RESISTANCE

Le Front national à Caen

 

    Près d'un membre sur trois de la Résistance d'obédience communiste du Calvados réside à Caen ;cette proportion élevée s'explique notamment en raison de l'importance du groupe du Front national de la gare. Mais au-delà de son poids numérique, Caen joue également un rôle essentiel dans le fonctionnement de l'organisation.

    La reconstitution du Parti communiste clandestin dans le département, dès l'automne 1940, part de Caen avec des hommes tels que Roger Bastion et René Plantagenest, membres l'un et l'autre du premier triangle de direction. C'est également à cette époque que se forme un petit groupe composé d'anciens des Jeunesses communistes qui sera démantelé par la police dès janvier 1941.

    Après une brève installation de la nouvelle équipe de dirigeants en milieu ouvrier, à Mondeville (Note de MLQ: commune limitrophe à l'Est de Caen), Caen redevient, dès 1941, le centre névralgique de la Résistance communiste dans le Calvados. C'est là que se cachent le plus souvent et se retrouvent au fil de leurs missions les divers responsables clandestins du parti, du Front national et des FTP qui vont se succéder jusqu'en 1944.

    Ils disposent dans la ville d'une série de planques. Elles servent à la fois de lieux d'hébergement pour eux-mêmes ou pour les responsables interrégionaux de passage, de points de rendez-vous et de boîtes aux lettres pour la transmission des informations et instructions, mais également à entreposer le matériel de propagande, telles que les ronéos destinées au tirage des tracts. A la suite des différents coups de filet lancés par la police, les planques changent. II y eut d'abord la chambre de la rue Saint-Pierre louée par Charles Reinert , puis le café Coustenoble, rue de Vaucelles (en rouge), la maison du couple Macé (Georges Macé,35 ans en 1940, marchand de primeurs - Organisation : Front national. Denise Macé née Julia, 35 ans en 1940, marchande de primeurs) -Organisation : Front national - Domicile : Caen), rue de Falaise (en vert), le domicile de Jules Godfroy , également rue de Vaucelles ou enfin la pension Guérin, rue d'Auge (en bleu), où la Gestapo tendit une souricière qui aboutit à la rafle de décembre 1943.

    On remarquera que ces lieux se concentrent pour la plupart à proximité de la gare, en raison du caractère stratégique que joue celle-ci dans les déplacements des responsables.

Sources:

Archives de Jean Quellien

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