A lire avant la libération de la rive gauche

A Caen du 10 au 17 juillet 1944

le 10, le 11, le 12, le 13, le 14, le 15, le 16, le 17. Témoignages.

10 JUILLET

Seconde cérémonie place du Lycée

Nous avons quatre versions:

1-celle de Jean-Pierre Benamou dans

Il fait froid et humide, mais la population est dehors sur la place du Lycée conviée à la cérémonie officielle pour la Libération de la rive gauche. 17.000 personnes sont encore à Caen et un bon tiers de cette population est présent ce soir à 18 h. En présence du  nouveau Préfet, Pierre Daure . Léonard Gille est désigné président du "Comité de Libération", en présence de Jean MARIN , Raymond Triboulet et Maurice Schumann. Les honneurs sont rendus par une section FFI et une autre du Régiment de la Chaudière , dont les trente-deux hommes ont des racines en Normandie. De nombreux correspondants de guerre enregistrent les discours et prennent les notes des articles des journaux anglo-saxons du lendemain.

Alan Melville , il est  press-correspondent au RAF Press-Center: "Nous sommes conviés par le Maire de Caen à une cérémonie au centre d'hébergement du Lycée, à 18 h et nous devons être prévoyants pour être là à l'heure. Le drapeau tricolore à Croix de Lorraine , apporté clandestinement de Vaucelles la veille par la Résistance en trompant la vigilance des Allemands, est hissé une seconde fois au même réverbère. Suit un service mémorial dit par Mgr des Hameaux , curé de Saint-Etienne, aux victimes civiles de la Bataille de Caen, dans les jardins du Monastère. Puis, rue Guillaume-le-Conquérant. un grand défilé réunit pompiers, FFI menés par Poinlane le bras en écharpe   (Note de MLQ: Poilane est blessé, deux balles dans le bras, le 10 juillet. Philippe Kayser lui rend visite à l'hôpital le 11 donc la cérémonie du 10 n'a pas pu avoir lieu à 18H00, mais à 11H30 comme l'indique ce témoignage) que suivent les Equipiers Nationaux et les scouts du Lycée. Plus de cinq mille personnes sont dans la rue et chantent la Marseillaise et le Chant du départ, alors que les Allemands qui devinent un mouvement important à travers leurs jumelles, expédient quelques obus de 122 de la batterie de canons russes des carrières d'Etavaux (Note de MLQ: hameau de Saint-André-sur-Orne), écourtant la fin de la cérémonie. Un homme vient à moi quand je rejoins la Jeep, il me salue gentiment et me pose la question qui m'avait déjà embarrassé la veille: "Ne pouviez-vous pas chasser l'Allemand autour de Caen sans avoir à raser la ville et devoir tuer des milliers de pauvres gens?" Aucune acrimonie ne se manifeste dans les regards qui nous entourent et contemplent nos uniformes de la RAF . Je ne puis éviter de leur répondre que ce n'est qu'à l'issue du dernier bombardement, vendredi soir (le 7 juillet), que nous avons finalement pu pénétrer en ville après en avoir chassé l'ennemi commun."

 

2- Celle d'un correspondant de guerre britannique

Traduction du reportage d'un correspondant de guerre britannique - dont nous ignorons le nom - arrivant à Saint-Etienne le 10 juillet 1944. Texte communiqué par M. André HEINTZ.

Tôt le matin, je pénétrai dans la ville avec mon collègue Marcel OUIMET .   A 11 h 1/2 se tint une cérémonie de cinq minutes, réédition de la veille (en fin d'après-midi).

"Photos collection Jean-Pierre Benamou avec son aimable autorisation". Place du Lycée, à gauche l'entrée de l'église Saint Etienne dans le fond le Parloir du Lycée Malherbe.

Photo prise du balcon du Parloir du Lycée Malherbe (voir photo ci-dessus) A droite photo Roger Tesnière.

Source Cote : 13 Num 5641

C'est là que fut tué le soldat anglais dans le haut de la place, au coin N-O, près de la rue Guillaume. Peu s'en aperçurent car les Anglais firent la haie pour le dissimuler et ne pas interrompre la cérémonie. Il fut enterré dans le haut du Square. Vous pourriez à peine y croire même si vous en voyiez le film; une cérémonie improvisée du lever des couleurs sur cette petite place maintenant que Caen était libre.

 Les hommes et les femmes de la Résistance étaient rassemblés au pied du mât, portant leur brassard à Croix de Lorraine, des hommes et des femmes fidèles à la France et à ses Alliés qui avaient risqué la mort et bravé les tortures pendant 4 ans. Des centaines de gens sortirent de l'église sans s'occuper des obus qui sifflaient au-dessus de leur tête et des éclats de DCA qui retombaient un peu partout. La place se remplit de tous ces gens ; puis le drapeau français fut hissé. Le jeune chef de la Résistance, un héros de cette guerre, après avoir accompli ce geste couvrit la figure de ses mains et, reculant de deux ou trois pas, ne peut retenir ses larmes ; mais il se ressaisit et entonna la Marseillaise.

3- Celle de Jacques Kayser

Nous nous arrêtons devant le lycée Malherbe qui forme avec l'hôpital Saint-Sauveur et l'Abbaye-aux-Hommes un vaste ensemble architectural solide et miraculeusement intact. Sur cette place étroite et profonde, beaucoup de monde. Dans quelques minutes, ce sera la première montée des couleurs. C'est l'heure de la cérémonie. La foule est nombreuse. Un commandement, un silence que ne domine pas le bombardement continu et tout proche, car les Allemands tirent sur la ville. Un soldat, avec peine, fait lentement monter les trois couleurs à la hampe d'un lampadaire. Elles se déploient. La croix de Lorraine se détache sur le blanc. Le drapeau ne sera pas hissé jusqu'au sommet. Il restera en berne car il y a trois mille morts au moins dans la ville. La Marseillaise éclate, sombre, déchirante, vengeresse. Une Marseillaise qui est un acte et que chacun lance avec sa foi. Une Marseillaise qui est une promesse de solidarité dans la détresse. Des gens sanglotent. Et les cris de « Vive de Gaulle », « Vive la France », jaillis avec une intensité dramatique, montent de cette place où sont groupés ceux qui ont le droit de parler ; ces cris, en imprégnant les ruines de Caen, leur confèrent leur juste symbole.

Voir à la fin de ce film la cérémonie, Léonard Gille avec un casque blanc.

"Photo Archives Municipales de Caen" avec son aimable autorisation. Cérémonie du 10 ou du 14 juillet, Place du Lycée, de gauche à droite: Almire,  le Sergent Leroy,  André Courban ( le 13 août), en arrière Henri Tribouillard, Charles Huard, René Le Sec'h, Gil Delamare, tous membres de la compagnie Fred Scamaroni, puis "le Commandant"Pierre Michel (chef du réseau Samson, secteur VIII Normandie et futur général). Légende établie par Jacques Vico

 

 

 

Photo faisant la couverture du CD sur la Résistance dans le Calvados.

Le 10 juillet place du Lycée à droite en béret avec les gants blanc dans le ceinturon, vêtu d'une vareuse et pantalon bleu

d'officier de Marine Georges Poilane. A la cérémonie du 14 juillet il a le bras en écharpe.

A gauche: René Le Sec'h, de dos le sergent Leroy, de face André Courban et caché aves un casque blanc sous réserve le Lt Peret, fils du colonel Peret responsable de l'ORA.

Légende établie par Jacques Vico.

 

 

 

 

 

 

4-celle de René Streiff

A 10 heures a lieu, sur la place de la Pyramide, devant le Lycée Malherbe et Saint-Etienne, un lever de couleurs. Une section des Forces Françaises de l’Intérieur rend les honneurs. Près d'elle une section anglaise et une section canadienne, appartenant au fameux régiment de la Chaudière qui a pris une part active à la délivrance de Caen. (Note de MLQ: en fait dans la bataille de Carpiquet).

Derrière se presse une foule compacte.

Dans le ciel couvert, tournoient des avions anglais. La D. C. A. allemande, qui tire des coteaux de Fleury, les salue d'un feu nourri. Soudain, on entend le sifflement d'un obus. Une partie de l'assistance se couche par terre. Le projectile éclate près du Palais de Justice.

Les officiels sortent du parloir du Lycée et arrivent sur la place. Parmi eux se trouvent Jean Marin et Maurice Schumann .

Un commandement retentit. Les soldats présentent les armes. Le drapeau tricolore à Croix de Lorraine se déploie lentement et monte le long du mât.       

Une vibrante Marseillaise s'élève alors de l'assistance. Elle se termine par les, cris répétés de « Vive la France ! Vive de Gaulle! »

Source, dessin page 91 de ce livre .

A l'issue de cette cérémonie, Jean Marin nous recommande de nous disperser sans tarder car « le boche, dit-il, est toujours sur notre sol et il n'a pas fini de nuire ».

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Source: La Voix des Alliés Bulletin N°15 apporté par N°12 Amplifier Unit.

Informations anglaises de 13 h 30 :

"Dans la Ville de Caen les derniers îlots de résistance sont éliminés. Caen est tombée à la suite d'une attaque de chars et de l'infanterie appuyée par des avions-lance-fusées d'assaut en rase-mottes."

Bulletin du I.SS-Panzerkorps :

"A Caen la population libérée reste calme. Les restes de la 16. Feld-Division (L) se mêlent à la 21. Panzer-Division à l'est de l'Orne, le Panzer-Regiment 22 d'Hermann von Oppeln-Bronikowski est autour de Frénouville avec les Tigre de la schwere­Panzer-Abteilung 503 . Le SS-Pionier-Bataillon 1 construit des positions d'artillerie sur la ligne: Cormelles, Ifs, Etavaux (hameau de Saint-André-sur-Orne)."

 

Source: Bibliothèque Nationale, photo présentée page 49 de ce livre . Devant le Bar du Signal-Carré en face de la gare un agent de la DP aide deux soldats allemands à réparer leur vélo. Agit-il sous la contrainte ? Noter sur le second vélo la chaine sautée et au sol un Panzerfaust avec son bouclier de protection; cette arme était servie par un un tandem de casseurs de chars : un tireur et un approvisionneur.  Comme souvent, le vélo sert surtout à porter les charges lourdes à savoir ici l'arme, mais aussi les munitions (sur le deuxième vélo). Le soldat accroupi porte la blouse camouflée à boutons caractéristique des troupes au sol de la Lw, ce qui permet de les identifier comme deux Jägern de la 16. Feld-Division (L) .

 

 

Photos Credit: Canada. Dept. of National Defence / Library and Archives Canada. Devant les Tribunaux, place Fontette, le 10 juillet, des Caennais entourent  un camion canadien muni de haut-parleurs (une ambulance Austin K2 modifiée) d'une Canadian Amplifier Unit (un élément du Intelligence Corps). De nos jours.

 

A gauche: Source page 301 de , place de l'Ancienne Boucherie des Caennais près d'un camion haut-parleur d'une Amplifier Unit. A droite: la même scène filmée, capture d'écran de ce film NARA 111-ADC-2546

 

Source. Une vieille caennaise avec un soldat britannique dans les ruines de Caen, le 10 juillet 1944.

 

 

Source. Le 10 juillet deux soldats britanniques, boulevard des Alliés, en arrière-plan, l'abside de l'église Saint Pierre.

Un soldat de la 3rd Infantry Division (voir son insigne de manche), un couple et un enfant enroulé dans une couverture assis dans une brouette ornée d'un drapeau français.

Selon ce livre pages 207 et 208 l'histoire de cette photo: Roger fait la« une» à 4 ans

10 juillet 1944, seule la rive gauche de Caen est libérée. Les Allemands n'ont pas encore dit leur dernier mot et les combats font toujours rage de l'autre côté de l'Orne. La famille Duval décide alors de partir chez la grand-mère qui habite au Home-Varaville, près de Cabourg. Suzanne et Gaston Duval accompagnés de Roger, leur fils de 4 ans, s'y rendent à pied. Il y a une vingtaine de kilomètres à parcourir. Mais ils se heurtent rapidement à un gros problème : les ponts de l'Orne ont sauté et le passeur qui doit les faire traverser en barque leur fait comprendre que ce n'est pas prudent car les Allemands sont encore là. Ils décident donc de faire demi-tour, mais le petit Roger commence à avoir mal aux pieds. Suzanne et Gaston installent leur enfant dans une brouette trouvée dans un entrepôt en ruine. Enroulé dans une couverture, le béret sur une bouille craquante, un drapeau français dans un coin de la brouette, il n'en faut pas plus pour attirer l'attention et surtout la sympathie de soldats anglais rencontrés sur le chemin du retour. Un photographe, vraisemblablement correspondant de guerre, immortalise la scène, avec les parents et un libérateur penchés sur le petit Roger. Le soldat tient d'ailleurs la main de l'enfant qui lui sourit. Les parents de Roger auront une sacrée surprise. Quelques jours plus tard, en passant devant une librairie, ils découvrent qu'ils sont en pleine page de la Une du numéro 8 d'Accord, revue mensuelle illustrée.

le 10 juillet Pierre Daure , ancien recteur de l'académie de Caen, révoqué par Vichy en décembre 41, remplace le préfet  Michel Cacaud .

Jean Michaut, professeur du lycée Malherbe est nommé chef de cabinet du nouveau préfet. Hélas, il meurt d'un tir d'artillerie allemande dans le parc de l'Hospice Saint Louis le 10 juillet .

Source film British Movietone News.Des soldats américains à Caen (nous n'avons aucune information sur cette présence, soldats américains ou FFI en uniformes US ?)

Photo R. Tesnières, des Canadiens dégustent du Calvados, Boulevard des Alliés devant la tour Leroy.

 

Du côté du I Corps britannique :

"Le secteur d'opération 'Caen' relève, à partir d'aujourd'hui, du II Canadian Corps du Lt Gen. Guy Granville Simonds . Le I Corps prend la responsabilité du secteur à l'est de l'Orne en prévision d'opérations à venir. Le VIII Corps est placé en réserve."

 

- QG tactique à Blay du 21st Army Group , Message M 510 du General B.L.Montgomery , au Lt Gen Miles Christopher Dempsey 2nd Army :

Situation générale

- Avec Caen entre nos mains, la situation tactique est très bonne, dans ce secteur du front.

Intentions pour la 2nd Army:

- Caen doit être tenu fermement et le secteur à l'est de l'Orne doit être élargi à la première occasion.

- Le faubourg de Vaucelles, au sud de l'Orne à Caen, doit être capturé et une tête-de-pont y sera aménagée, si cela peut se faire sans trop de pertes. Je n'ai pas l'intention d'avoir à subir de lourdes pertes pour gagner cet endroit. comme nous en aurons de toutes façons bien plus encore ailleurs. .

- La prise de Caen ne doit pas faire ralentir le rythme des attaques de fixation de l'ennemi dans ce secteur.

Source PAC, PA-132857. Des Canadiens à Caen, le 10 juillet, de gauche à droite : Private F.P. Harwood; Flying Officer J.D. Orr, Royal Canadian Air Force (R.C.A.F.) ; Captain H.L. Jones qui est le commandant en second de la D Coy du 1st Bn The Regina Rifle Regiment selon page 143 de cette revue.

 

    Sur un plan tactique, Caen est divisée en deux : Anglo-canadiens au nord de l'Orne (II Corps Cdn ) et Allemands au sud et à l'est (I SS-Panzerkorps) et aucun des deux partis ne peut en utiliser le site, soumis désormais aux tirs d'artillerie et de mortiers adverses.

Au Jardin des plantes, les Royal Canadian Engineers (RCE) installent leurs services de déblaiement et des ponts. Deux reconnaissances de pontonniers avortent tragiquement, sous les tirs directs provenant des maisons de la rue de l'Arquette et du talus de la voie ferrée au-delà. Le Major Murphy et trois lieutenants de la 6th Field Coy RCE sont mis hors de combat, et, depuis Saint-Gabriel, une batterie de "Medium" RA tente de régler temporairement le fléau.

La Cie A du 2nd Bn (MG) The Middlesex Regiment (3rd (British) ID ), est envoyée dans Caen, quartier Saint-Jean-Eudes, pour tirer sur le quartier de la Demi-Lune, au Sud-est de la ville. Mais repérés depuis la cimenterie (la cimenterie de Colombelles à Ranville ils subissent un tir de contre-batterie.

L'essentiel des communications de-la 3rd Infantry Division se fait désormais par la route de Ouistreham et l'avenue Georges-Clemenceau, le quartier Nord se trouvant livré aux bulldozers du Génie qui travaillent sans relâche à l'aménagement des voies d'accès, au comblement des cratères, et à l'abattage des murs.

Des batteries de DCA s'installent de Saint-Gabriel au Cimetière Nord-est, l'artillerie gagne le stade Helitas, La Maladrerie (rue d'Ardenne). les abords du cimetière Nord-ouest et 89 canons de 25 pdr et 5.5 pouces entretiennent l'insécurité chez les Allemands à Vaucelles, Fleury, Ifs, Cormelles ...

Source page 164 de ce livre. Rue du Général Moulin, un bulldozer du RCE

Source: Photo PAC, PA-162667, Un Sherman des Sherbrooke Fusiliers entre dans Caen par La Maladrerie, venant de Franqueville, le 10 juillet 1944.The Sherbrooke Fusiliers Reg. (27th Arm. Reg) de la 2nd Canadian Armoured Brigade (Independent). Son code est 53 sur carré rouge avec barre blanche en partie inferieure. Ce Sherman est un M4 OP (observation Post), ce type de matériel n'est pas présent dans les Armoured Regiment mais uniquement dans le HQ des Armoured Brigade (Independent) code 50 sur carré rouge avec barre blanche en partie inferieure. Ici cela n'est pas le cas, cela ressemble plus à un des codes (RC sur un carré de couleur(s) ; présent aussi sur le flanc de la tourelle) que l'on rencontre dans les FA Regiment (SP). Sherman OP celui du commandant de la Troop C, de la Q Btry d'un Field Regiment, SP d'une unité inconnue. (sans le code numéro difficile de dire de quelle unité il fait partie.) Il est supposé que ce char fait partie de l'un des 3 Fld Regt SP (12, 13 ou 14) du RCA de la 3rd Cnd ID. Localisation : en face du " AU BON CIDRE " Pierre BAZIN Aujourd'hui " Le Boréal " au niveau du 130 de la rue du général Moulin.

Montage: à gauche photo parue page 6, , dans The Windsor Daily Star,  le 14 juillet 1944, un journal canadien de l'Ontario.

Alfred Collette, à gauche, le père de Paul Collette , le marin français qui a blessé le collaborateur Laval  retourne dans Caen libéré.

NB les parents de Collette habitaient quai Vendeuvre et à cette date ils fuyaient Caen plutôt que d'y revenir !

 A droite page 166 de ce livre avec cette légende: secteur de la prison Beaulieu. Albert Collette et son épouse récupérent des effets et évacuent avec les sapeurs canadiens.

Source. Char Churchill Avre de la 79th Armoured Division dans Caen, le 10 juillet 1944.
 

Ce matin, le 2nd Bn The King's Shropshire Light Infantry Regiment (KSLI) , 185th Brigade, 3rd Division , du Lt-Col C.G. Millett (qui vient de remplacer le Lt-Col F.“Jack” Maurice, mort le 7 juillet) est enfin dans Caen, quartier des Docks entre le Bassin Saint-Pierre et le Canal. Il engage dès l'aube des contre-patrouilles allemandes qui tentent de s'infiltrer depuis la gare et traversent le cours Cafarelli. Ils sont à chaque fois repérés et repoussés sans ménagements et le cours Montalivet est surveilpar une section de mitrailleurs installée avenue de Tourville.

 

Le 10 juillet, des soldats Britanniques  du King’s Shropshire Light Infantry viennent de faire prisonnier un tireur isolé allemand caché. Ce Scharfschütze (sniper) portait sur le visage un masque de camouflage composé de fines lanières (qui ont été rejetées de chaque côté du casque). Les tireurs isolés ont causé bien des soucis aux premières troupes qui sont entrées dans Caen. (NB la censure a caviardé une pancarte: Comd Post soit Poste de commandement situé 45 rue Haute qui apparaît sur ce film, voir à droite les deux captures d'écran)

 

Soldats britanniques devant le Quartier Général de la Kriegsmarine, rue Basse. De nos jours.

Les Ecossais du 1st KOSB poursuivent les patrouilles anti-snipers dans la ville, guidés par des FFI de la compagnie Fred Scamaroni, qui combattent désormais au grand jour. Certains revêtent le battle-dress anglais ou canadien et sont incorporés à la 2nd Army jusqu'à ce que la nouvelle armée française soit prête à les intégrer.

Plusieurs Ecossais sont blessés par obus dans la ville, souvent secourus par des infirmières de la Croix-Rouge qui les dirigent sur le Bon-Sauveur.

 

Montage de trois photos, source et source et photo présentée dans ce livre  page 238. Le 10 juillet, des Ecossais du 1st King's Own Scottish Borderers (KOSB) ont récupéré une vieille mitrailleuse Hotchkiss et posent pour le photographe. Noter sur la manche de plusieurs hommes le tartan du KOSB au-dessus de l'insigne de la 3rd Infantry Division .

 

L'historien de la 3rd Division écrit ce qu'un jour il souhaite pouvoir lire, gravé sur le bronze, dans l'église Saint-Pierre: ... "La Valeur de ces soldats n'est égalée que par l'admirable conduite des Caennais qui ont tragiquement su attendre, dans la dignité, que leur soit rendue la Liberté".

 

Source: PAC  PA-162651. Le 10 juillet, des fantassins canadiens rue du général Moulin à La Maladrerie; le sol est parsemé de décombres. Actuellement la rue se termine au N° 61 (immeuble reconstruit) avant le carrefour avec la rue Savorgnan de Brazza et recommence (sans compter le distributeur de billets du Crédit Agricole situé très en retrait) au N° 71 (fleuriste) dont le magasin est visible sur la photo au-dessus de la tête du soldat le plus à droite. Cette barre de commerces située en bordure de voie de la rue Savorgnan de Brazza (qui n'existait pas sous sa forme actuelle) à la venelle du Puits a été rasée et les commerces reconstruits en retrait pour faire place au stationnement de véhicules garés en épi entre la voie et lesdits commerces. Les maisons avec (faux) blocs de pierre apparents et clé de voute au-dessus des fenêtres sont nombreuses dans la rue général Moulin et typiques. Ces maisons de ville de la Maladrerie, partie Venoix, car, à cette époque et jusqu'en 1952, elles étaient situées sur le territoire de Venoix qui était une commune à part entière, se ressemblaient toutes. Détails du repérage.

Source PAC, la place du Planitre à La Maladrerie, le 10 juillet 1944. Localisation.

"Photos PAC" Deux photos du même Bren. Photos du 10 juillet 1944. Séquence filmée voir en 4:22.

A gauche source p010274, Des Caennais se rassemblent autour d'un véhicule chenillé pour recevoir des cigarettes et des sucreries des soldats canadiens. En arrière-plan, les immeubles sont fortement détruits. Le Bren est rue de Bayeux  devant la venelle Crespellière côté numéros pairs. Casque Adrian peint en blanc et une paire de bottes en caoutchouc= Agent de la Défense Passive (DP). Français requis par les Préfectures pour servir de supplétifs à la Croix Rouge ou autres organismes de sécurité et de secours. Les jeunes de la Défense Passive de Caen (Equipes d'Urgence et Equipes Nationales) eurent durant le mois de martyre de la Ville une attitude héroïque.

A droite le Caporal J.R. Pelletier dans un  Bren carrier distribue des cigarettes à des civils. Source page 2 de ce site. Noter l'Arm of Service 41 à l'avant du Bren soit 17th Duke of York's Royal Canadian Hussars, la même localisation que l'autre photo le photographe est passé de l'autre côté  du Bren dans le bas de la rue de Bayeux.

 Position du Bren l'intensité de la couleur indique le degré des destructions.

En fin d'après-midi, la 9th (Highland) Brigade du Brigadier Douglas Gordon Cunningham est relevée par la 7th du Brigadier Harry_Wickwire Foster , à l'ouest de la ligne Saint-Pierre pont de Vaucelles, qui s'installe pour six jours. Les avant-postes sont à la banque de France, rue Saint Louis et le clocher de Saint Jean est utilisé comme observatoire.

The Royal Winnipeg Rifles du lt-col. John M. Meldram quitte le secteur Saint Julien à 11H30 et rencontre des FFI caennais. Son nouvel emplacement est malheureusement illisible sur son war diary.

Le PC des Camerons Highlanders of Ottawa est au  Jardin des Plantes.

 Le 1st Bn The Regina Rifle Regiment , à son tour, incorpore plusieurs guides FFI de la compagnie Fred Scamaroni.

 

Robert Castel, adjudant des F.F.I. au sein de la compagnie Scamaroni, est tué . Georges Poinlane , à la tête du groupe, et René Le Sec'h sont blessés, le 10 juillet, lors d'une mission de reconnaissance pour l'armée canadienne au rond point de l'Orne.

 

 

"Source photos IWM, montage: à gauche présentée page 279 de ce livre , à droite présentée page 250 de ce livre " Visite du Lieutenant-General John Tredinnich Crocker commandant du I Corps , le 10 juillet photos prises  à l'entrée du Vaugueux (voir l'arrière plan  de la photo de droite), noter l'insigne de manche du I Corps, il rencontre des Caennais.

 

        

A gauche, source: Crocker rue d'Haleine au Nord du château de Caen. A droite, source: Crocker dans Caen, endroit non localisé mais près du Vaugueux.

 

 Source et Source. Ecossais du 1st KOSB avec un canon antichar Ordnance QF 6 pounder, à gauche sur le trottoir deux Sherman dans la rue Montoir-Poissonnerie, à l'angle de la rue du Vaugueux, à droite avec des civils, l'église Saint Pierre dans le fond. De nos jours.

 

"Source, photos présentées page 283 de ce livre , rue Saint Pierre, le 10 juillet, à gauche l'église Saint Sauveur au bout de la rue Froide, dans le fond de la photo de gauche on distingue le clocher tronqué de l'église Saint Pierre. A droite un bulldozer blindé du 3rd Field Park Co, RCE.

 

Source. Selon la source canadienne le 10 juillet la rue Deslongchamps vue de la rue de Bayeux vers la rue des Mazurettes avec des obstacles antichars, noter les deux massifs en béton d'ancrage pour porte belge. De nos jours.

Source. Le 10 juillet dans une rue en ruines un civil et un homme de la Défense passive (casque Adrian blanc et brassard) tenant leur vélo à coté d'un Sherman allié.

Source. Le 10 juillet un groupe de soldats au repos de la 3rd Infantry Division .

Source: pages 240 et 241 de , patrouilles dans le château. La photo du centre avant.

 

Source: Trois soldats, deux Jeep, un camion et au moins sept motos, dans l'enceinte du château de Caen

 

Source:  pages 241 et 244 de , des fresques allemandes: à gauche dans la caserne du château, à droite non localisé dans Caen.

en haut à gauche: L'Allemagne doit vivre même si nous mourons.

en bas à gauche: Plus important que notre propre vie est la vie de notre propre peuple et l'existence de l'Allemagne.

à droite: Si il y a la paix ou la dispute entre les peuples, sans forge, le bataillon n'ira pas loin

 

 

11 JUILLET

Source: La Voix des Alliés Bulletin N°16 apporté par N°12 Amplifier Unit.

Informations anglaises de 9 h 30.

" Les troupes britanniques et leur matériel affluent dans Caen."

 

 

A l'angle du Bd des Alliés et de la rue du Pont Saint Jacques devant l'Ouest Eclair rencontre entre des Canadiens et des Britanniques. De nos jours.

Source page 167 de ce livre, Un camion d'une Amplifier-Unit diffuse des nouvelles aux Caennais au 188 rue de Bayeux.

Source page 290 de . Le 11 juillet, le Sergeant Jimmy Campbell, Canadian Army Film and Photo Unit (CFPU) allume une cigarette à  un membre de la DP qui transporte des bidons de lait. La légende canadienne: DAPDCAP49102. Le Sgt Jimmy Campbell sera tué le 20 juillet et enterré provisoirement le 22 à Fleury sur Orne DAPDCAP333316.

 

Source pages 244 et 251 de ce livre, des Caennais cuisinent sur le trottoir.

Séquences filmées, c'est la même femme que la photo ci-dessus à gauche.

 

Les coups de sonde lancés sur l'Orne, du Grand Cours au Cours Cafarelli, révèlent l'omniprésence de la défense allemande enterrée et dissimulée dans les ruines, qu'il serait inconcevable d'assaillir de front, au risque d'un coûteux et long combat de rues dont le GQG ne veut surtout pas.

Dans les docks, ce sont désormais les 1st Bn The Canadian Scottish Regiment du Lt Col. Frederick N. Cabeldu  qui lancent des patrouilles, depuis les positions que leur ont cédées ce matin les 2nd KSLI qui sont rentrés à Beuville. Le QG est dans la cave du couvent de la Charité, quai Vendeuvre (Pour Jean-Pierre Benamou) ou dans le Carmel avenue Georges Clemenceau (Pour Albert Pipet).

 

 

Le monastère des Sœurs de la Charité, quai Vendeuvre et rue de l'Engannerie, à droite en arrière-plan l'église de la Trinité

 

Source. Le 11 juillet, un soldat de la 3rd Infantry Division avec deux prisonniers allemands (vu la blouse de camouflage) de la 16. Feld-Division (L)

Un peu plus tard, dans la matinée, le bruit circule que le commandant en chef des forces alliées, le général Montgomery, est à Caen. Le moral remonte et l'on se presse pour lui serrer la main sur l'esplanade de Saint-Etienne où photographes et opérateurs de cinéma sont là!

Le General Law Bernard Montgomery, commandant du  21st Army Group sur le parvis de Saint Etienne et place Fontette

Puis il remonte dans sa voiture ouverte et, par les Tribunaux, en parfait touriste, il prend la direction de la place Saint-Martin où il passe des troupes canadiennes du Royal Winnipeg Rifles  en revue sous la statue de Du Guesclin.

Au Port régimentaire du 1st Hussars , au sud de la Folie, les obus de 88 et de 105 passent par-dessus les têtes pour s'abattre sans arrêt sur le carrefour adjacent, route de Courseulles. Six M.P. y ont déjà été tués en deux jours, dans leur tâche de réglementation de l'abondante circulation qui aborde Caen par le nord, depuis les plages de Débarquement.

Carte 7F/1 seconde édition 1943.

Bien dissimulé dans les branches d'un gros marronnier sur le Grand-Cours (aujourd'hui le cours du général Koenig) qui longe l'Orne en bordure sud du Champ de Course, le fusilier Prince, armé de son Lee Enfield à lunette, abat treize snipers sur la rive opposée, dans les jardins de la rue de l'Arquette et les maisons rue de Branville "Encore deux ou trois jours de ce régime et nous pourrons alors passer l'Orne sans crainte !"

 

Source: photo PAC, PA-131395. Lieutenant-colonel R.S. Malone (à gauche) fixe la pancarte du siège du journal de l'armée canadienne Maple Leaf (La feuille d'érable) sur la façade de l'imprimerie Caron, 34 rue Demolombe, le 11 juillet 1944. Cet hebdomadaire destine aux soldats (équivalent canadien du Stars & Stripes américain), y fut imprimé de mi-juillet à début septembre 1944.

Le 11 juillet, officiers français dans Caen. Photo de gauche, source; photo de droite, source. Photos PAC.

Ce qu’on peut dire après examen de ces photos. Photo de droite : devant une traction avant Citroën, à gauche: un général de brigade avec sur la poitrine ce qui semble être l'insigne des FFL et à l’épaule ; au centre: un colonel de la coloniale (ancre sur le képi), il s’agit du colonel Pierre de Chevigné, commandant militaire des régions libérées, à Bayeux à cette époque (voir ici le 14 juillet), voir un montage ; à droite: un officier supérieur (combien de galons?), veste de 40 contrairement aux deux autres qui sont en battle dress britannique, sur les pattes de col les foudres d'un breveté d'Etat-major ( ?), ce qui est cohérent avec l'absence de tout insigne sur le bandeau du képi, a priori infanterie (éventuellement coloniale), voir cet officier à Bayeux avec de Chevigné.
Photo de gauche: deux déjà vus. Le porteur de mallettes: rien de particulier, un officier français, tenue de 40. Un Gendarme; un officier des chasseurs, plutôt alpin vu le grade en pointe et le béret (pas très large cependant) d'un bataillon à fourragère.

Rue de la Pigacière, le Lt Gen. Guy Granville Simonds , commandant le 2nd Canadian Corps , rend une première visite à la ville qui occupe le centre de son théâtre d'opérations.

 

Place des Tribunaux, un poste de circulation, on peut distinguer sur une pancarte : N°3 Military Prison

Capture d'écran en 4:49 de ce film NARA111-ADC-2546, ce Centre de libération des prisonniers de guerre, au Lycée Mlaherbe, était dirigé par le le capitaine Robert Le Coutour .

Source pages 294 et 309 de ce livre. A gauche: rue de Bayeux, une Jeep de la RAF avec des Caennais; à droite des civils et des soldats sur un trottoir encombré de pierres.

Source page 308 de ce livre. Photos prises rue Saint Martin: à gauche des Canadiens dont de dos un pilote de la RCAF non localisée; à droite un médecin de la RCAF avec des enfants devant le 24.

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Le 11 juillet à 6 heures du matin, de l'autre côté de la rivière, la 12.SS-Panzer-Division HJ de ses positions de Vaucelles à la 1.SS-Pz-Div. "LSSAH" qui a son tour sera relevée par la 272. Infanterie-Division du Generalleutnant Friedrich-August Schack entre le 13 et le 17. Le SS-Panzer-Artillerie-Regiment 12 et un bataillon de Panzergrenadier restent sous le commandement de la Division « LSSAH » tandis que toutes les autres unités sont rassemblées dans le secteur de: Sassy, Condé-sur-Ifs, Garcelles, Potigny et Bons au Nord de Falaise pour être remises sur pied dans la mesure du possible.

Témoignage de Wilhelm Pfaff du Grenadier-Regiment 980 de la 272.Inf.Div. " Nous sommes arrivés le 11 juillet dans le secteur de Caen, nous luttons avec la 21. Pz-Div. notre secteur est délimité par la rue de la gare et la route de Falaise, à gauche par le village de Maltot, notre PC fut installé à la ferme de Troteval. Le PC de la 21. Pz-Div. était dans un blockhaus de la gare de Caen."

Zone de retrait de la 12. HJ

"Photo PAC, PA-162583". Le 11 Juillet 1944 - Un Sherman du Sherbrooke Fusiliers Regiment, 23 rue du général Moulin.

Le 11 juillet, une patrouille du Highland Light Infantry of Canada devant le 46 rue du général Moulin à la Maladrerie

Source page 167 de ce livre. Le long du mur de la pépinière Kaskoreff à La Maladrerie, le sapper W.S. Grant, RCE avec un détecteur de mines. De nos jours.

"Photos PAC" Le lieutenant George Cooper, cameraman du Canadian Army Photo and Film Unit, rencontre son beau-frère, le capitaine R.T. Miller d’Ottawa. Photos prises le 11 juillet 1944, rue du Général Moulin à La Maladrerie (100 m plus haut à gauche l’entrée de la prison Beaulieu).  Le blindé est un Humber Light Reconnaissance Car. Source.  L'AOS 49 indique la 6th Field Company, RCE de la 3rd Cdn ID

Source. Le soldat irlandais James Rossitor (soit du 2nd Royal Ulster Rifles  )  devant la tombe d'un soldat allemand mort le 7 juin, place de la République.

12 JUILLETLe Commissaire de la République, François Coulet , était à Caen hier soir. A l'Hôtel de ville provisoire, on affiche des consignes paraphées de la haute autorité civile, sur le panneau au centre de libération des prisonniers.

Avis officiel à la population de Caen:

1. Des vivres pour le ravitaillement de la ville sont déjà arrivées et les mesures nécessaires pour assurer ce ravitaillement sont prises.

2. Il est formellement interdit pendant que Caen sera dans la zone immédiate des opérations, de quitter ou d'entrer dans la ville. Dès que ce sera possible, des plans seront établis pour permettre le mouvement contrôlé hors de la ville.

3. Le service d'eau est en train d'être examiné par des experts. Pour le moment, vous êtes priés d'économiser l'eau autant que possible et il est recommandé, dans la mesure de vos moyens, de faire bouillir ou de désinfecter cette eau.

4. Les autorités civiles françaises, sous la haute direction du Commissaire Régional de la République et du Préfet du Calvados, assurent le contrôle de la ville en complet accord avec les autorités militaires alliées.

Source film British Movietone News. Roulante du Secours National et un agent de la DP à côté d'un panneau d'informations pour le ravitaillement.

Source film British Movietone News. Des réfugiés devant un portail (FERME APRES MIDI), corvée d'eau (EAU NON POTABLE)

Source film British Movietone News. Des réfugiés font la queue pour une distributions de vivres.

Source film British Movietone News. Des réfugiés prennent un repas dans l'îlot sanitaire.

Source film British Movietone News. Portraits de réfugiés de l'îlot sanitaire.

Quelques jeunes gens téméraires ont réussi à franchi l'Orne grâce aux rails du tramway sur le Pont de Vaucelles, dont Daniel Mousset, agent de police caennais.

Le pont de Vaucelles en ruines avec les rails du tramway.

 Ils délivrent aux officiers anglais de la sécurité militaire (Field Security Section) de précieux renseignements sur les emplacements des batteries de Fleury. Une demi-heure plus tard, deux régiments de Medium les engagent depuis Saint-Germain et le stade Hélitas. On peut encore les entendre dire qu'aux carrières de Fleury, les gens de Vaucelles sont en quelque sorte jaloux de leurs concitoyens libérés sur la rive gauche ...  Des obus allemands font d'autres victimes, civiles et militaires en explosant avenue Albert Sorel. Place Guillouard et une dizaine atteignent le Lycée, le Bon Sauveur et les Tribunaux. Il n'y aura pas de convention avec les Allemands qui dominent pourtant les immenses Croix-Rouge peintes sur les toits du Bon Sauveur, depuis la rue de Branville.

Montage, façade du lycée Malherbe avec les croix rouges.

Cette nuit, la Luftwaffe a poursuivi ses raids irréguliers, engageant de un à douze bombardiers légers en ordre dispersé.

A la Maladrerie la Royal Canadian Artillery installent ses batteries tout près d'un grand hôpital de tentes.

Quand l'avis d'évacuation survient, sur proposition des Anglais, un immense mouvement s'organise aux centres d'hébergement, qu’il faut canaliser. De 8 h 30 à 12 h 00, une rotation de 80 camions et cars de l'armée est lancée, avec chauffeurs et accompagnateurs, sur un plan de six jours, permettant à 9.000 candidats au départ vers la sécurité, de quitter finalement leur ville incertaine. Les destinations s'échelonnent sur des villages préparés: Sainte-Croix-Grand-Tonne, Amblie mais surtout Bayeux et le Val de Saire, au Nord-est du Cotentin. Le départ a lieu place du Lycée et les jeunes des Équipes Nationales sont requis au transport des bagages. On évacue d'abord les familles puis les grabataires et les gens des hospices, certains sur des brancards, qu’il faut accompagner.

« Archives départementales du Calvados ». Evacuation des réfugiés sur le parvis de Saint-Etienne. Film départ de réfugiés le 15 juillet (à partir de 02:00) voir également le début de ce film.

Source film British Movietone News. Des camions de réfugiés devant le 74 rue de Bayeux. De nos jours. Noter à droite le camion au gazogène.

Place Saint Martin au pied de la statue du connétable Bertrand Du Guesclin une cérémonie du lever des couleurs avec un détachement du The Highland Light Infantry of Canada (captain Lowe) et un autre du The Regina Rifles  (captain Treleaven) avec passage en revue du Lt Gen. Guy Granville Simonds .

Place Saint Martin. A droite après la libération,  les pancartes.

Ce jour, visite du Stanmore Bombing Committee pour enquêter sur le bombardement du 7 juillet:  les conclusions de l'enquête sont accablantes.

Rue Montoir-Poissonnerie. A gauche source page 266 de  , un soldat prend la pose pour le photographe; à droite source,  des civils et des soldats.

 

13 JUILLET

Les Civil Affairs mettent en place des barrages pour contôler les identités "afin de dépister les agents de l'Allemagne demeurés en liberté et les soldats allemands habillés en civil".

 

Source: La Voix des Alliés Bulletin N°18 apporté par N°12 Amplifier Unit.

Une antenne du NAAFI (Navy, Army and Air Forces Institutes) institution charitable de l'armée britannique, s'installe Boulevard des Alliés dans la brasserie Chandivert.

La basserie Chandivert et le cinéma Majestic, Bd des Alliés, en arrière plan l'église Saint Pierre.

Il y avait en face (voir ici localisation) dans la boutique du fleuriste Lamy, 92 Boulevard des Alliés une autre cantine "The Pop Inn" NAAFI mais pour les Canadiens (voir un film)

Source. Au centre deux hommes du Canadian Provost Corps  devant "The Pop Inn", la nouvelle cantine du  Navy, Army and Air Force Institute (N.A.A.F.I.), Caen, France, 27 Juillet 1944. 

Source. Toutes ces photos ont été prises le 27 juillet 1944 par le photographe Michael M. Dean. Voir l'identité de certains soldats.

Ce jour, le maire de Caen, M. André Detolle, est vu par Mme Lesage-Bourdais  à Trun, il se serait ensuite replié à Moulins-la-Marche (Orne). Il avait été évacué de force par les Allemands, dès les premiers jours de la bataille  et pris le chemin de l'exode, son parcours n'a jamais pu être retracé ! (TE 242, Mémorial de Caen). Il est destitué le 19 juillet.

Source film British Movietone News. Les Alliés filment les pompiers caennais avec leur pauvre matériel.

 

Parution du premier numéro de "Liberté de Normandie"

Des obus allemands, encore, ont pris pour cible le quartier Nord-ouest qui rassemble 90 % des Caennais de la rive gauche qui n’ont pas évacué. Puis une trentaine de bombardiers de la Luftwaffe ont lancé des centaines de petites bombes planantes sur la ville qui ont rallumé des incendies.

 

 Dès 08 h 30, l'évacuation massive, par camions anglais et transports civils, reprend sur Bayeux alors que les tirs se poursuivent, 200 obus à présent ont atteint le Bon Sauveur, 57 sur le Lycée Malherbe, faisant 21 tués, et 30 blessés. Des crépitements de mitrailleuses viennent de l'Orne. Les Allemands reviennent-ils?

12H30  La boulangerie de l'hôpital Clemenceau est détruite, plusieurs tirs d'obus.

     Pendant ce temps, Place Foch, des FFI arrachent le dernier drapeau allemand qui flottait encore à la Kommandantur de l'Hôtel Malherbe démoli, déclenchant le tir des MG postés dans les jardins sur l'Orne de la rue de l'Arquette.

     Cette nuit, à 23 h, l'intrépide lieutenant Bergeron fait passer sa célèbre patrouille du 1st Bn The Regina Rifle Regiment , les "Bergeron's Scouts", sur la rive droite de l'Orne, au-delà du pont des Abattoirs effondré dans le fleuve. Ils observent des Allemands creuser des tranchées en respectant un silence étonnant.

     Le secteur en ruines des abattoirs à la rue de Vaucelles ne semble pas tenu par plus d'une compagnie de la Wehrmacht , pas de canons, ni de chars, seulement des mortiers.

Les abattoirs après la libération de Caen.

Dans la nuit du 13 au 14, un obus transperce le pavillon du Sacré-Cœur au Bon Sauveur, plusieurs victimes parmi le corps médical; 42 minutes plus tard une salle d'opération provisoire est en service!

Un film de R. Hoar tourné le 13 juillet, à partir de: 18:08:11;23. Les rues ne sont pas encore déblayées.

 De gauche à droite: le film commence à l'angle de la rue Georges Lebret et de la place du Théâtre, puis Bd des Alliés (aujourd'hui Bd Maréchal Leclerc), l'angle de la rue du Pont Saint-Jacques et la pharmacie de l'Hôtel de Ville.

Le même film.

 

Le 14 JUILLET

 L'Ob. West, le GFM Hans Gunther von Kluge , rend visite au Panzergruppe West et au I.SS-Panzerkorps. Le SS-Obergruppenführer Sepp Dietrich fait un exposé sur la situation. Une notice dans le journal de marche de l'Ob. West dit ceci: " Les pertes sont examinées, de même que la tenue exemplaire de la Division "Hitlerjugend" . Son Kommandeur, le Standartenführer Meyer , se présente personnellement au Feldmarschall. Pertes depuis le début de l'Invasion: 12.SS-Pz.-Div. "HJ" : environ 5 000 hommes ... ".

Dans son livre , Didier Lodieu indique pages 58 à 60 une relève, le 14 juillet, par la 272.ID .

Lorsque le I./Gren. Rgt. 980 et le I./Gren. Rgt. 982 montent enfin vers le front, au sud de Caen, l'Oberst Burian , commandant du Gren. Rgt. 980, avait pris contact avec l'état-major d'un régiment de SS-Panzergrenadiere. (L.A.H.)  pour organiser au mieux la passation des positions. Les quatre chefs de compagnies du II. Btl. de son régiment l'accompagnent. Ce sont l'Oberteutnant Schwarzer de la 5. Kp., l'Oberleutnant Thomae de la 6, le Leutnant Marychka de la 7 et le Leutnant Wagner de la 8. Sur un mur lézardé, une immense carte est déployée sur laquelle de grands traits de crayons multicolores indiquent l'emplacement des unités engagées. Des instructions précises sont données à l'Oberst Burian, pendant que ses officiers prennent des notes. Leur ligne de défense se situe à l'est de l'Orne, entre la gare de Caen et Mondeville (inclus).

A 5h du matin, la relève avec les Waffen-SS est terminée.

NB Hasard de l'histoire, le 20 juin 1940 la 216e division allemande (dissoute fin 1943 et reformée sous le nom de 272.ID) s'installait à la cartoucherie de Mondeville (Rue de Valleuil).

C'est au milieu des ruines que les quatre chefs de compagnie du II. Btl. du Major Werner , absent pour une raison inconnue, répartissent leurs soldats dans les tranchées et postes défensifs tenus par les Waffen-SS.

Pour sa part, l'Oberleutnant Thomae de la 6. Kp, installe son PC dans une maison bâtie sur une élévation bordant la gare et qui lui procure un excellent observatoire. Le PC de l'Oberleutnant Schwarzer de la 5. Kp. se trouve à proximité. Un moyen pratique pour coordonner efficacement leurs défenses. A 4hOO, les Grenadiere relèvent les Waffen-SS, bien soulagés de quitter ce secteur pilonné par l'artillerie alliée.

 

Informations anglaises de 13H30 :

"Dans la région de Caen. accalmie générale. L'aviation ennemie refuse le combat dans le ciel de Normandie".

Les obus allemands continuent de s'abattre, un toutes les cinq minutes, sur la rive gauche de la ville, apparemment sans véritable objectif d'intérêt militaire. L'évacuation des Caennais se poursuit dans la rotation des camions britanniques qui contribuent à attirer les obus.

Source: photo OFIC, présentée page 76 du livre: Le Calvados en images de Jeanne Grall, SPRL Sodim,1977. Des Caennais place du Lycée.

Le Comité de Libération rassemble les autorités civiles et militaires pour une cérémonie place du Lycée qui renouvelle, plus discrètement celles du 9 et du 10, dont elle n'a plus le même caractère de spontanéité. Pierre Daure Préfet; Joseph Poirier représentant la Ville de Caen; Léonard Gille , président du CDL; Mgr des Hameaux et les représentants du pouvoir légitime. Le général Pierre Koenig chef des FFI est représenté par Emmanuel d'Astier de la Vigerie , commissaire à l'Intérieur du Comité Français de la Libération Nationale; François Coulet , commissaire de la République; Raymond Triboulet , Sous-préfet de Bayeux. Le colonel Usher chef des Affaires civiles, est entouré de son état-major interallié d'une vingtaine d'officiers, représentant le 21st Army Group .

Une sobre prise d'armes, au quartier Lorge rue Caponière, quelques gendarmes, quelques engagés en uniforme, quelques hommes de la Résistance. Pas de clairon. Le colonel de Chevigné décore de la Croix de guerre: Léonard Gille, Georges Poinlane, René Duchez, Leroy et René Le Sec'h.

"Source: Photo collection Jacques Vico" Avec un casque, à gauche, Léonard Gille, le bras en écharpe Georges Poinlane et René Duchez à la caserne Lorge, le 14 juillet 1944.

 A 18 h 00, place Foch, devant le Monument aux morts, le discours du Préfet est interrompu par une volée d'obus. Les Allemands n'apprécient pas la commémoration du premier 14 juillet de Liberté et allongent leurs tirs vers l'îlot sanitaire.

Photo présentée page 84 du livre: Le Calvados en images de Jeanne Grall, SPRL Sodim,1977. A droite Emmanuel d'Astier de La Vigerie, commissaire à l'Intérieur du Comité Français de la Libération Nationale. A l'extrême droite caché Léonard Gille. Selon ce livre était présent Charles Luizet . A gauche l'immeuble en ruines est l'hôtel Malherbe, siège de la Feldkommandantur 723. Dans le fond le clocher de Saint Michel de Vaucelles. Un cameraman britannique filme la scène. Cette cérémonie a été écourtée par un bombardement d'artillerie allemande.

 Plusieurs obus traversent les toits et les étages du Bon-Sauveur, heureusement, sans exploser! D'autres 15 cm éclatent, attirés par les immenses emblèmes de la Croix-Rouge , et font des victimes supplémentaires.

Le Lieutenant General Simonds poursuit l'installation de la 2nd Canadian Infantry Division à laquelle il adjoint la 2nd Independent Cdn  Armoured  Brigade . La 7th Brigade de la 3rd Cdn ID tient la rive gauche de Caen, la 3rd British Infantry Division se regroupe entre les routes Caen-Luc et Caen-Hermanville, dans la fausse sécurité de l'arrière qui n'est pas exempt des tirs de Colombelles et des averses de bombes anti-personnelles, la nuit, des appareils de la Luftwaffe .

Zone de repos de la 3rd British Infantry Division.

15 JUILLET

Informations anglaises de 19 h 30

"Dans le secteur de Caen, la 2nd Army continue de se regrouper, l'accalmie dure depuis quatre jours. L'aviation alliée attaque sans relâche de Caen à Amiens les troupes, dépôts, véhicules ennemis".

Cette nuit, les bombardiers allemands "de service" ont attaqué un convoi canadien promenade Saint-Julien et place Saint-Martin. Des camions fument encore, il y a une douzaine de victimes. Une centaine d'obus allemands sont tombés sur la rive gauche, l'un d'eux, au phosphore, incendie le pavillon d'orthopédie du Bon Sauveur qui n'est plus utilisable. Quatre-vingt-deux impacts sont relevés sur les bâtiments de l'hôpital et dans les cours intérieures.

Source film British Movietone News. la place du Lycée avec soldats alliés, sur la pancarte CMP REPORT CENTER soit Poste de commandement, centre d'enquête.

Gilbert Détolle quitte le centre d'accueil des Petites Soeurs des Pauvres, Bd Lyautey pour Saint-Sylvain et revient en disant qu'il n'y a plus une seule pièce d'artillerie dans la plaine d'Ifs. Hier, il y en avait en position tous les cent mètres.

Raymond Chatelain, Gilbert Detolle, Queudeville et Mlle Louise Boitard passent l'Orne venant de Vaucelles et rencontrent le premier PC canadien à la Banque de France, rue Saint Louis.

 Une patrouille canadienne du Royal Winnipeg Rifles passe l'Orne, deux hommes et le Corporal James Maxwell Henry de la A Coy (il sera tué le 15 août à Soulangy), qui rentrent avec un blessé, les premiers Canadiens à Vaucelles !

Source. Un sniper de la 3rd Infantry Division assis sur une chaise dans une cuisine devant une fenêtre ouverte juste caché par des feuillages disposés devant lui, noter le camouflage de son casque, l'insigne de sa division est visible sur sa manche.

Source. Le 15 juillet, H/Captain John M. Anderson, Padre du Highland Light Infantry of Canada , avec des membres d'une unité Regimental Aid Party (infirmerie régimentaire) écoutant un disque sur un gramophone.

Source page 167 de ce livre. Le Lance Corporal E.R. Sandie, No11 Co Cdn Provost Corps s'entretient avec des civils devant la boucherie E. Horel au 79 rue de Bayeux. De nos jours.

Captures d'écran de ce film NARA 111-ADC-2546. A gauche le Caporal J.R. Pelletier, un Canadien du 7th Reconnaissance Rgt (17th Duke of York's Royal Canadian Hussars) 3rd Canadian ID   distribue des cigarettes à des Caennais dans le bas de la rue de Bayeux, à droite un soldat de la 2nd Army allume une cigarttte à une Caennaise.

16 JUILLET

Informations anglaises de 19 h 30

"A Caen, des patrouilles ont traversé l'Orne et ont atteint Vaucelles, en passant sur des barques sous le feu de l'ennemi. Leur mission remplie, elles ont regagné leurs bases sur la rive gauche".

Deux résistants FFI les frères Vico Jean-Marie et Jacques traversent l'Orne venant de Vaucelles.

Un groupe FFI commandé par Gil Delamare est place Saint Sauveur, un autre commandé par le lieutenant Guibé est avenue de Bagatelle et un autre avec Jean Rioux rue Guillaume le Conquérant. Puis sur ordre supérieur, tous les FFI se replient sur Saint Germain la Blanche Herbe.

Les Allemands font évacuer les gens encore dans les maisons de Fleury, Ifs, Vaucelles. Les obus anglais explosent en quantité toujours plus grande sur les coteaux et le haut-plateau de la route d'Harcourt. Par la route de Saint-Sylvain, à 48 heures de leur libération, d'autres Caennais prennent le chemin de l'exode ...

Au Bon Sauveur, le 288e impact d'obus allemand est compté, depuis le début de la semaine. La Luftwaffe rôde toute la nuit, seul le petit jour nous débarrasse de ce fléau qui semble bien renseigné sur les emplacements de concentrations de matériels et de troupes à bombarder.

De bonne heure ce matin, une forte patrouille du Regina Rifles Regiment sous les ordres du lieutenant Bergeron, passe l'Orne sur des canots aussitôt remarqués par les Allemands qui font tout pour les empêcher de rentrer, leur mission d'exploration terminée. Le sous-lieutenant FFI Châtelain est avec eux, sous l'uniforme canadien. Ce nouveau "coup de sonde" atteste encore de la présence de l'infanterie "Wehrmacht" sur l'autre rive. Un peloton du Regina Rifles Regiment guidé par Jean Metier, membre de la compagnie Scamaroni (il s'engagera dans l'armée canadienne jusqu'à la fin de la guerre) est emmené à Vaucelles par le lieutenant Dyson. Il ramène deux prisonniers qui ne se font pas prier pour dévoiler leurs positions.

 

A gauche: source, cameramen britanniques de l'AFPU , à gauche: le sergent J.H. Goddard du N°5 AFPU, Bd des Alliés devant les ruines de l'hôtel Moderne, panneau de signalisation de la Feldkommandantur (écriture à l'allemande), voir ci-dessous. A droite, source,  le sergent Jimmy Mapham du N°5 AFPU filme un panneau d'interdiction de photographier près du Bassin Saint Pierre en arrière plan le marché de gros quai de la Londe, ancien bâtiment des Ets Allainguillaume.

Source page 244 de ce livre, Le sergent Goddard, dont la mère est française, s'entretient avec René Tithy qui a été amputé d'un bras. Voir son badge d'épaule Army Film & Photographic Unit (AFPU). C'est le cameraman ci-dessus.

QG tactique avancé du 2nd Canadian Corps à Rosel (aujourd'hui au 17 chemin du Clos Joli)

Dans l'assemblée des officiers rassemblés dans le parc ombragé du château, une vingtaine de chefs de bataillons sont en effet convoqués par le Lieutenant Général Guy Simonds , qui présente lui-même la première opération confiée par Dempsey à son corps d'armée tout neuf, se saisir d'une tête-de-pont sur l'Orne à Caen et nettoyer le faubourg de Vaucelles. Nom de l'opération, "Atlantic".

Appuyées par les blindés de la 2nd Cdn Armoured  Brigade du Brigadier Robert A. Wyman , la 3rd Canadian ID du Maj. Gen.Rodney F.L. Keller et la 2nd Cdn ID du Maj. Gen. Charles Foulkes installeront une base solide au sud de Caen conjointement avec une formidable percée blindée du VIII Corps du Lieut. Gen. Richerd N. O'Connor qui démarrera de la tête-de-pont aéroportée avec 900 chars pour gagner, par l'est, la crête, de Bourguébus à Verrières. Nom de code "Goodwood";

A la 3rd Cdn ID :

- La 7th Brigade du Brigadier Harry_Wickwire Foster , traversera l'Orne, d'assaut à Caen,

- La 8th Brigade du Brigadier Kenneth Gault Blackader abordera Vaucelles par Mondeville à l'est,

- La 9th Brigade du Brigadier Douglas Gordon Cunningham , à travers la 8th sur Cormelles.

La 2nd Cdn ID  exploitera vers le sud:

- La 5th Brigade du Brigadier William Jemmett Megill franchira l'Orne au sud-ouest du champ de course et se portera sur Fleury et Saint-André, contact pris avec la 7th Brigade à gauche.

- La 4th Brigade du Brigadier Sherwood Lett , (PC à les Jumeaux, hameau de Verson, il sera blessé le 18 juillet et remplacé par le colonel Charles Mills Drury) à l'ouest, en flanc-garde de la 5th capturera Louvigny et, traversant au gué d'Athis, se portera sur Saint-Martin-de-Fontenay.

Les forces opposées par l'ennemi s'échelonnent d'ouest en est, selon l'ordre de bataille établi par le "Renseignement" :

- le II SS-Panzer-Korps à l'ouest de l'Orne de Villers-Bocage et Aunay-sur-Odon jusqu'à Eterville et Maltot, avec les 10. SS-Panzer-Div. Frundsberg  et 9. SS-Panzer-Division Hohenstaufen  , et les 277 et 271 Infanterie Divisionen au contact avec le XII Corps du Lt. Gen. Neil Ritchie . Très peu d'interférences attendues contre le plan de la 4th Brigade, les Tigres de la s.SS-Pz.-Abt.102 sont occupés sur la cote 112.

- le I SS-Panzer-Korps au sud de l'Orne, avec la 1. SS-Panzer-Division "LAH" , la 272. Infanterie Division est à Vaucelles et Ifs et la s.SS-Pz.-Abt.101 est en réserve d'intervention n°3, à Bretteville-sur-Laize et à Robert Mesnil (à l'Est de la N 158).

- le LXXXVI. Korps dispose, en travers de la progression des 9th et 8th Brigades, à l'est de l'Orne, de la 16. Feld-Division (L) renforcée d'un groupe tactique de la 711. Infanterie Division et de la 21. Panzer Division avec la Werfer-Brigade 7 et la schwere Panzer­Abteilung 503 en réserve au sud de Troarn (16 Tigre II et 12 Tigre 1 ce que le Panzer Gruppe West peut espérer de mieux. Pour la préparation de l'attaque, l'artillerie de trois corps d'armée (le I Corps, le II Cdn Corps et le VIII Corps ) est disponible, ainsi que deux groupes d'artillerie de la 2nd Army soit 760 canons, avec le concours de l'aviation tactique et stratégique, comme devant Caen, le 7 juillet, et l'appui de trois croiseurs de la Royal Navy .

Emplacements des unités allemandes selon le service du Renseignement britannique à la veille de l'Operation Atlantic.

17 JUILLET

Des Caennais dans les rues en ruines, à gauche un membre de la DP avec son casque blanc, deux hommes avec un brassard blanc.

4 captures d'écran de ce film NARA 111-ADC-2546, en bas à gauche des réfugiés place de l'Ancienne Boucherie, à droite Bd des Alliés vers l'église Saint Pierre.

Suivant l'exemple des Canadiens et forts de l'expérience de Chatelain ou Mettier, les FFI n'hésitent pas à monter leur propre patrouille "Fred Scamaroni" et traversent l'Orne à leur tour pour récupérer les archives restées à leur PC clandestin à la Fusion, rue d'Auge, abandonné depuis le 9 juillet.

Gilbert Detolle (le fils ainé du maire) emmène le groupe de Guibé, il remplit sa mission et le groupe rentre rive gauche après 20H30 sauf Detolle qui se relie à Sainte Thérèse. Pas de doute, une troupe puissante et décidée pourra passer dès qu'elle le souhaitera.

Il reste encore environ 3.500 Caennais sur la rive gauche, la rive droite est interdite à tout civil, peu de mouvements allemands y sont observés par les Auster de l'artillerie britannique . En ville, c'est-à-dire dans le quartier nord-ouest, les gens des Affaires Civiles font acheminer quotidiennement des médicaments et des provisions de bouche aux réfugiés, Des points d'eau potable leur sont réservés.

Photo R. Tesnière. Rue Saint Pierre, travaux de déblaiement par des PG allemands avec un camion Dodge Tipper.

Source: photos PAC et Life. Des soldats alliés devant des affiches allemandes de propagande à deux endroits différents dans la ville. A gauche: deux civils dont un porte un brassard. Photo Life.

 Du Château à la rue Saint-Gabriel, des dizaines de camions débarquent troupes et matériels. Promenade Saint-Julien, deux compagnies du Parc stationnent pare-chocs contre pare-chocs. Des tonnes de poutrelles métalliques pour ponts préfabriqués Bailey du Génie sont mal dissimulées aux regards des passants.

Les 1st Hussars canadiens quittent, escadron après escadron, la Folie, dans un tourbillon de poussière arraché par les chenilles des Sherman, visible à des kilomètres.

A Creully, le général Dempsey remet au Commandant du VIII Corps , le général O'Connor , ses instructions pour le lendemain.

 

 Le II Canadian Corps doit prendre et tenir Vaucelles et Giberville avec la 3rd Division et construire plusieurs ponts sur l'Orne dans Caen. Ceci est vital pour l'ensemble des opérations de la 2nd Army . Il devra se tenir prêt à engager sa 2nd Division à ma demande, pour se porter sur la ligne Fleury-Cormelles. Le plan d'opération canadien pour approfondir la tête de pont de Caen devra inclure une jonction de ses forces avançant à l'ouest de Orne, sur la ligne Fleury-Eterville. Nom de code: Atlantic

 17 juillet 1944. M. C. Dempsey , Lt General, Commander 2nd Army .

 

Témoignages  rive droite à partir du 10 juillet

1- Témoignage publié pages 321 à 323 de  

M. Trobel, un ancien Caennais, aujourd'hui bijoutier à Villers-Bocage. Au moment du Débarquement, il vivait au quartier de la Maladrerie. Puis le 20 juin, il évacuait vers le centre de Caen, juste au moment où des obus écrasaient sa rue. Poussant une brouette, il suivit alors un banneau chargé de blessés et gagna le lycée Malherbe, vivant là un certain temps au milieu de centaines de réfugiés comme lui, trouvant aussi le temps, dans ces heures où la vie marchait à coups de canon, de convoler en justes noces, le préposé à l'état civil officiant pour la circonstance sur un tonneau transformé en bureau. Mais il connaissait sur la rive droite de l'Orne un endroit où il était déjà venu se camoufler alors que, requis pour le STO., il était revenu un jour d'Allemagne par le plus grand des hasards et avait décidé de ne plus y retourner. De cette retraite, il faisait parfois des escapades nocturnes pour aller retrouver sa fiancée habitant à l'autre bout de la ville. C'est ainsi qu'une nuit, il tomba nez à nez sur une patrouille allemande dans laquelle il fonça, tête baissée, finissant par semer les soldats au travers de ruelles qu'il connaissait bien. Ce refuge, c'était le Belvédère.

« On voit encore aujourd'hui les deux petites grottes dans lesquelles nous vécûmes tout un mois, explique l'intéressé. C'est de cet endroit que nous assistâmes à la retraite des Allemands le 9 juillet. Deux jours plus tard, mon oncle et ma tante venaient passer quelques heures avec nous. Le lendemain, ils nous quittaient. Mais à peine avaient-ils fait 150 mètres qu'ils étaient pris sous un tir d'artillerie alliée. Deux obus explosaient sur la tranchée qu'ils avaient gagnée précipitamment, les tuant tous les deux avec une demi-douzaine d'autres personnes.

« Pour nous garantir des éclats, nous construisons alors un bon parapet devant l'entrée de notre grotte. Par crainte des tirs d'artillerie anglaise, les Allemands nous interdisent d'allumer du feu. Durant cette période, nous allons nous ravitailler à l'îlot du boulevard de Rethel. Le mari de l'épicière a été tué ainsi que la femme de ménage. Nous avons dans notre groupe un bébé qui a été nourri tant bien que mal avec de l'eau de cuisson de pâtes pour toute alimentation. Au prix de difficultés sans nom, je me débrouille pour trouver du lait. Il m'arrive aussi, un jour, de descendre jusqu'n la gare et d'en ramener de grandes boîtes de confitures que je récupère dans un wagon éventré. A la fin, cependant, nous n'avons plus grand-chose à manger.

« Arrive le 18 juillet. Nous subissons alors un feu d'artillerie comme jamais encore nous n'en avons connu d'une telle intensité. C'est un grondement perpétuel, un bruit infernal; indescriptible. Rien que sur notre abri, nous compterons 18 points d'impact. Des pierres sont projetées sur nous. L'une d'elles blesse une personne. Dans l'ensemble cependant notre parapet tient bon. Soudain, j'aperçois un soldat qui rampe dans un carré de pommes de terre. A ma vue, il me met en joue.

-Ne tire pas ! lui dis-je. Français, moi !

 Après un échange de paroles avec la patrouille canadienne, celle-ci continue son chemin. »

Localisation

La rue Belvédère surplombe un important dénivelé (d'anciennes carrières de pierre). On y accède par la rue du Gros Orme et la rue de la Garenne. Les grottes (plutôt trous creusés dans la paroi) passent sous la rue Belvédère. La rue Belvédère tire son nom de l'ancien lieu-dit sis à cet endroit et qui est parfaitement un promontoire (belvédère) au dessus de la rue d'Auge, en fait la continuation des hauteurs de Vaucelles sur lesquelles est bâtie l'église St Michel . Toutes ces hauteurs dominant le quartier de la gare sont sans aucun doute les hauteurs dominant l'Orne de Fleury sur Orne à Colombelles avant que le cours de celle-ci soit canalisé vers le XVème, XVIème siècle.

2- Témoignage paru dans

            Sur les hauteurs de Vaucelles, à l'angle du Boulevard Lyautey et de la rue Porte Millet, se trouve la communauté des Petites Sœurs des Pauvres.

 Leur domaine se compose d'un bâtiment principal à étages avec deux ailes en retour à chaque extrémité de la façade sud. Au centre, la chapelle des religieuses. Là, fut installé le Centre d'Accueil N°1 et ce fut vraiment le centre de vie de ce quartier de la rive droite.

            Prévu uniquement comme Centre d'Accueil, éventuellement comme hôpital en cas de destruction des ponts, le Centre N°1 n'est pas équipé en poste sanitaire. Pour la rive droite, le poste sanitaire est installé à Sainte-Thérése.

            Ce dimanche 9 juillet CAEN est libéré. Nous allons dans le grenier pour regarder Saint-Etienne et tout ce que nous pouvons apercevoir de la ville.

            Les Allemands refoulés sur la rive droite s'installent. Leur premier poste sanitaire est loin derrière nous. Les batteries d'artillerie sont disposées dans la plaine d'Ifs et nous sommes constamment entre les départs et les arrivées. Les obus « déchirent dans la soie » au-dessus de nos têtes quand ils n'éclatent pas autour de nous. A certaines heures les chutes d'obus atteignent une grande densité.

            Ce 9 juillet, arrive au Centre d'Accueil, Chatelain, Officier de la Résistance, qui revient d'une mission au MANS. Ne pouvant franchir l'Orne il restera quelques jours avec nous et très vite nous comprendrons de quelle trempe il était.

            Tout au long de la semaine des blessés sont amenés au Centre. Les salles du 1er étage, auprès de la salle d'opération sont entièrement occupées. Nous installons deux autres celliers au sous-sol, les blessés sur des matelas. Les religieuses sortent tous leurs draps, elles lavent le linge comme elles peuvent avec l'eau des citernes.

            Une estafette va demander du secours à l'hôpital chirurgical de GIEL, dans l'Orne, qui viendra évacuer les blessés dans un va et vient quotidien d'ambulances. Cela va durer toute la semaine.

            Nous possédions, nous l'avons dit deux ambulances. Dans la nuit du 11 juillet des Allemands s'enfuient avec la plus grande.

            Dès le 9 juillet, les S.S. s'accrochent aux Petites Sœurs des Pauvres. Ils installent des mitrailleuses derrière le mur du Boulevard Lyautey qu'ils percent de meurtrières. Ils réquisitionnent les hommes qu'ils trouvent dans le quartier pour creuser des tranchées dans le jardin. Plusieurs seront blessés par les incessants éclatements d'obus. Certains s'échapperont et les S. S. furieux obligeront quelques vieillards à creuser toute la journée. Le sergent S.S. les surveillera, un gourdin à la main, un révolver dans l'autre et la bouteille de rhum sous le bras. Toute la semaine nous aurons à faire avec le « S.S. au gourdin ».

Lundi 10 juillet

            Vers midi, un obus arrive dans le mur de la maternité, le démolissant en partie. Les lits occupés par les femmes récemment accouchées et par une opérée de l'appendicite sont couverts de pierres et de gravas. Pas de blessés.

            Les S.S. continuent leurs tranchées, font couper les arbres fruitiers qui gêneraient leurs tirs et bouchent les soupiraux des grandes caves avec des sacs de sable.

            Pendant tout ce temps, la cloche de la communauté continuait à appeler les religieuses. La cloche irrite les S.S. qui pensent qu'elle sert de signal. Ils exigent qu'on la décroche.

            Ce jour-là et au cours de la semaine, plusieurs S.S. blessés viennent au Centre pour recevoir les premiers soins du Docteur Mabille. L'un d'eux, moribond, avait sauté sur une de leurs mines, rue Porte-Millet.

Mercredi 12 juillet

            Dans la soirée, une voiture allemande à toit ouvert, remonte la grande allée jusqu'au perron. Un officier est debout dans la voiture, l'arme au poing. II descend et demande une ambulance avec deux ambulanciers pour aller relever un grand blessé entre les lignes. Chatelain parlemente avec l'officier, il possède très bien l'allemand. II est volontaire ainsi que l'ambulancière de Veye et le brancardier Fontaine. Ils seront assez longtemps à revenir.

            Le blessé, un S.S. très décoré, était au fond d'un trou de bombe près du pont de Vaucelles. Chaque fois que les Allemands tentaient d'aller le ramasser, les soldats leur tiraient dessus de la rive d'en face.

            Nos ambulanciers, debout avec un brancard, casque blanc sur la tête, allèrent le chercher sans essuyer de tir et le conduisirent au premier poste sanitaire allemand à 4 ou 5 kilomètres derrière les lignes.

            L'officier S.S. les remercia chaleureusement. Chatelain en profita pour lui demander que les S.S. ne nous volent pas notre dernière ambulance et nous laissent tranquilles remplir notre service. Surtout il avait pu constater ce qu'il voulait savoir, la rue de Vaucelles et la rive de l'Orne étaient vides de tout soldat allemand. Jour après jour, les blessés sont évacués vers GIEL. La vie est difficile dans cette immense bâtisse. Les S.S. sont toujours là, souvent ivres, et de temps en temps, balancent des grenades n'importe où. Nous les voyons incendier plusieurs maisons dans le quartier.

Vendredi 14 juillet

            Le soir, Gilbert Detolle (Note de MLQ: le fils ainé du maire) et les équipiers d'urgence ont décoré leur salle de drapeaux. Ils chantent la Marseillaise. C'est un 14 juillet que nous n'oublierons pas.

Samedi 15 juillet

            Apparemment, il n'y a plus de S.S., ni dans Vaucelles, ni aux Petites Sœurs des Pauvres. Chatelain, Detolle et Queudeville, franchissent l'Orne sur une poutrelle qui subsistait après la destruction du pont de chemin de fer (Note de MLQ: sur les rails du tramway du pont de Vaucelles). Ils passent sur la rive gauche.

 AGRANDISSEMENT    

            Chatelain sera tué le 17 juillet en guidant sur la rive droite un commando canadien. Ceux, qui le connaissaient, ressentirent une grande peine.(Note de MLQ: le 18  voir la plaque en son honneur à l'angle du quai Eugène Meslin et du  pont de Vaucelles, le long des quais de l'Orne, inauguration en juillet 1967)

            Une dernière ambulance de GIEL vient chercher les derniers blessés. Le médecin part avec eux. Les religieuses prennent la route avec la voiture à cheval, conduite par leur vieux cocher. II n'y a plus de réfugiés. Nous restons là, à une dizaine.

Dimanche 16 juillet

            Au matin, les S.S. reviennent menaçants. Sans blessés, sans réfugiés, notre présence ne se justifie plus. Nous partons à bicyclette. La rive droite sera libérée deux jours après, nous ne vivrons pas cela.

NB Merci à Philippe Corvé pour la photo de la plaque de Raymond Chatelain

3- Extrait de ce livre

Le jeudi 20 juillet, nous apprenons que le préfet prend possession de Vaucelles, libéré hier. Pour nous y rendre nous traversons le quartier du port, plus ravagé, plus en désordre que les autres, si c'est possible. des ponts ont déjà été jetés sur l'Orne: c'est une  étonnante réussite car les lus lourds camions peuvent les emprunter. En traversant Vaucelles moins définitivement détruit que Caen, j'arrive à grand*peine sur le lieu de la cérémonie comme elle vient de s'achever. Mais je peux parler avec quelques personnes qui nous disent spontanément ce que disaient les habitants de Caen le jour de leur libération: leur haine de l'Allemand. (Note de MLQ: cérémonie au grand calvaire du Cygne de Croix rue de Falaise/Bd Leroy avec le préfet Pierre Daure , le président du Comité de Libération Léonard Gille , Joseph Poirier , maire par intérim et des officiers des Civils Affairs)

    Nous montons à l'étage supérieur d'un petit immeuble d'où on découvre un panorama de Caen. C'est curieux comme, à distance, cette ville ne semble pas avoir été touchée par la guerre. Il faut un effort d'attention pour se rendre compte de l'immensité des destructions. Car, de l'Abbaye-aux-Hommes à l'Abbaye-aux-Femmes,(sic!) entre ces clochers debout comme autrefois, Caen, qui n'existe plus et ne vit plus, semble toujours exister.

    4- Extrait de

J'accompagne le Préfet , le Président du Comité de Libération et les officiers des "Civil Affairs" à Vaucelles libéré. On hisse le drapeau français au grand calvaire du boulevard Leroy. Le Préfet prononce quelques mots et nous allons saluer les braves de la D.P. du secteur 6 et du poste sanitaire 3. Reçus par M. et Mme Chapel, qui ont accompli  un prodigieux effort et par tous leurs dévoués collaborateurs et collaboratrices, nous visitons des cave où s'écrasent des centaines de réfugiés. Le moral est bon. L'heure de la délivrance a sonné et tous oublient déjà leurs malheurs, leurs deuils, leur ruine pour rêver d'un avenir meilleur. De gentilles petites filles, bien pâles et les traits tirés, nous  offrent des bouquets tricolores. L'émotion nous gagne tous.

Remerciements:

-  à M. Thierry Chion

-  à M. Frédérick Jeanne

- à Benjamin Moogk

 

 Bibliographie:

- Bataille de Caen 6 juin au 15 août 1944 de Jean-Pierre Benamou, Editions Heimdal, 1988.

- 12.SS-Panzer-Division "Hitlerjugend" de Georges Bernage et Hubert Meyer, Editions Heimdal, 1991.

- Le Calvados en images de Jeanne Grall, SPRL Sodim, 1977.

- Caen 1940-1944 de Claude Quétel, Editions Ouest-France, 1994.

- Normandie Album Mémorial 6 juin-11 août 1944, Editions Heimdal, 1983.

- Bataille de Normandie Album mémorial 11 juin-29 août 1944, Editions Heimdal, 1993.

- Caen pendant la bataille d'André Gosset et Paul Lecomte, Ozanne et Cie à Caen, 1946.

- Mourir à Caen d'Albert Pipet, Presses de la Cité, 1974.

- Pendant le siège de Caen... ceux des Equipes d'Urgence de René Streiff, Imprimerie Caron, Caen, 1945.

- L'Enfer au Sud de Caen. L'odyssée d'une division hippomobile allemande, la 272.Infanterie Division de Didier Lodieu, 2016.

 

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