Railway Workshop Company, (R.C.E.), inspectent le matériel ferroviaire détérioré dans un hangar de la gare de Caen, le 23 juillet 1944. La gare SNCF est gérée par le Railway Transport Operating britannique.

Photo gauche: source The Sphere du 5 août 1944. Locomotive renversée et plusieurs wagons citernes.  Photo droite: source, un trou de bombe.

Source page 358 de ce livre. Les dégâts ferroviaires, gare de Caen, le 19 juillet 1944, à gauche des cadavres de soldats allemands. La guèrite est toujours en place voir ici.

  Les quais et les voies dévastés.

Gare de Caen. A gauche: "photo PAC" une locomotive 230 carénée, à droite: photo "collections du Mémorial de Caen" remise en état des voies. Photos présentées dans ce livre.

A gauche, Copyright ©Rail Archive Stephenson plan large de la locomotive 230 carénée, à droite deux soldats canadiens, source.

Le 19 juillet, une patrouille de la Compagnie Scamaroni devant les bâtiments administratifs de la gare. Sur un quai de la gare des prisonniers allemands de la 272.ID sous la garde de Canadiens.

  

Source à droite;  des prisonniers allemands de la 272.ID sous la garde de soldats canadiens à la gare de Caen. Cette division a perdu 60 à 70 prisonniers à Vaucelles.

22 h 00. Ordre d'avancer pour Hubert-Folie.

 L'escadron B du 1st Hussars , accompagne le 1st Canadian Scottish dans Vaucelles par le boulevard de Rethel.

Les chars rejoignent les Reginas à la caserne du 43e, au moment où, après avoir traversé l'Orne, l'escadron A y parvient par la rue de Falaise où bulldozer et pelleteuses de la 6th Field Coy, RCE (3rd Cdn ID ) s'activent. Ce soir, les blindés se porteront sur Ifs, mais, pendant une semaine, la caserne demeurera le "port" des 1st Hussars du lieutenant-colonel R.J. Colwell.

Pour leur part, les Reginas , nettoyèrent la rue de Falaise, faisant de nombreux prisonniers.

The Royal Winnipeg Rifles , vers 18 heures s'empare du carrefour de la route d'Ifs, à la sortie de Caen, cependant que Fleury-sur-Orne tombe, au prix de durs combats, entre les mains du Régiment de Maisonneuve .

Photo de gauche, source PA-132553. Le Private Norman Milton et  le Corporal Frank Maxwell, du 12th Manitoba Dragoons , exhibent des photos de Dorothy Lamour trouvées dans une tranchée allemande à Vaucelles, 19 Juillet 1944.

Photo de droite, source PA-132550 . des fantassins canadiens non identifiés dans un wagon délabré  à Vaucelles, 18 Juillet 1944.  C'est un wagon du Decauville de Caen à Dives, la gare était Place Courtonne.

Au soir du 19 juillet, Vaucelles - c'est-à-dire le reste de Caen - est, en totalité, libéré par les Canadiens. Seuls subsistent dans les ruines, quelques tireurs isolés, lesquels pourchassés sans relâche n'ont le choix qu'entre la mort ou la reddition.

Caen est cependant toujours une "ville de front", subissant trois semaines encore les bombardements occasionnels de la Luftwaffe la nuit. Le dernier obus allemand, un 17 cm explosera dans les jardins du couvent des Carmélites, rue d'Hérouville, le 17 août, tiré des positions allemandes en arrière de la Dives.

Des centaines de milliers de soldats alliés traverseront les ruines qui augurent sinistrement de ce que leur réserve l'avenir. Des milliers d'appareils alliés la survoleront en réveillant à chaque fois la frayeur qu'il faudra bien du temps encore à pouvoir maîtriser.

                 20 JUILLET

 La cérémonie de la Libération définitive de Caen se déroule à Vaucelles.

Source. Calvaire du Cygne de Croix au carrefour rue de Falaise et Bd Leroy.De nos jours.

Dessin page 131 du livre, cérémonie au calvaire du Cygne de Croix.

Le drapeau à Croix de Lorraine  de la Résistance est hissé au calvaire du Cygne-de-Croix, boulevard Leroy en présence des autorités de la Ville: le Préfet Pierre Daure , le Président du Comité de Libération le capitaine Léonard Gille , le maire par intérim Joseph Poirier   et les officiers des Civil Affairs. Le Préfet prononce quelques mots. Lire l'article de Liberté de Normandie du 24 juillet 1944

En résumé sur cette carte les régiments canadiens qui ont libéré la rive droite de Caen les 18 et 19 juillet 1944.

A l'Ouest:  Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada et Régiment de Maisonneuve  5th Brigade de la 2nd Canadian Infantry Division . An centre:  Regina Rifle Regiment   Royal Winnipeg Rifles

et 1st Bn The Canadian Scottish Regiment , 7th Brigade, 3rd Cdn ID .

A l'Est: Stormont, Dundas and Glengarry Highlanders 9th Brigade, 3rd Cdn ID .

Source PA-131394. Le sapeur A.K. Jensen et le Lance-Corporal D. Johnston, tous deux du Royal Canadian Engineers (R.C.E.), posent devant le panneau indicateur routier de la N 13 à la sortie de Caen route de Paris, 18-20 juillet 1944.

Avec ce montage de deux photos, un résumé de la libération de Caen. A gauche 3 Canadiens à l'entrée Ouest de Caen par la route de Bayeux le 9 juillet et à droite 2 Canadiens à l'entée Est de Caen par la route de Paris le 20 juillet.

Remerciements:

- à M. Philippe Bauduin pour une photo d'épaves de matériel ferroviaire dans la gare de Caen.

- à Higgins pour le repérage d'une guèrite sur une photo à la gare de Caen

- à bunker14 pour la photo de la guérite allemande à la gare de Caen

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