RESISTANCE
SOURCES: Collection Résistance et Mémoire
Marcel GIRARD (1898-1981) alias MOREAU, MALHERBE, MALLET, RIVIERE, LEBRET, GARNIER
Fils d'un vétérinaire de
Caen, ancien élève du lycée
Malherbe, Marcel Girard
a longtemps dirigé l'usine des
Ciments
français de
Mondeville. Muté peu avant la guerre au siège social de cette société, à
Paris, il y exerçait d'importantes responsabilités commerciales, chargé
notamment de la prospection et des ventes dans tous les départements de l'Ouest.
Engagé volontaire pendant la Première Guerre mondiale, il prend part également aux combats de 1940. Blessé près de Dunkerque, il revient à la vie civile, mais n'accepte pas la défaite et ne tarde pas à entrer dans la Résistance au sein de l'Armée des Volontaires.
En avril 1942, il prend contact à Paris, avec
Marcel Berthelot,
l'un des dirigeants de l'OCM,
qui le présente à son chef, le
colonel
Touny
, en même temps qu'au responsable de la
Confrérie Notre-Dame,
Gilbert
Renault alias le colonel" Rémy "
.
En raison de sa parfaite connaissance de la région. Marcel Girard
, qui agira désormais
sous les pseudonymes de" Moreau" ou " Malherbe ", reçoit la mission d'implanter
l'OCM en Normandie, en doublant le mouvement d'un réseau. Centurie, chargé de
transmettre les renseignements recueillis vers Londres, par l'intermédiaire de"
Rémy".
Organisateur méthodique et infatigable, Marcel Girard
se met sans retard à la
tâche. Il contacte d'abord ses anciens camarades de l'Armée des Volontaires,
tels René Duchez
,
Robert Thomas, Léonard Gille
...
Pour compléter l'encadrement, Marcel Girard fait jouer ses divers réseaux de
connaissances ou de sociabilité. Il utilise ainsi son appartenance au
Parti radical et à la
Franc-maçonnerie pour recruter, parmi d'autres, l'instituteur
Charles
Louvigny, limogé par Vichy; le marchand de cycles
Maurice Himbert ; le maire de
Louvigny, Jules
Hollier-Larousse
....
Mais il s'adresse aussi à des hommes rencontrés dans l'exercice de sa
profession, comme l'ingénieur en chef du port de Caen,
Eugène Meslin
, qui
deviendra l'un de ses plus proches collaborateurs. Il attire dans les rangs de
l'OCM d'anciens clients, tels
l'entrepreneur de travaux publics Joseph Torrès (46 ans en 1940 -
Organisation : OCM - Domicile : Caen),
Paul Lemoigne, directeur des
établissements Allainguillaume (négociant-armateur
de charbon et de bois),
William Faure, directeur commercial des
Docks Fouquet,
ainsi qu'un représentant de commerce de la même maison,
Gilbert Michel. La
plupart de ces hommes vont être appelés à faire partie de l'état-major régional
de l'OCM.
La compétence et l'activité de Marcel Girard
lui valent, à l'automne 1943, d'être
désigné comme responsable de la région M de l'Armée
secrète, fonction qu'il conserve à la tête des
FFI
constituées en février 1944. Le
colonel Girard "Moreau"
est alors le
chef de la Résistance de 14 départements de l'Ouest de la France. Activement
recherché par la
Gestapo en mars 1944, il doit quitter Paris et se réfugier dans un maquis du
Cher, confiant la région
"M" à l'un de ses adjoints
Pierre Harivel
.
Quelques jours avant le Débarquement, Marcel Girard
devient l'adjoint du chef
militaire de l'OCM,
Jacques
Piette
("Personne").
Après la guerre, délaissant les honneurs personnels, il consacre son énergie à faire reconnaître les droits de ceux qui avaient servi sous ses ordres.
Sources:
Archives de Jean Quellien